Le jeu vintage : Où est Kennedy ?

Depuis le belvédère le plus à l’est du terril de Pinchonvalles, on peut apercevoir la tour Kennedy – oui, parfaitement, celle de Loos-les-Lille, sise à 26,39 km à vol d’oiseau. Sur le belvédère le plus à l’ouest, un plan indique la direction dans laquelle on peut, par temps clair, apercevoir le beffroi de Lille mais je préfère de loin, vous le savez, la tour Kennedy. Mon appareil photo a un zoom plutôt intéressant : sur la photo ci-dessous, on voit à peu près nettement la tour hertzienne de Lens pourtant située à 4,15 km de l’endroit où je me trouve. Plus bas, à sa droite, l’horloge de la gare (haute de 23 mètres) a l’air minuscule.

Vous croyez que je fabule ? Ok. Sur la vue satellite ci-dessous, le point 0 (le plus au sud) est le belvédère d’où a été prise la photo ; le deuxième point est la tour hertzienne ; le troisième est la tour Kennedy. L’axe est le bon et je vous défie de trouver une tour sosie de Kennedy sur la ligne droite qui relie Pinchonvalles et Kennedy. Je rappelle par ailleurs qu’il s’agit de la plus haute tour d’habitation au nord de l’Île-de-France. Alors, on retire son mytho ?

Grand Jeu Concours

Cette semaine, pour cause de coronavirus, je ne suis pas à Rennes. Où suis-je allée observer la super lune*, ce soir ?

1. à Los Angeles

2. à Loos-en-Gohelle**

Le premier pigeon qui trouvera ma nouvelle adresse et m’apportera la bonne réponse repartira avec un fond de gel hydroalcoolique de 2011 – ou, plus vraisemblablement, se prendra de passion pour la cantine l’Intrépide et ne vous reviendra jamais. Sans compter toutes les tentations qui peuvent naître sur cette terre de colombophilie. Je décline toute responsabilité en cas de fugue.

* Ou plus exactement, où n’ai-je pu l’observer en raison des 100% de nébulosité / du smog ? (je ne lâcherai pas un indice)

** Je retrouve avec grand plaisir les blagues de mes jeunes années. Je suis rentrée à la maison, j’ai perdu vingt-sept ans !

Mea culpa

Je tiens des discours misanthropes, c’est vrai, et certes je fuis 99,99% de mes congénères, mais ce matin j’ai bien dû reconnaître que je devais à mon espèce une part importante du bonheur qui me portait. Outre que mon cœur avait la forme d’un visage humain, outre que le timbre sublime dans mes oreilles était celui d’une voix humaine (celle de Maria Rossi, aka Cucina Povera, dont je parle souvent ici et dont je manquerai pas moins de deux concerts au moins d’avril – je serai à Rennes et à Bordeaux quand elle sera à Bruxelles et à La Haye, malédiction ! – mais dont je me procurerai PUB le troisième album Tyyni dès le matin de sa sortie, le 27 mars), je courais sur des collines édifiées par des humains et magnifiées par la brume et la pluie : un véritable travail d’équipe. Je me suis sentie réconciliée. Admirez un peu le travail :

Pour l’occasion, il fallait bien du 16:9.

Ci-dessus, un bac à schlamm.

Ok, je me tais, je vous laisse regarder.

Oups, pardon, ce n’est pas l’image que je voulais insérer ici. Mais quelle générosité, vous l’admettrez… Oui, à Loos-en-Gohelle, on prend son temps, son pinceau, et on offre du beau à qui sait voir. Mais reprenons : le 11/19 en 16:9.

Rosaces et flying teapots

Ce matin, j’ai voulu éprouver au sol les similitudes entre la cité des cheminots à Méricourt et Loos Délivrance (qui, de fait, est une cité de cheminots, même si elle porte un petit nom d’inspiration boormanienne quelque peu angoissant), plutôt que de simplement les constater sur les plans,

non pas à vélo mais en courant, pour que mon expérience des deux territoires soit vraiment comparable – elle s’est avérée confondante ; j’y reviendrai en images. J’ai dérivé irrésistiblement vers un lotissement, puisque tel est mon thème du moment, et soudain il m’est apparu que les extraterrestres de passage (disons les two little men in a flying saucer d’Ella Fitzgerald) devaient se demander quel message leur adressent les jardins des lotissements :

– Que représentent tous ces cercles sombres, à ton avis ?
– C’est difficile à décrypter, moins régulier que nos agroglyphes et cependant on sent qu’il y a une intention.
– Après le Very Large Array, voici le Very Small.
– Ah ah ah.
– Ah ah ah.
– Ils ne sont quand même pas très doués, ces humains.

Un parallèle entre ces jardins individuels et des aires de jeu invariablement désertes en dit aussi très long sur les notions d’individuel et de collectif dans les enclaves résidentielles – et sur leur potentiel économique : cette vue du ciel vaut une étude de marché. Vous voulez faire fortune ? Vendez des trampolines.

Fernsehtürme et Chalets Miniers

Toute à mon euphorie d’avoir reçu mercredi un appel très émouvant (qui m’a par ailleurs enseigné que 27 ans de silence n’effaçaient pas une voix), et hier par la poste une lettre manuscrite que je n’attendais plus, j’ai décidé ce jour d’évoquer ici quelques moyens de communication inscrits dans le paysage de ma nouvelle vie comme dans celui de la précédente. Mais avant cela, faisons un petit détour par Berlin. La première fois que j’y suis allée, en 2005 (séjour que j’évoque dans Le zeppelin, particulièrement dans le chapitre sobrement intitulé Premiers symptômes aériens occultés par un réveil bleu à pile unique entre Berlin et La Maison), j’ai pris une photo qu’il m’aurait été impossible de prendre lors de mes séjours ultérieurs : un reflet de la Fernsehturm sur le fascinant Palast der Republik, qui allait être détruit l’année suivante.

J’aimais l’idée que l’on puisse apercevoir cette tour depuis à peu près n’importe quel point de la ville. Depuis, j’ai développé un amour des tours hertziennes proportionnel à mon rejet de la télévision. Chaque fois que je passe au pied (hihi) de tels édifices (ou apparentés dans mon esprit peu technologique), je suis joyeuse, et que fais-je ?

Après Wattignies,

après Villeneuve-d’Ascq,


voici Lens :

Sans les jambes en l’air, elle ressemble à peu près à ceci

(Ça, c’était lundi soir, quand j’ai décidé de reprendre contact avec la première véritable amie que j’aie eue dans ma vie – si je ne l’ai pas vue pendant 27 ans, je lui rends un double hommage dans Le sel de tes yeux et je l’évoquais déjà dans Mes petites amoureuses – grâce à une technologie plus évoluée que celles de l’antenne réseau, de la fibre optique et du wifi réunis : j’ai glissé une enveloppe dans sa boîte aux lettres, à quelques pas de la Fernsehtourm lensoise.)

ou à cela

(Ça, c’était ce matin, quand je suis passée à sa proximité en courant.)

Oui, les boîtes aux lettres ont été mes amies, cette semaine, mais elles me devaient bien ça : je n’ai jamais manqué de les mettre à l’honneur dans la rubrique Kitsch et lutte des classes de ce blog, sous-catégorie L’appel de la montagne. Le Chalet du Nord a bien des cousins ici, appelons-les Chalets Miniers. En voici cinq, sis à Annay (jockomo feena nay) :

Ah, et lundi, au collège de Lumbres, j’ai montré à une classe de sixièmes comment écouter les conversations dans une pièce voisine en collant un verre au mur et j’ai soudain pas mal intéressé mon jeune auditoire.

Fin de cette évocation dominicale des moyens de communication miniers.

« La vi

Depuis un peu plus d’un an, je ne cesse de pester que Lille est devenue un réseau social en 3D ; je suis lassée de subir les slogans éculés, platitudes et commentaires dont quelques donneurs de leçon gratifient les murs de leur écriture sans style. J’ai envie de leur dire, Eh dis donc, toi, tu ne pourrais pas réserver tes mots d’ordre à tes T-shirts et à ton van aménagé ? t’acheter un carnet ? une ardoise magique ? « La ville est belle », lit-on dans certaines rues – certes, et elle l’était encore plus avant ce commentaire inutile et rouge. Il y a deux catégories de personnes : celles qui se taisent pour écouter une musique, et celles qui chantent en chœur. Ces bombes de peinture chantent en chœur avec la ville et nous empêchent d’en savourer la mélodie. Ces bombes sont les Florence Foster Jenkins de la pierre et de la brique. Mais quand j’ai vu cette inscription avortée qui réussit la prouesse d’être grandiloquente en cinq signes, j’avoue que j’ai beaucoup ri.

37 passages à niveau

Vous êtes 37 à me réclamer bruyamment le petit travail photo dont je vous annonçais au mois de mai qu’il serait prêt en septembre 2019. Je suis tellement impressionnée par votre mémoire et touchée par l’intérêt que vous témoignez à mes modestes productions que, pour une fois, je vais tenir ma promesse. Voici, en hommage à ces 37 zélateurs, 37 photos d’un passage à niveau prises entre septembre 2018 et ce jour, au fil de mes courses à pied – soit un palpitant reportage sur le temps qui passe. Les photos sont de mauvaise qualité, puisqu’elles ont été prises avec un téléphone, mais je ne rembourserai rien ; il n’y aura pas non plus de Grand Jeu Concours pour localiser ce lieu auquel j’ai choisi de rendre hommage tout au long de l’année qui vient de s’écouler, vous pourriez le déduire trop facilement du billet dont je fournis le lien plus haut. N’abusez tout de même pas de ma générosité.

Parfois, il y a même de petits événements – autres que le passage d’un train. Ici, une joggeuse est passée juste avant que la barrière ne se baisse : c’est presque une narration.

Si vous avez 10/10 aux deux yeux ou de bonnes lunettes et que vous ne regardez pas ces images sur un foutu écran de téléphone, vous distinguerez un TGV en train de passer sur le talus qui ferme l’horizon.

Hop, un peu de recul :

Là, une voiture brûlée, JMJ !

Un promeneur nocturne.

On pivote légèrement vers la gauche.

Mais oui, c’est un tracteur…

Si vous avez toujours 10/10 aux deux yeux ou fait l’acquisition de bonnes lunettes depuis la photo 19 et que vous êtes passé.e sur un écran digne de ce nom, vous distinguerez un TGV en train de filer sur le talus qui ferme l’horizon.

Vous avez bien lu, sur le panneau ci-dessus : Un train peut en cacher un autre. La preuve.

Et parce que je sais que, tout comme moi, vous avez des plaisirs simples, je vous propose de finir cette série par de traditionnelles Jambes en l’Air – qu’elles soient un au revoir ému à ce qui fut l’un de mes sites privilégiés, la dernière année de ma vie dans la métropole lilloise.

I <3 Scln

Je suis tombée amoureuse de mon nouveau bolide, un vélo rouge qui saute comme un cabri dans les bois et les champs. Et, de fil en aiguille, je suis tombée amoureuse de Seclin. Il me faut d’abord m’excuser d’avoir incorrectement nommé la ZI (ou ZAC) de l’Épinette ASPUZI, dans de précédents billets, quand j’ignorais encore que Seclin était la ville de DEUX zones industrielles : double bonheur, surtout le dimanche – ça tombe bien, parce que le dimanche les berges du canal sont infréquentables, entre les campings sauvages de pêcheurs en tente kaki, les marcheurs nordiques, joggeurs fluorescents et cyclistes coqués coquets. Ici, il n’y a que moi, le dimanche. Le samedi soir, c’est sans doute différent, à en juger par les traces de beaucoup fun devant les hangars :

Le dimanche, tout n’est que lignes pures, jeux de lumière et délectable désolation.

Mais ASPUZI, the real ASPUZI, c’est aussi la couleur et la danse :

ASPUZI est l’antichambre de Seclin. Maintenant, entrons dans le vif du sujet. Quelques chiffres, pour commencer : Seclin, c’est 17,42 km² pour 12 463 habitants (2016), soit une densité de 715 hab./km². Si ça ne vous parle pas, Sallaumines (l’étalon-or de ce blog), c’est 3,82 km² pour 9 799 habitants, soit une densité de 2 565 hab./km². See what I mean? (Ok, il faudrait faire le calcul en décomptant les hectares non habités des ZI, je l’admets sans mauvaise foi, mais dans ce cas il faudrait en faire autant pour la déchetterie de Sallaumines.) Notez qu’en termes de Ville Fleurie, nous sommes à Seclin 3 fleurs – Sallaumines 1.

Le canal de Seclin n’y est sans doute pas pour rien, bien sûr, qui rejoint perpendiculairement la Deûle à Houplin-Ancoisne, 4,5 km à l’ouest.

Les oiseaux d’eau y vivent en harmonie, comme à Harnes.

Il y a aussi des ragondins et des fantômes.

Seclin est connue pour ses châteaux. Sauf que, Grand Jeu Concours ! un seul des trois châteaux ci-dessous en est vraiment un : lequel est-ce ? Question 2 : L’un de ces châteaux n’est pas sis à Seclin mais à Templemars, à quelques pas de la frontière. Duquel s’agit-il ?

Cette tendance au faste n’exclut ni les ZUP

(vue de l’ouest)

(vue du sud)

ni les arrière-mondes :

ni les Upper Rooms & Kitchens de carrefours et ronds-points :

(abbé Bonpain de carrefour)

(Jésus Christ de rond-point)

ni le Kitsch & Lutte des Classes – Grand Jeu Concours 2 ! Laquelle de ces œuvres n’est pas une boîte aux lettres de Seclin mais de Carvin (autre passion récente) ?

L’art, ce n’est pas ce qui manque, à Seclin : mural

et de rond-point (ici, la couleur s’impose, vous allez le comprendre)

Cette dernière œuvre de rond-point nous amène dans mon lotissement préféré de la ville : les Aviateurs. J’adore. D’autant que, si de nombreux-ses Seclinois-e-s me témoignent volontiers une certaine hostilité, les Aviateurs-trices me traitent généralement comme une des leurs – sans collier de fleurs ni tralala. Voici un plan du quartier : un vrai crop circle, à l’américaine, quoique l’on ne s’y perde pas trop.

Le lotissement fait face à l’hôpital de Seclin, le nouveau, un hôpital intéressant, paradoxal, à la fois hôpital de campagne puisque l’on peut notamment y accéder par des chemins de tracteurs, quoique par ailleurs il fasse preuve d’une belle géométrie :

Une vue du parking s’impose également :

Attention, chien méchant et volumineux juste derrière cette rangée de maisons, il m’a poursuivie l’autre jour et j’étais bien contente d’être juchée sur Mon Bolide, dont on aurait dit qu’il pétaradait comme un bolide des Fous du volant mais en fait c’était le claquement de mes dents. Maintenant, voyons comment les Aviateurs se présentent depuis l’hôpital.

On voit plein d’avions dans le ciel aussi, à Seclin, bien plus qu’à Lesquin si vous voulez tout savoir,

et d’autres objets volants

et des sommets intéressants, quoiqu’ils ne volent pas,

et aussi des tunnels : ici, on en a plein les yeux, dessus et dessous.

Pour finir, un peu d’architecture (ici, l’arrière de l’hôtel de ville),

d’urbanisme (cité des jardins)

(ça ressemble à ça)

et de presque la campagne

Voilà, entre autres choses, pourquoi i <3 tant Scln.

Promesse de NG : Annoeullin*

J’envisage de consacrer prochainement un National Geo à la ville d’Annoeullin, non que j’y aie retrouvé la joggeuse à l’omoplate mais j’y ai découvert des trésors qui pourraient faire office d’enluminures à nos études sur le thème « Kitsh & Lutte des Classes ». Ainsi, ce Chalet du Nord remarquable, dont j’aime imaginer qu’il s’agit d’une niche de Saint-Bernard reconvertie, nous offre un pont entre L’appel de la montagne : Chalets du Nord et Mascottes du Nord : Les chiens.

Oui, je sais, cette photo est un peu floue ; c’est que je tremblais d’émotion quand je l’ai prise. Je ne m’excuserai pas. Maintenant, admirez le détail.

J’étais encore sous le choc esthétique de cette découverte quand je suis tombée sur ce crossover : un Bienvenue sur T’Hair dont le nom mérite une espèce de palme (à tout le moins la reconnaissance officielle que je lui offre ici), sis près d’un rond-point qu’orne un arbuste taillé en « chignon » selon la nomenclature adoptée dans notre chapitre Arbres du Nord : Imagin’Hair.

* J’essaierai de tenir cette promesse, contrairement à toutes celles que j’ai faites depuis la refonte de ce blog toujours en chantier, mais ce ne sera pas pour tout de suite.

L’été dans l’arrière-monde (2)

Les festivals de l’été, les châteaux de la Loire, les volcans d’Auvergne, etc. : fait*, refait, surfait. Et surtout, surpeuplé. En ce qui me concerne, j’ai décidé de visiter les zones et parcs d’activité des Hauts-de-France, cet été, quand je ne file pas vers le bassin minier. Je ne suis pas bousculée par les flâneurs. Après l’Épinette, je vous présente son voisin (on peut gagner l’un depuis l’autre à travers champs, à pied, à vélo ou en tracteur), le parc d’activités de Templemars, qui depuis 1974 rayonne au cœur du Mélantois. Aujourd’hui, il héberge rien moins que 80 entreprises. Bravo, le parc de Templemars ! Notez qu’il est plus fréquenté que l’Épinette – par les camions, entendons-nous bien, l’on n’y trouve pas encore de rosalies, le tourisme étant à ses premiers babils dans ce type de secteur (c’est d’ailleurs une autre excellente idée que je souffle ici aux investisseurs qui sommeillent en vous : rosalies, pédalos sur bassins de rétention et glaces à l’italienne y font à ce jour défaut).

Bon, cet été, il est vrai que les bassins sont en rétention de nothing mais c’est juste une mauvaise année : globalement, tout va bien, ne soyez donc pas si alarmistes avec vos histoires de réchauffement climatique, le pédalo a de l’avenir.

Vous noterez, outre mon attrait récent pour le format 16:9, la manière harmonieuse dont se fondent la campagne et la zone industrielle dans cette image prise le 26 juillet à l’entrée officielle du site : l’on n’aperçoit pas l’autoroute qui gronde à 775 mètres de là, mais un bosquet rectangulaire de peupliers plantés géométriquement (et peuplé de lièvres), comme on en voit souvent au bord des routes, et plus près, des champs et des meules de foin attestant que ces derniers n’ont pas qu’une vocation ornementale. Vous voyez que tout va bien ? Doucement… Baissez cette pancarte, cette banderole. Si on vous écoutait, on n’entreprendrait plus rien.

Ici, ce que vous me permettrez d’appeler affectueusement la raquette du bout du monde – j’ai pénétré dans le parc d’activités de ce côté, à savoir par les champs (+ bosquets de peuplier, j’avais des lièvres à saluer) : à ce point, je n’étais qu’à 257 mètres de l’A1, quel frisson…

Quand vous vous vous enfoncez dans les champs (par le chemin pavé face à la ferme ci-dessous), vous pouvez atteindre ces deux zones fascinantes, PAT et sa rue de l’Épinoy à gauche et l’Épinette à droite. C’est tout l’avantage de l’arrière-monde. Vous avez à la fois la civilisation à portée de main, dans ce qu’elle a de plus glorieux, et des oiseaux si légers qu’ils peuvent se percher sur des épis de blé. N’est-ce pas le paradis, quand vous pouvez en toute quiétude (ne me parlez pas du grondement de l’autoroute, on voit que vous n’avez pas d’acouphène) choisir entre Hygena et Castorama, des fèves fraîches dans votre sac en tissu cousu main ?

* Je ne sais pas s’il s’agit d’un régionalisme comme « faire ses cheveux » (qui par chez moi signifie « se coiffer ») ou d’une expression répandue dans l’ensemble du pays (comme « gros teubé ») mais j’entends souvent le verbe faire suivi de COD tels que ceux évoqués ici, ce qui me fait toujours rêver : « Cet été, on a fait les Gorges du Verdon » – alors j’imagine mes interlocuteurs armés d’une masse et d’un burin et j’admire leur courage.