/ 3 : cercle et triangle

Aujourd’hui, j’ai eu une mauvaise et une bonne nouvelles. La mauvaise nouvelle est éditoriale. La bonne, c’est que j’ai la plus merveilleuse petite amie au monde : celle qui prend le temps de m’appeler avant de monter sur scène pour me dire que tout ira bien, qui trouve les mots pour me faire rire quand je pourrais pleurer, qui me montre que tout est possible quand je pourrais céder au découragement, qui m’ouvre de nouvelles perspectives, qui dit nous plutôt que de me laisser seule face à mes questionnements. Sa voix a redéployé autour de moi tout ce qui dans ma vie d’autrice n’est pas ce refus inattendu, ses mots m’ont rappelé les belles choses qui s’annoncent et qu’un instant, ce refus a failli m’occulter. J’ai de la chance. Je préfère un milliard de fois ma bonne nouvelle du jour à ce qu’aurait été la mauvaise si elle avait été bonne. Je crois à ce que la mauvaise nouvelle me dit tout autant qu’aux promesses de la bonne nouvelle : il y a une place pour moi, qu’il m’appartient de définir ; essayer de faire entrer mon cercle dans un triangle ne m’apporterait pas grand chose. Tout va très bien dans l’arrière-monde.

Mai,

c’est bientôt fini. On dit En mai fais ce qu’il te plaît ; moi, ce qui me plaît, c’est de mettre des gants fourrés (100% vegan) pour faire du vélo à 5h30, à trois jours de juin. Ce matin, j’ai parcouru 60 km, bien plus à la campagne que sur la route de Bruay, jeudi qui était férié. J’ai vu des dizaines de lièvres, de faisans et même un chevreuil, à l’entrée d’Annequin – c’était un mâle, il n’était pas ravi de me voir surgir et a bondi dans les bois en aboyant. Voici quelques ami.e.s qui, ielles, ont accepté de poser pour moi.

D’abord un lièvre de Vendin-le-Vieil

un faisan d’Annequin et ses petits

un canard de barbarie domicilié à Beuvry

sa voisine foulque macroule, qui s’est fait un nid de princesse

des enfants foulques sur le canal d’Aire

des grenouilles à Hantay (j’en ai sélectionné trois, de couleurs différentes, parmi toutes celles qui ont accepté de poser, j’espère ne vexer personne)

Je n’ai pas vu que des animaux, j’ai aussi vu de beaux paysages, bois, marais, champs, prairies, et même un sous-marin (encore lui) dans le lointain, depuis Cuinchy

j’ai vu des choses attendrissantes (j’évoquais déjà ici la précédente édition de cette expo qui se tient à Auchy-les-Mines)

et enfin, j’ai vu des choses amusantes, comme ce goût du faste (appelons-le K&LC) partagé par deux voisins, à Beuvry : ils ont exactement la même maison, la même voiture et les mêmes palmiers ; j’aurais aimé les voir, eux

J’ai relevé de nombreux Chalets miniers, notamment à Festubert – où il n’y a pas un seul magasin de farces et attrapes et où la boulangerie était fermée (j’en ai donc testé une de La Bassée, excellente).

Des majorettes en vrai

D’abord j’ai cru qu’il se passait quelque chose de grave et que je n’étais pas au courant – pour tout dire, j’ai pensé qu’il s’agissait d’une alerte nucléaire. Si peu de circulation et tant de magasins fermés un jeudi à 11h30. Ce n’est pas comme si je pensais à Jésus tous les jours alors si personne ne me prévient… Je me disais que c’était une drôle d’idée d’organiser la journée d’ouverture de Vacances à Gardincour un jeudi – pour celles et ceux qui ne sont pas d’ici, Gardincour est une destination très prisée dans le bassin minier quand on est fauché : gardin (jardin)-cour – mais je me disais que la Cité des Électriciens savait ce qu’elle faisait, après tout il y avait du monde pour ma lecture, un samedi après-midi ensoleillé, je n’y avais pas cru une seconde. J’ai affronté les dénivelés + le vent furieux en face pendant 25 km, avec une pause pique-nique sur le terril d’Hersin-Coupigny, je m’étais préparé de délicieux sandwiches vegan. Si je n’étais pas vegan, je n’aurais rien préparé du tout et je n’aurais pas pu m’alimenter parce que, sur ma route, tous les commerces fêtaient l’Ascension de J-C, même la super boulangerie d’Hersin. Le véganisme est le salut, pour qui en douterait encore.

En chemin, j’ai emprunté quelques anciens cavaliers miniers

trop confidentiels pour être pollués par la signalétique vue cette semaine à Noyelles.

Je suis passée au pied de nombreux terrils : j’ai frôlé le 11-19 à Loos, le sous-marin de Grenay, le petit tas foisonnant de Barlin dans sa nuée de papillons, les terrils d’Haillicourt, d’abord celui que ses vignes ont rendu célèbre et sur lequel vit un troupeau de chèvres, que l’on devine sur la photo pas très nette ci-dessous

(ici le même vu depuis Bruay-la-Buissière) ;

les terrils jumeaux des Falandes et du Pays à Part, toujours à Haillicourt ;

le terril 10 de Bruay-la-Buissière, super chou.

J’ai visité les nouvelles expos de la Cité des Électriciens et une fois encore admiré leur qualité mais aussi leur esprit : elles sont à la fois drôles et tendres, émouvantes, contemporaines, mêlent volontiers création artistique et objets du quotidien – dans la partie dédiée au thème des vacances, des cartes postales et dessins des années 50 à la gloire de la Napoule, des serviettes de bain, des photos. J’ai été particulièrement saisie par une toile que l’on aurait vraiment dite de Dufy (je tâcherai de savoir à qui on la doit et d’en obtenir une photo moins pourrie que la mienne) mais aussi, tout bêtement, par ce numéro historique de La Voix du Nord annonçant la fermeture du dernier puits de mine en 1990 – pour preuve que je suis vraiment d’ici : je doute que les visiteurs lillois aient trouvé cette une un tant soit peu poignante.

Parmi les fascinantes archives photographiques, j’ai notamment apprécié celles du bien nommé Jean-Philippe Charbonnier, notamment celle-ci (j’adore les scènes de films et les photos montrant des femmes qui étendent du linge dans le vent – c’est assez spécifique, je sais).

Celle-ci, aussi, plus ancienne et qui illustre une question qui sera forcément évoquée au Biglemoi le 17 juin lors de ma rencontre avec Yannick Kujawa, celle de la répression ultra violente des mouvements sociaux dans les cités minières. Les cités étaient sous la garde de matons et des grilles permettaient de les fermer en cas de soulèvement : un habitat prison. On trouve des documents très intéressants à ce sujet dans les archives de l’Ina.

Et puis le défilé s’est mis en route, sans une minute de retard, géants de tout partout et bleus de travail, fanfare et…

majorettes car oui, le Pas-de-Calais sera toujours une terre de majorettes – comme le stipulent les statuts d’un club (je ne sais plus lequel, j’ai épluché les statuts de tous les clubs de majorettes et de twirling bâton du département pour écrire mon poème). Ici, le club d’Auchel. Il y a même, vous le voyez, un majoret (lâche pas la patate, poussin).

Encore un excellent moment à la Cité des Électriciens, je suis vraiment très fan – et l’équipe est adorable. Allez-y…

Un bon week-end

Hier, j’ai passé un formidable moment à la Cité des Électriciens de Bruay-la-Buissière, en compagnie des éditions Cours Toujours. Le public était venu nombreux, particulièrement pour un samedi après-midi ensoleillé ; comme à Mont-Saint-Éloi, Terrils tout partout m’a permis d’avoir des échanges émouvants avec mes nouveaux.elles concitoyen.ne.s pendant les dédicaces. J’étais aussi ravie de retrouver Schéhérazade d’Escales des Lettres – je vais beaucoup la voir au mois de juin puisque nous présenterons TTP dans pas moins de six centres pénitentiaires.

J’espère aussi revoir bientôt la Cité des Électriciens, où je compte bien postuler pour une résidence. Je suis tombée sous le charme du lieu, particulièrement de ce palimpseste – dans une ancienne maison de coron, où les habitant.e.s ne détapissaient manifestement pas avant de passer au papier suivant. On s’en doute, le côté Kitsch & Lutte des Classes m’a beaucoup parlé (surtout les mickeys).

En tout cas, on pourra encore voir l’exposition de mes photos jusqu’à la fin de l’année. Ci-dessous, le terril Donovan et le terril Fernsehturm in situ, sur leurs chevalets (chevalet étant aussi un synonyme de chevalement, je le précise au cas où vous ne seriez pas du coin).

Et ce matin, j’ai retrouvé Johanna, qui avait déjà modéré la rencontre autour de TTP à Mont-Saint-Éloi, justement. Cette fois, c’était à Arras, pour le traditionnel salon du livre du 1er mai organisé par Colères du Présent. Les conditions et la population étaient très différentes. Mais j’étais heureuse de revoir certaines personnes que je n’avais pas croisées depuis le monde d’avant.

Merci à Dominique Brisson et à mon père pour les photos des rencontres.

/ 3 : 29 000

La plupart du temps, j’oublie que je suis en train de courir, tant je suis concentrée sur ce que je vois, entends et sens. Mais de temps à autre, je suis à l’inverse pleinement incarnée, soit qu’il fasse nuit noire et que mon centre de gravité soit mon seul instrument de navigation, soit que la fatigue et/ou une douleur m’ancrent dans mon enveloppe. Ce matin, les trois facteurs étaient réunis et j’avais une conscience aiguë d’être un corps qui a couru quelque 29000 kilomètres ces huit dernières années, je me sentais à la fois minuscule, cassable et toute-puissante : si j’étais un petit véhicule à friction, ces 29000 km emmagasinés me permettraient de courir sans pause ni effort jusqu’à l’hôtel de ma bien-aimée à Monterey, Californie + si j’avais oublié quelque chose chez moi, de faire l’aller-retour pour aller le rechercher.

Les petites étoiles sur fond jaune, ci-dessus, c’est l’aura des Chalets du Nord et des Chalets Miniers que je recense – leur rayonnement est tel qu’il apparaît en vue satellite, vous voyez bien que je ne me consacre pas à des brimborions. (Il existe aussi, je le rappelle, des Chalets de Californie – voir enquête approfondie ici.) Jugez par vous-mêmes du travail que j’ai abattu, ces deux dernières années : chaque étoile est une boîte aux lettres relevée au fil de mes courses à pied – quand elle n’en cache pas une ou des autre(s) puisque, je le rappelle, le Chalet incite bien souvent au mimétisme.

J’en ai déjà repéré plusieurs en Normandie, notamment à Montmartin et à Hauteville, certains remarquables (voir capture d’écran ci-dessous). C’est qu’on en apprend, des choses, quand on voyage. Un jour, l’Insee va venir me chercher, vous verrez : comme la NASA recrute des hackers, à moins que ce ne soit une légende (ou une info périmée, j’ai entendu dire ça au début du millénaire). Bref, courir 29000 kilomètres, c’est très enrichissant.

(Ce Chalet Normand est sis à Montmartin-sur-Mer.)

Ce matin, je n’ai relevé aucune curiosité parce que j’étais concentrée sur le dedans de mon corps mais, à défaut, j’ai couru plus vite que jamais, vers la fin : j’ai dévalé la rue qui longe le cimetière, une rue à forte pente ornée de fanions multicolores, ma foulée longue et légère tandis que de l’autre côté du mur, d’autres reposaient. Un jour ce sera mon tour de franchir ce mur, sans doute des gens que je connais viendront-ils avec leur téléphone regarder une boîte descendre en terre avec moi dedans et je serai déjà devenue autre chose. Si je me réincarne, je veux bien être une poule d’eau. J’aime vraiment beaucoup les poules d’eau.

Top 7 Coiffure 2021

En 2016, nous avons croisé le salon de coiffure Bienvenue sur T’Hair (Annœullin) dans le billet-catalogue Arbres du Nord : Imagin’Hair ; je ne peux supposer que vous l’ayez oublié. Je dis bien croisé parce que (je maintiens ce que je disais à l’époque) je n’ai pas la carrure pour un inventaire des enseignes les plus remarquables de coiffeurs, le travail serait encore plus herculéen que de recenser tous les moulins miniers – oui, à propos de ces derniers, j’en ai vu et photographié tant et tant depuis la dernière version de cette série que les bras m’en tombent ; c’est pourquoi, malgré votre abondant courrier de protestation, je ne l’ai pas mis à jour depuis bien longtemps. Mais revenons à nos salons. J’ai décidé, en cette période de l’année où fleurissent les palmarès (établis par des autorités qui, ayant absolument tout lu, tout vu et tout entendu, peuvent se permettre de prescrire leurs produits culturels préférés comme étant les meilleurs), j’ai décidé de donner des bons points, moi aussi, à quelques champions locaux de l’onomastique capillaire.

ATTENTION : Si vous êtes sujet(te) aux migraines, sachez que certaines photos ci-dessous, ayant été prises avant le lever du soleil, sont affreusement floues. Vous m’en voyez désolée.

Dans la catégorie Il fallait y penser, je remets ma palme 2021 à ce salon d’Arras (certes, ce n’est pas aussi inspiré que Bienvenue sur T’Hair mais celui-ci reste à mon avis strictement imbattable).

Dans la catégorie Anti-pub, je n’ai su départager ces noms vus à Bully-les-Mines et à Pont-à-Vendin

Dans la catégorie crossover Il fallait y penser X Anti-pub, la lauréate est cette audacieuse société lensoise

Dans la catégorie Misread, cette enseigne de Dourges sur laquelle j’ai d’abord cru lire Boudin Coiffure (aurais-je bien lu qu’elle aurait sans doute coiffé au poteau – eh eh – ses deux camarades ex-æquo de la catégorie précédente). Notez bien que le jeu de mots m’échappe totalement, d’où sans doute le misread.

Dans la catégorie vintage, je nomme grand vainqueur Jean-Claude Coiffure de Courrières (un salon de Sallaumines le talonnait certes mais qui sait ? il aura peut-être son tour next year)

Dans la catégorie Mignon, c’est un salon (à double titre) d’Annay qui l’emporte cette année (jockomo feena nay) ; bravo à Marie-Chantal !

Féminin pluriel

Vous êtes trop snob pour lire les gazettes municipales ? Vous ne savez pas ce que vous ratez. Il y a quelques années, de passage dans des petites villes, j’allais à la mairie pour les demander. Je lisais régulièrement celles de Mons-en-Baroeul, de Faches-Thumesnil, de Sallaumines, de Lens, de Liévin, pour n’en citer que cinq. J’ai ralenti quand j’ai senti ma santé mentale menacée : j’avais des hallucinations – quand les gens me parlaient, je voyais des points d’exclamation. (Les points d’exclamation et les émoticônes sont la signalétique de la communication – ce fléau. Vous noterez dans l’exemple ci-dessous que la virgule a moins de succès, y compris quand elle pourrait trouver son utilité.) Dans le journal de ma ville, ce mois-ci, on fait la connaissance de Cécile. Elle nous apprend que l’apostrophe s est la marque du pluriel et que le féminisme progresse. Je vous laisse savourer cet article caviardé par mes soins.

Mascottes du bassin minier : des outsiders

Les fidèles lecteurs de ma rubrique Kitsch & Lutte des classes connaissent mon étude des mascottes du Nord, parmi lesquelles sont particulièrement représentés les oiseaux, les lions, les chevaux et les chiens. Force m’est de constater que les vedettes sont les mêmes dans le bassin minier que dans la métropole lilloise ; cependant, il y a aussi de la place ici pour l’exotisme et pour les outsiders. Afin de s’en convaincre, il n’est qu’à observer les portails et barrières ainsi que leurs piliers, sur lesquels se perchent des oiseaux plus rares que les aigles – j’entends sur le strict plan décoratif de pilier : le pigeon n’est pas un oiseau rare mais le premier que j’aie jamais vu sur un pilier vit à Loison-sous-Lens.

Et certes, on a vu un coq trôner sur un portail de Lomme mais pas avec femme et enfant comme ici à Bauvin (ok, Bauvin n’est pas tout à fait dans le bassin minier, mais 1. ça s’est joué à peu de choses ; 2. ça ne se voit pas ; 3. ne faites pas vos huissiers, merci, admirez plutôt le coloriage maison appliqué à cette statuaire).

Un hibou d’Auby (je me demande si ses propriétaires l’ont choisi pour les sonorités de hibou d’Auby).

Le cygne est plus habituel au sol que sur piédestal ; notez qu’il est presque toujours fonctionnel. Contrairement au cheval, au chien ou au lion, un cygne de jardin est neuf fois sur dix un bac à fleurs (ou à quelque chose).

Ci-dessous, à Râches, un écureuil et un renardeau gardent une maison au bord du canal

et ici, à Mazingarbe, ce sont des lapins qui montent la garde (des lapins aux yeux blancs quelque peu inquiétants).

La grenouille n’est pas très courante (ici à Sallaumines),

non plus que l’éléphant (ici liévinois)

ou le bouc (ici de Loison-sous-Lens).

Mais le plus atypique reste le double sphynx, siamois par l’arrière-train, flanqué de dalmatiens peints à la main sur ce muret d’Annay (jock-a-mo fee na-né).

J’ajouterai en conclusion que même les chiens d’ici ont quelque chose de… peut-être pas de minier à proprement parler, non, mais ce chien rêveur n’a (passez-moi cette anacoluthe) assurément pas les attitudes tour à tour arrogantes et espiègles de ses pairs croisés sur les piliers de la MEL.

Produits dérivés

(Ce billet remplace et développe un /3 de la semaine dernière en pas moins de 17 photos + liens culturels pour votre édification.)

J’évoquais dans le billet 449 un jardin que l’on peut admirer dans une cité minière de Mazingarbe. Mes photos ne rendent pas honneur à son art brut ; pour en voir et en savoir plus sur ce jardin remarquable et sur son créateur, François Golebiowski, cliquer ici.

Mais cet habitant n’était pas le seul (au passé puisqu’il est décédé en 2013) à construire des modèles réduits de chevalements. On en trouve également un à Billy-Berclau, de plus impressionnantes proportions.

Billy Berclau est l’une des rares villes qui aient conservé un authentique chevalement et il semble être devenu un logement. Je ne sais pas quelle partie des bâtiments est habitée mais une pancarte Défense d’entrer, propriété privée en protège l’accès, flanquée d’une boîte aux lettres indiquant les noms de celle et ceux qui résident là. (Photo prise à travers la grille).

Ainsi, certaines villes ont conservé des chevalements, témoins de leur passé minier ; c’est également le cas de Bénifontaine, d’Évin-Malmaison, de Haines, de Lewarde, de Liévin, de Loos-en-Gohelle, de Marles, d’Oignies et de quelques communes entre Valenciennes et Douai. À Haisnes, l’accès au chevalement est facile, sans doute dangereux, probablement pas autorisé. Ici, sa tour vue depuis son propre corps.

Il est devenu une véritable galerie de street art et abrite notamment cette pièce imposante.

C’est l’un des quatre derniers chevalements en béton que compte le Nord-Pas-de-Calais ; j’en ai découvert un par hasard, cette semaine, à Anhiers. On le distingue ici au loin, derrière la Scarpe inférieure et ses foulques, par un petit matin brumeux.

D’autres villes ont effacé les stigmates de leur passé minier, longemps considéré comme honteux (On était la lie de la lie, me disait récemment une descendante de mineur alors que nous évoquions l’avant-Unesco) ; parmi ces villes, certaines repenties ont confié à des artistes la tâche de faire revivre la mémoire que la précédente génération avait souhaité gommer. Voici quelques chevalements décoratifs, soit d’encombrants produits dérivés – j’en découvrirai forcément d’autres au fil de mes explorations et je ne manquerai pas de vous en faire profiter.

Leforest

Oignies

Hulluch

Méricourt

le même avec lampe de mineur géante

Car on trouve également dans le bassin minier quelques monumentales lampes de mineur, déclinées sous diverses formes. Notez qu’il y avait autant de variétés de lampes qu’il y en avait de chevalements (on constate la diversité de ces derniers sur une photo de Bernd et Hilla Becher visible ici), de maisons minières, etc.

Courcelles-les-Lens

Auchy-les-Mines

Harnes (lampe sur laquelle des supporters politiques
collent des affiches, hélas)

Lallaing (notez que c’est le même modèle de lampe
qu’à Auchy-les-Mines, même si le rendu est assez différent)

Liévin

Ici, la lampe géante rend hommage aux victimes d’une catastrophe minière qui a eu lieu en décembre 1974. On devine en arrière-plan un authentique chevalement très bien préservé.

Ce n’est pas le seul chevalement d’époque qui se dresse dans cette ville où il se trouve que j’ai grandi et que mes parents habitent encore ; depuis le monument ci-dessus, il suffit de pivoter sur soi-même pour retrouver le même tandem lampe-chevalement.

Ici, lampe et chevalement sont peints, ce qui n’est pas si fréquent (le chevalement d’Évin-Malmaison est rouge mais je n’en connais pas d’autre qui ait osé la couleur – la plupart sont juste entretenus : de teinte naturelle, si on peut dire). Cet article fera probablement l’objet d’addenda au fil de mes périples cyclistes.

Mickeys du b.m. : une mise à jour

Il y a des années, dans une version antérieure de ce blog, je rêvais à voix haute de pouvoir un jour ajouter un Iga Biva (Eaga-Beeva) domestique à ma collection de mickeys maison (qu’ils soient du Nord ou du bassin minier). Je n’ai toujours pas eu cette chance mais ma découverte de la semaine m’enchante presque autant car Super-Souris (Mighty Mouse) est aussi rare et oubliée que l’extraterrestre de Disney ; l’état d’usure de cette icône strictement faite main m’enchante également. Elle rejoindra prochainement ma galerie de mickeys du bassin minier – puisque cette oeuvre orne un garage de Noyelles-sous-Lens.