Je n’ai pas grand chose à raconter aujourd’hui. Je déprime un peu d’être ici et je ne me suis sentie bien que quand je travaillais à la bibliothèque, cet après-midi de 14 à 17h, ensuite de quoi je suis descendue voir le coucher du soleil, qui était aussi beau que d’habitude, puis faire des repérages à Venice pour la scène finale de mon roman – je devais y aller quand il faisait totalement nuit et en effet, l’ambiance n’est pas la même. Surtout un vendredi soir : on ne le voit pas sur les photos ci-dessous mais le boardwalk de Venice doit être la zone la plus fréquentée de L.A. le week-end, les films ne mentent pas à ce sujet. Quelques photos malgré mon humeur maussade. Pas de vues de mon footing parce que ce n’était pas mémorable ; j’ai d’abord essayé de courir sur l’esplanade avec les Musclor et les queues de cheval mais je n’ai jamais eu aucun plaisir à courir en meute aussi j’ai bifurqué au bout d’une demi-heure, d’ailleurs le soleil tapait déjà trop fort et j’ai cherché l’ombre sur les collines. On atteint les collines en passant dans un tunnel sous la Pacific Coast Highway (parce que, oui, à L.A. on court dans les gaz d’échappement, en bordure d’autoroute – que soit à la plage ou le long de la L.A. River) puis en montant un escalier comme la ville en regorge. Je n’aime toujours pas Santa Monica ; je trouve d’une grande justesse le mot employé par l’amie de JP pour la décrire : stérile, oui. Mais aussi pathétique avec ses boutiques de luxe, tout pour les animaux-objets, tout pour les chakras, tout pour les ongles ; il y a même des boutiques où des gens prennent des bains bouillants dans la même pièce, on peut les voir depuis la rue (je le jure) et d’autres qui proposent des bijoux permanents. Les gens sont absolument horribles et grotesques et antipathiques.

En plus, la ville sent mauvais. Pas seulement mon Airbnb, qui doit être le seul taudis des alentours, mais toute la ville et même la promenade – jusqu’à Venice, à vrai dire. Je ne sais pas ce que c’est que cette odeur, je ne saurais pas la décrire, mais je peux juste dire qu’il m’est difficile de m’alimenter ici parce que je trouve que tout prend l’odeur de la ville, même les avocats. J’en ai au frigo et rien que d’imaginer en couper un, j’ai la nausée. Pourtant tout veut faire beau et festif : tout pour le fun et le self-care (« self-care is hot », lit-on sur une vitrine, « we rent fun », clame une autre). Une vue du centre-ville, que gâchent de stupides guirlandes.

Les quelques bâtiments que je préfère sont anciens ou à l’abandon.

Maintenant, quelques images de Venice by night.



Et pour finir en beauté, le coucher de soleil du jour.

Au retour de Venice, j’ai fini ma soirée en écrivant. Le footing de Nora s’est étoffé de cinq pages et je suis contente, elles ajoutent beaucoup de chair au texte ; ce sont les pages que jamais je n’aurais pu écrire si je n’avais pas fait ce voyage et n’avais pas tenu un carnet de bord précis depuis le début. Certaines des réflexions consignées ici me servent aussi de matière première et de notes – c’est l’une de leurs fonctions, c’est pourquoi ces billets se trouvent (entre autres) dans ma rubrique « Bas de page »…