Billet de saison

À Lens, on aime les feux d’artifices : il y en a déjà eu quatre depuis que j’y ai emménagé, début novembre – deux pour la Sainte-Barbe, un pour Noël et un dont je n’ai jamais compris ce qu’il célébrait. J’ai pu assister à celui de Noël depuis ma fenêtre, hier soir, avec Polty (qui en grinçait de joie) et l’Intrépide Dame Sam (oui, son nom s’est allongé d’un adjectif, suite à quelques prouesses paranormales).

Il ne me reste qu’à vous souhaiter un bon Noël – comme le font si généreusement ces voisins de la jeune athlète / Sarah :

L’Intrépide Dame Sam pense que j’oublie quelque chose. Elle trouve crétin que j’évoque son nouveau titre (grade ?) sans vous montrer ce qui le lui vaut. Elle n’a pas tort. Pour tout vous dire, elle a exploré les frondaisons de Carol Anne (qui est très en beauté dans la tempête), sans l’aide d’aucun Dr. Lesh – j’attendais au pied de l’arbre avec une corde, au cas où, mais elle a refusé mon intervention car, disait-elle, je risquais de faire n’importe quoi, n’étant docteur ès que dalle.

Jungle Boogie

Hier, j’ai traversé 19 vill-ag-es sur Mon Bolide et découvert inopinément où vivent Tarzan, Jane et leurs amis. Grand Jeu Concours : ont-il élu domicile à Lille, Faches-Thumesnil, Wattignies, Templemars, Seclin, Gondecourt, Herrin, Allennes-les-Marais, Annoeullin, Provin, Bauvin, Meurchin, Pont-à-Vendin, Annay, Loison-sous-Lens, Noyelles-sous-Lens, Sallaumines, Lens ou Liévin ? Une seule réponse par pigeon ; un stylo bleu et vert MGEN (pointe feutre bleue) à gagner pour le premier pigeon porteur de la bonne réponse.

I <3 Scln

Je suis tombée amoureuse de mon nouveau bolide, un vélo rouge qui saute comme un cabri dans les bois et les champs. Et, de fil en aiguille, je suis tombée amoureuse de Seclin. Il me faut d’abord m’excuser d’avoir incorrectement nommé la ZI (ou ZAC) de l’Épinette ASPUZI, dans de précédents billets, quand j’ignorais encore que Seclin était la ville de DEUX zones industrielles : double bonheur, surtout le dimanche – ça tombe bien, parce que le dimanche les berges du canal sont infréquentables, entre les campings sauvages de pêcheurs en tente kaki, les marcheurs nordiques, joggeurs fluorescents et cyclistes coqués coquets. Ici, il n’y a que moi, le dimanche. Le samedi soir, c’est sans doute différent, à en juger par les traces de beaucoup fun devant les hangars :

Le dimanche, tout n’est que lignes pures, jeux de lumière et délectable désolation.

Mais ASPUZI, the real ASPUZI, c’est aussi la couleur et la danse :

ASPUZI est l’antichambre de Seclin. Maintenant, entrons dans le vif du sujet. Quelques chiffres, pour commencer : Seclin, c’est 17,42 km² pour 12 463 habitants (2016), soit une densité de 715 hab./km². Si ça ne vous parle pas, Sallaumines (l’étalon-or de ce blog), c’est 3,82 km² pour 9 799 habitants, soit une densité de 2 565 hab./km². See what I mean? (Ok, il faudrait faire le calcul en décomptant les hectares non habités des ZI, je l’admets sans mauvaise foi, mais dans ce cas il faudrait en faire autant pour la déchetterie de Sallaumines.) Notez qu’en termes de Ville Fleurie, nous sommes à Seclin 3 fleurs – Sallaumines 1.

Le canal de Seclin n’y est sans doute pas pour rien, bien sûr, qui rejoint perpendiculairement la Deûle à Houplin-Ancoisne, 4,5 km à l’ouest.

Les oiseaux d’eau y vivent en harmonie, comme à Harnes.

Il y a aussi des ragondins et des fantômes.

Seclin est connue pour ses châteaux. Sauf que, Grand Jeu Concours ! un seul des trois châteaux ci-dessous en est vraiment un : lequel est-ce ? Question 2 : L’un de ces châteaux n’est pas sis à Seclin mais à Templemars, à quelques pas de la frontière. Duquel s’agit-il ?

Cette tendance au faste n’exclut ni les ZUP

(vue de l’ouest)

(vue du sud)

ni les arrière-mondes :

ni les Upper Rooms & Kitchens de carrefours et ronds-points :

(abbé Bonpain de carrefour)

(Jésus Christ de rond-point)

ni le Kitsch & Lutte des Classes – Grand Jeu Concours 2 ! Laquelle de ces œuvres n’est pas une boîte aux lettres de Seclin mais de Carvin (autre passion récente) ?

L’art, ce n’est pas ce qui manque, à Seclin : mural

et de rond-point (ici, la couleur s’impose, vous allez le comprendre)

Cette dernière œuvre de rond-point nous amène dans mon lotissement préféré de la ville : les Aviateurs. J’adore. D’autant que, si de nombreux-ses Seclinois-e-s me témoignent volontiers une certaine hostilité, les Aviateurs-trices me traitent généralement comme une des leurs – sans collier de fleurs ni tralala. Voici un plan du quartier : un vrai crop circle, à l’américaine, quoique l’on ne s’y perde pas trop.

Le lotissement fait face à l’hôpital de Seclin, le nouveau, un hôpital intéressant, paradoxal, à la fois hôpital de campagne puisque l’on peut notamment y accéder par des chemins de tracteurs, quoique par ailleurs il fasse preuve d’une belle géométrie :

Une vue du parking s’impose également :

Attention, chien méchant et volumineux juste derrière cette rangée de maisons, il m’a poursuivie l’autre jour et j’étais bien contente d’être juchée sur Mon Bolide, dont on aurait dit qu’il pétaradait comme un bolide des Fous du volant mais en fait c’était le claquement de mes dents. Maintenant, voyons comment les Aviateurs se présentent depuis l’hôpital.

On voit plein d’avions dans le ciel aussi, à Seclin, bien plus qu’à Lesquin si vous voulez tout savoir,

et d’autres objets volants

et des sommets intéressants, quoiqu’ils ne volent pas,

et aussi des tunnels : ici, on en a plein les yeux, dessus et dessous.

Pour finir, un peu d’architecture (ici, l’arrière de l’hôtel de ville),

d’urbanisme (cité des jardins)

(ça ressemble à ça)

et de presque la campagne

Voilà, entre autres choses, pourquoi i <3 tant Scln.

Promesse de NG : Annoeullin*

J’envisage de consacrer prochainement un National Geo à la ville d’Annoeullin, non que j’y aie retrouvé la joggeuse à l’omoplate mais j’y ai découvert des trésors qui pourraient faire office d’enluminures à nos études sur le thème « Kitsh & Lutte des Classes ». Ainsi, ce Chalet du Nord remarquable, dont j’aime imaginer qu’il s’agit d’une niche de Saint-Bernard reconvertie, nous offre un pont entre L’appel de la montagne : Chalets du Nord et Mascottes du Nord : Les chiens.

Oui, je sais, cette photo est un peu floue ; c’est que je tremblais d’émotion quand je l’ai prise. Je ne m’excuserai pas. Maintenant, admirez le détail.

J’étais encore sous le choc esthétique de cette découverte quand je suis tombée sur ce crossover : un Bienvenue sur T’Hair dont le nom mérite une espèce de palme (à tout le moins la reconnaissance officielle que je lui offre ici), sis près d’un rond-point qu’orne un arbuste taillé en « chignon » selon la nomenclature adoptée dans notre chapitre Arbres du Nord : Imagin’Hair.

* J’essaierai de tenir cette promesse, contrairement à toutes celles que j’ai faites depuis la refonte de ce blog toujours en chantier, mais ce ne sera pas pour tout de suite.

L’appel de la montagne : un chalet d’Argentine

Hier soir, Dame Sam et moi, épuisées par notre semaine, nous sommes vautrées en tas devant Abrir puertas y ventanas (Trois sœurs en français insipide), film de la cinéaste suisse-argentine Milagros Mumenthaler. Quelle ne fut pas notre joie quand nous avons découvert qu’il s’ouvre sur l’image d’une maison sise à Buenos Aires et dont la boîte aux lettres n’est autre qu’un Chalet du Nord, points d’exclamation. Nous avions déjà trouvé la trace de ce kitsch (& lutte des classes) dans le cinéma américain des années 1970, ainsi que je l’exposais dans L’appel de la montagne : chalets de Californie et si nombre de pays dont nous découvrons les réalisatrices, du Pérou à l’Islande, nous ont pour l’instant déçues en stricte matière de chalets, nous restons vigilantes. Nous remercions l’Argentine de nous y encourager. Vous noterez que le Chalet apparaît généralement (quand il apparaît) dès le générique ; il faudra nous pencher sur cette question lors de notre prochain séminaire.

L’appel de la montagne : Chalets de Californie

Depuis quelques jours, je prépare un bref exposé pour la jeune athlète sur l’avènement du lotissement vu à travers les films fantastiques/d’horreur des années 70-80. Pour étayer mon propos, je fais des captures d’écran. Alors que je revoyais Poltergeist pour explorer le lotissement californien Cuesta Verde où se situe l’action, j’ai vu mon étude Kitsch & lutte des classes faire un bond en avant, plus spécifiquement la grande partie de cette étude qui s’intéresse aux Chalets du Nord. Dans mon célèbre article sur la question, que vous pouvez relire ici, j’écrivais à propos d’un CdN sis à Saint-André : « Cette vision est un véritable yodel en Californie ! » Or (tant de coïncidences finiront par m’effrayer) la découverte que je viens de faire rend précisément nos théories sur l’origine des Chalets du Nord aussi contradictoires que le sont celles du blue yodel. Conférence :

1. l’origine du blue yodel

Selon certaines sources, le yodel hawaïen serait complètement distinct du yodel européen. Il serait la combinaison des chants traditionnels de l’île, aux techniques vocales naturelles, et du falsetto qu’y ont apporté les vaqueros mexicains venus endiguer dans les années 1830 l’invasion de vaches, tenues pour sacrées par les autochtones depuis que des européens leur avaient fait cadeau d’un petit cheptel. D’autres sources, qui situent la naissance du yodel américain au même endroit, y voient l’apport direct de deux missionnaires allemands qui dirigeaient le Boys Choir hawaïen, Henry Berger et Theodore Richards ; selon cette version, ce serait d’un yodel purement européen que les chorales auraient embelli les chants indigènes. On peut aussi imaginer un effet conjugué du yodel européen et du falsetto mexicain sur le folklore local. Une théorie voudrait que Daniel Decatur Emmett, le principal compositeur et plus célèbre interprète du minstrel show, se soit inspiré d’artistes européens dans son exploitation du yodel, car il avait voyagé, mais cette thèse me semble peu probable puisque le premier yodel d’Emmett date de 1859, or Tom Christian avait complètement intégré le yodel à son spectacle de minstrel dès 1847. Cela dit, Walter Scott décrivait déjà le yodel comme très présent sur les scènes britanniques dès les années 1830 et les voyages entre le Vieux et le Nouveau Monde étaient assez fréquents pour que les modes parviennent à traverser un océan. Une seule certitude : au début du dix-neuvième siècle, le yodel poussait très fort, de toutes parts, avec la ferme intention d’éclabousser les musiques populaires américaines, il s’immisçait par toutes les brèches : un missionnaire allemand posait son balluchon à Honolulu ? un vaquero poussait la chansonnette sur son cheval à Kailua ? un lecteur de Walter Scott migrait à Chicago ? Le yodel en profitait, il était de tous les voyages, de tous les bagages, et il était ambitieux, déterminé à percer par tous les moyens.

2. l’origine du Chalet du Nord

Je ne mène mon étude sur les chalets du Nord que depuis deux ou trois ans. L’état de dégradation présenté par certains spécimens nous assure que le CdN n’est pas une mode de l’année, mais la découverte que j’ai faite en revoyant le générique de Poltergeist pourrait bien situer dans un temps beaucoup plus reculé que je ne l’imaginais l’avènement du Chalet comme élément distinctif dans le paysage suburbain. On trouvait des Chalets de Californie dès 1982 (date de sortie du film), comme en attestent les captures d’écran ci-dessous.

Un complément d’étude s’impose mais une piste ne peut être négligée : non pas celle du chalet suisse mais celle de la cabane canadienne. Plus de pistes dans l’article consacré aux cabanes en rondins par la Grande Encyclopédie de la Vérité Avérée du Vingt-et-Unième Siècle, ici. Faut-il parler de Chalet de Californie ou de Cabane en Rondins de Californie ?

Des Mickey du Nord

Le Mickey maison n’est pas une spécialité locale, nous en avons trouvé lors de fouilles archéologiques dans une friche hospitalière de Menin mais aussi dans des civilisations très avancées, notamment à Brooklyn. Cependant, la métropole lilloise en recèle vraiment beaucoup : des sédentaires, des saisonniers, des itinérants. En voici un échantillon.

1. sédentaires

– Mickey

L’un de mes préférés vit à Lomme Délivrance. Je me suis prise de passion pour ce quartier en novembre 2016. Sur le plan ci-dessous, on peut admirer le tracé elliptique de ses rues ; sur place, l’on est saisi par un rare sentiment d’étrangeté – assez semblable à celui que l’on éprouve quand on se perd dans les corons du bassin minier.

C’est donc dans ce quartier que l’on trouve le plus émouvant Mickey maison de la métropole lilloise, celui-là même qui a suscité en moi l’amour que l’on sait pour les Mickey maison.

L’autre de mes Mickey préférés nous a hélas quitté-e-s, sa boîte aux lettres ayant été repeinte en blanc (sans doute les enfants étaient-ils devenus trop grands pour répondre « Bonjour Mickey ! » quand ils arrivaient à la maison). Sans lui, Faches-Thumesnil ne sera plus jamais aussi lumineuse – même si l’on trouve encore, à cent mètres de là, un arbre taillé en Tintin que l’on peut admirer dans notre catalogue Imagin’Hair.

– Minnie (en bonne compagnie)

2. saisonnier

Mickey en Père Noël (chut !)

Minnie promène une paille géante en ski sous un ciel Coca-Cola ; elle va attraper la crève

Que la similitude entre les bulles qui constituent le sapin et celles du ciel Coca-Cola ne vous induisent pas en erreur : ces Mickey de saison ne sont vraisemblablement pas de la même main puisque quatre kilomètres les séparent, à vol d’oiseau.

3. zéphyr embrasé itinérant (+ chaperonnage Picsou)

4. quelques amis de Mickey

Les villes aiment particulièrement Blanche-Neige et les Sept Nains ; celles de la métropole lilloise n’y font pas exception, voici quelques fleurons de l’art dont ils et elle sont les huit muses.

art ferroviaire

techniques mixtes

+ moulin considérable (hors cadre, merci de vous référer à la rubrique adéquate, à savoir celle des Chalets du Nords – et apparentés : moulins, sabots de façade, puits, pompes à eau manuelles, etc.)

Mais parfois on trouve aussi un vieil oublié, un de ces personnages qui sont à la bande de Mickey ce que Joey Bishop était au Rat Pack. Ici, Dingo.

5. Fiesta

Mickey + Donald + Titi et Grosminet + Blanche Neige, Atchoum, la méchante sorcière + Bambi (+ Rideaux et Voilages avec cygnes dans paysage bucolique)

6. Apparentés

Un de mes amis, que Mickey ne connaît pas, s’appelle Gou. Je le présentais ainsi dans un billet de janvier 2017.

La course à pied, c’est ma vie parallèle, celle où je suis libre et heureuse. J’y ai aussi pas mal de camarades atypiques, vraiment chouettes. Tout à l’heure, j’ai croisé Gou.

– Salut ! il m’a dit.
– Salut Gou. Et bonne année !
– Ah non, tu ne vas pas t’y mettre…
– Quoi ? Petit moral ?
– Je vais te dire mon problème : moi, j’aurais voulu être Gouniche, depuis toujours.
– Ah oui.
– Oui. Et ce n’est pas encore cette année que ça risque de m’arriver.
– Bon, ça va encore…
– C’est un sarcasme ?
– Mais non ! Regarde, moi, j’aurais voulu être cantatrice, ou danseuse.
– Ah merde. Et ?
– Justement : je suis écrivain, c’est déjà pas mal, non ?
– Arrête ! Classe ! Tu as eu le Goncourt ?
– Mais. Mais non, enfin, Gou. Ce n’est pas ce qui définit un écrivain.
– Ah, ok.
– Qu’est-ce qui te fait sourire ?
– Non non, rien.
– Attends, mais tu t’es vu ? On ne sait même pas quel animal tu es censé représenter !
– Et alors ? T’choupi non plus.
– Quoi, T’choupi ? T’choupi, c’est une star, il a des tas d’albums rien qu’à lui.
– Eh, ma parole que si tu écris un livre sur ma vie, tu décroches le Goncourt.
– Chiche ? Ah ah ah !
– Ah ah ah !
– Enfin, n’empêche que ce n’est pas une finalité, tu vois ?
– C’est clair…

Ici, un ancêtre de Gouniche (puisque nous en parlons) attesté par l’art rupestre ; je l’ai découvert sur un mur de Loos, le long de la voie ferrée. Comparez Gouniche (ci-dessus) à son ancêtre présumé (ci-dessous). Je tiens à préciser que Gouniche (de Delphine Durand) est l’un des livres que j’ai le plus souvent lus et offerts. Je l’aime, quoi.

Autres fenêtres du Nord

1. le North Far West

2. Rosemary’s baby was here

3. Watteau du Nord (en faïence peinte)

troubadour et bergère

nobliaux

4. clowns du Nord (beaucoup de clowns)

content (mais pas son assistante)

flippant (// Ça)

contents + flippants

+ galibot qui fume la pipe

4. les héros

intrépides à tout prix (+ moulin de Mickey)

à vendre (vente ponctuelle n’entrant donc pas tout à fait dans la rubrique le commerce de proximité, ci-dessous)

5. le commerce de proximité

du beau

du bon