Regnéville, Acte 3, nuit 3

Après une journée de répétitions avec mes chères Emmanuelle Polle et Aude Rabillon, Cette sacrée rotondité prête à être jouée en public,

mes ami.e.s et moi avons passé une soirée magique – magiques, les conversations avec Aude, Florentine Rey, Amandine Deguilhem et Mathieu Lion, magiques nos activités nocturnes, dont voici un aperçu.

Regnéville, Acte 3, jour 3

Avant d’attaquer les répétitions, je suis allée courir pour dire bonjour aux ami.e.s de toutes espèces et en ai été récompensée par mon premier chevreuil de Regnéville – il était temps. J’ai aussi revu trois des quatre phoques à la pointe de Montmartin. Et j’ai croisé Amandine qui faisait des field recordings près des dunes – avant de me mettre en route, j’avais vu Mathieu partir dans la nuit avec son matériel photo. C’est une circonstance très rare, d’être en résidence avec des artistes qui se lèvent aussi tôt que moi. J’aime beaucoup ce type de dynamique.

Pour me donner une chance de voir enfin des chevreuils, j’avais pris le risque des sangliers, dans les bocages baignés de brume. Je n’en menais pas large. Maintenant, je sais que je peux le faire (à moi l’EV5, cet été) mais à la condition (pour l’instant) de passer mon temps à repérer des arbres auxquels grimper / murets par-dessus lesquels sauter en cas de charge.

Le chevreuil – ce n’est pas comme dans la forêt d’Olhain, où mes potes se laissent filmer à 3 mètres de distance. Ici, je dois zoomer sur mon téléphone cheap et dire merci et promettre des cadeaux.

Et les phoques du jour…

Un bon week-end

Hier, j’ai passé un formidable moment à la Cité des Électriciens de Bruay-la-Buissière, en compagnie des éditions Cours Toujours. Le public était venu nombreux, particulièrement pour un samedi après-midi ensoleillé ; comme à Mont-Saint-Éloi, Terrils tout partout m’a permis d’avoir des échanges émouvants avec mes nouveaux.elles concitoyen.ne.s pendant les dédicaces. J’étais aussi ravie de retrouver Schéhérazade d’Escales des Lettres – je vais beaucoup la voir au mois de juin puisque nous présenterons TTP dans pas moins de six centres pénitentiaires.

J’espère aussi revoir bientôt la Cité des Électriciens, où je compte bien postuler pour une résidence. Je suis tombée sous le charme du lieu, particulièrement de ce palimpseste – dans une ancienne maison de coron, où les habitant.e.s ne détapissaient manifestement pas avant de passer au papier suivant. On s’en doute, le côté Kitsch & Lutte des Classes m’a beaucoup parlé (surtout les mickeys).

En tout cas, on pourra encore voir l’exposition de mes photos jusqu’à la fin de l’année. Ci-dessous, le terril Donovan et le terril Fernsehturm in situ, sur leurs chevalets (chevalet étant aussi un synonyme de chevalement, je le précise au cas où vous ne seriez pas du coin).

Et ce matin, j’ai retrouvé Johanna, qui avait déjà modéré la rencontre autour de TTP à Mont-Saint-Éloi, justement. Cette fois, c’était à Arras, pour le traditionnel salon du livre du 1er mai organisé par Colères du Présent. Les conditions et la population étaient très différentes. Mais j’étais heureuse de revoir certaines personnes que je n’avais pas croisées depuis le monde d’avant.

Merci à Dominique Brisson et à mon père pour les photos des rencontres.

Et après on danse

C’est le jeudi 5 mai à Regnéville-sur-Mer. Emmanuelle Polle et moi aurions souhaité appeler la soirée Chaud Chaux Show mais les anglicismes sont interdits. J’aime beaucoup aussi le titre « Et après on danse ? une soirée littéraire » : danser correspond bien à mon idée d’une soirée littéraire.

16h, l’atelier jazz vous ouvre ses portes : rendez-vous à la salle des fêtes

18h, je lis ma Suite du sanglier pour chevrotements et chaussettes roses avec l’atelier jazz

18h30, au camping, face à la salle des fêtes, on vous propose buvette et petite restauration avec en prime des lectures à l’oreille de textes sélectionnés par Emmanuelle Polle, Florentine Rey et moi-même

20h, Emmanuelle Polle, Aude Rabillon et moi vous proposons une lecture électroacoustique de Cette sacrée rotondité, performance que nous aurons passé deux jours à répéter especially for you et sur laquelle Aude est déjà en train de travailler

et après ? essayez de suivre un peu, voyons : après, on danse

j’ai préparé une playlist de 59 titres (+13 additionnels si on ne peut plus vous arrêter de danser danser danser danser danser) du blues à l’expérimental, ma playlist Dancing Chicken / mostly women

Salon du 1er mai, Arras

Cette année, j’y serai de nouveau. Je présenterai Terrils tout partout à 11h sous le chapiteau des écrivains puis vous pourrez me trouver sur le stand des éditions Cours Toujours – mais si vous souhaitez me rencontrer, m’offrir des cadeaux (vegan) ou me tirer les cartes*, ne venez pas trop tard, je ne pourrai pas rester longtemps puisque le lendemain, je pars dès potron-minet pour Regnéville-sur-Mer. À dimanche…

* N’ayez crainte, je n’ai pas le covid ; ma propension au hors-sujet fait de moi l’heureuse porteuse d’une angine blanche que les antibiotiques auront fini d’évacuer lors des festivités dominicales.

Cité des électriciens

Samedi, je présenterai Terrils tout partout à la Cité des électriciens, à Bruay-la-Buissière, à 17h. Je serai interrogée par Schéhérazade Madjidi, ce qui me rappellera d’excellents souvenirs (JMJ, ma résidence croisée avec Marie Chartres remonte à neuf ans déjà…) Une particularité de cette rencontre, outre que c’est la première de ce genre qu’organise la structure, est que l’on pourra y voir une exposition de mes photos, soit un extrait de mon nuancier des terrils. Dominique Brisson sera également présente.

Pas une geste

Donc le médecin a dit non, on ne va pas lire à Bordeaux avec une grippe carabinée. C’est le troisième jour et j’ai encore de la fièvre, alors il faut renoncer. Ce serait un euphémisme de dire que je suis triste et déçue mais il est vrai que, vu mes difficultés à descendre un escalier, prendre trois trains puis gesticuler (car c’est bien ce en quoi consiste ma lecture) tout en éternuant et toussant serait un défi un peu audacieux et pas très correct envers celles et ceux que je risquerais de contaminer. Alors je vais rester dans mon lit et un état semi comateux, avec Spring d’Ali Smith et mes leçons d’italien.

Un extrait de Spring dans lequel la Terre s’adresse aux humains, comme j’ai demandé aux élèves de Corbie de le faire dans nos ateliers – pure coïncidence :

« Mess up my climate, I’ll fuck with your lives. Your lives are a nothing to me. I’ll yank daffodils out of the ground in December. I’ll block up your front door in April with snow and blow down that tree so it cracks your roof open. I’ll carpet your house with the river. »

(J’adore Ali Smith.)

Perluète

Sur le site de Perluète, la revue de l’agence Normandie Livre et Lecture, vous pouvez trouver un article qui récapitule les étapes de ma résidence croisée avec Emmanuelle Polle. On y clique aussi sur un lien vers Soundcloud, où l’on peut entendre une interview donnée à Cindy Mahout, interview que j’ai moi-même habillée de musiques avec mon petit logiciel gratuit. Au programme,

Delphine Dora, Rêver l’imperceptible
Valentina Magaletti, Tutti Alcirco!
Félicia Atkinson, Courir
Cucina Povera, Zoom 5
Klein, Camelot Is Coming
Circuit Des Yeux, Call Sign E8
Micachu & The Shapes, Nowhere

J’avais des contraintes de longueur et n’ai donc choisi que des morceaux très (très) courts. Par coïncidence, on n’y trouve pas seulement mon amoureuse mais aussi l’artiste que j’évoquais dans mon précédent billet, qui l’a invitée à faire sa première partie ce soir. On peut écouter le podcast ici.

On peut enfin y découvrir Cette sacrée rotondité, mon texte à quatre mains avec Emmanuelle Polle – que nous lirons bientôt en public avec la complicité de ma chère amie Aude Rabillon. Je l’ai aussi ajouté dans le menu de ce site, ici.

Huiles essentielles

Mon amour me parle depuis sa loge au Barbican. Je ne suis pas sûre qu’elle ait déjà été plus belle que ce soir. Je ne le lui dis pas. Son visage est un spectacle. Son pull est assorti aux raisins qu’elle grignote. J’ai reçu l’invitation qu’elle m’a fait parvenir tout en sachant que je ne pourrais pas assister au concert et, parce que mon esprit est embrumé, j’ai tendance à vouloir accuser mon état grippal de cette impossibilité, qui tient en fait à mon propre agenda, mon agenda certes perturbé par l’état grippal. Je suis émue qu’elle ait souhaité m’inviter malgré tout. Ce soir, elle ouvre pour une musicienne que j’aime beaucoup, dont j’ai souvent parlé sur ce blog et qui s’avère être une grande fan de mon amour. De mon côté, c’est dans un état pitoyable mais avec émotion que je relis les épreuves de mon roman avec Wendy Delorme ; demain, j’envoie mon BAT. Demain, je ne prends pas de train, je garde le lit, je soigne ma gorge. Mon pote Emanuel Campo, également programmé à la soirée de lancement de la Maison de la poésie de Bordeaux vendredi soir, est dans le même état que moi. Comme moi, il dit, Je serai là. Beaucoup d’invités à l’Escale du livre ont chopé le covid au salon de Villeurbanne et donc annulé leur venue. Moi, je n’ai pas le covid mais personne ne voudrait se traîner ce que j’ai, quoi que ce soit. Même pas le dentiste dont j’attendais tant. Je suis une gentille fille. Mais je veux lire ma chanson de geste vendredi soir et filer à Londres mardi. Même si je dois sentir les huiles essentielles à 47 mètres.

SGDL + état grippal

Je ne tombe jamais malade. C’est comme ça quand on court tous les matins, en short dans le vent, la pluie, la neige, on est d’acier. Des années sans un rhume. Alors pourquoi, alors que demain je dois partir dès l’aube faire un service de presse à Lille, soumettre à un dentiste la couronne cassée qui me torture depuis deux semaines puis filer à Bordeaux pour lire La geste permanente de Gentil-Coeur lors de la soirée de lancement de la Maison de la poésie, ai-je de la fièvre et mal à la gorge ? Je continue d’y croire, je prends des médicaments, des huiles essentielles, je suis toutes les préconisations de mon amour – ainsi, je ne suis pas en train de courir (il m’est arrivé de courir avec de la fièvre, c’était amusant, comme un manège). Je ne lâche pas la patate. Par ailleurs, je dois à mon amie Maud Thiria d’avoir appris cette bonne nouvelle – également relayée sur Instagram (mais ce n’est pas comme si j’y allais régulièrement) par Katia Bouchoueva et Laure Gauthier : ladite chanson de geste figure dans la première sélection du Grand Prix de Poésie de la SGDL (Société des Gens de Lettres). Youpi !