Des oisons

au parc de la Glissoire, en Avion (je ne vois pas pourquoi on se taperait un hiatus si certaine ville du sud y échappe avec à peine deux lettres en plus).

17 secondes de douceur – quoiqu’un peu secouées par le vent, désolée…

NPR 30 culturel

Un peu de militantisme dans ces nouveaux processus réversibles.

la culture, c’est essentiel
la preuve :

les jeunes vident des extincteurs
sur la véloroute parce qu’ils ne
peuvent plus aller au théâtre

ou ils mangent des choses
grasses devant la télévision

NPR 29 éblouissant

Voici l’occasion de vous raconter un peu comment je procède dans mes NPR improvisés. Hier, au début de ma course à pied, je vois sur mon chemin fétiche les restes d’une torche manuelle éclairante de longue durée – 8 minutes – normalement utilisée par la SNCF pour signaler un danger ou un accident mais aussi très amusante, au même titre que l’extincteur, pour les fêtes nocturnes de plein air. Leur vision allume un poème dans ma tête mais je décide que je reviendrai l’installer en fin de parcours. Je m’arrête à Méricourt, le temps de préparer trois NPR, dont celui ci-dessous, prêt à planter – ce qui me permet de le mettre en place et de le prendre en photo en quelques secondes, avant que le cow-boy et son ami berger allemand, que j’ai dépassés 2 ou 300 mètres plus tôt, ne me rattrapent.

il n’y a personne au monde
que je souhaite éblouir
qu’est-ce que vous dites
de ça, madame ?

Le tube rouge et le jaune sont les deux parties d’une même torche ; je précise que ces signaux de sécurité sont les mêmes partout en France et que les couleurs n’ont aucun rapport avec la proximité (700 m à vol d’oiseau) du terrain où s’entraîne l’équipe du RC Lens et du technicentre où sont volées ces torches (il faut dire que les portes des locomotives ne sont même pas verrouillées, on y entre comme on veut).

Retour sur le NPR 23 des lapins. Je pensais qu’il serait décroché ou vandalisé dans la journée mais j’étais surprise, ce matin, de constater qu’à l’inverse, il avait été tourné de manière à être mieux placé sur le poteau – même si, de ce côté de la route, il ne fait plus vraiment son travail de signalisation. Disons qu’il tombe mieux, comme on pourrait le dire d’une robe.

Je doute que ce puisse être une prouesse du vent ; je pense plutôt à une complicité humaine – ou peut-être ai-je un regain de foi en mes congénères depuis que des voisins de la Quatrième Dimension, après avoir vu mon NPR 26 des indices proprioceptifs, m’ont démasquée (trop forts) puis contactée, usant de la discrète nouveauté de ce blog : la page contact*. J’en étais toute joyeuse.

* Elle date de mercredi… Qu’est-ce que vous dites de ça, madame ?

/ 3 : Oiseaux d’eau noirs

Ce matin, les animaux étaient joyeux et nombreux près du terril de Noyelles, les lapins surgissaient de toutes part et les oiseaux mêlaient leurs chants. Un cygne a craché quand j’ai essayé de lui parler, il s’est vexé que ça m’amuse, un héron s’est envolé alors que je disais bonjour à des poules d’eaux, foulques et grèbes huppés, me réjouissais de voir sympathiser un colvert et un Duclair (j’avais assisté, mercredi, à un tel rapprochement sur la Deûle, au retour de Lille). Pour accueillir ces canards noirs à jabot blanc apparemment d’origine normande, voici un /3 consacré aux oiseaux d’eau noirs que l’on rencontre à Noyelles-sous-Lens. Ci-dessous, un canard de Duclair , un cygne noir et une foulque macroule Jésus. Pas de poule d’eau, non (ça ferait un / 4 et ce ne serait pas un nombre premier), pourtant je dois confesser une tendresse toute particulière pour les gallinules. Chaque fois que je vois une de ces poulettes courir vers le canal, mon cœur fond, j’ai envie de déposer un baiser très délicat au sommet de son crâne. Les photos ne sont pas nettes, il était très tôt et le ciel est plombé ce matin.

NPR 28 du bon souvenir

Troisième et dernier épisode de cette trilogie d’anniversaire. Il y a trois ans, il était à peu près cette heure-ci quand j’ai rencontré le Monstre. Grand Jeu Concours ! Devinez où a été prise cette photo – à moins que vous ne veniez de tomber sur ce blog pour quelque obscure raison, vous devriez reconnaître le lieu.

pourquoi les monstres
ne garderaient-ils pas
un bon souvenir de ceux
qu’ils ont suppliciés ?

(Or je ne souhaite pas que ma tortionnaire garde un bon souvenir de moi.)

Réponse à notre Grand Jeu Concours : j’ai prélevé la branche à moitié calcinée sur laquelle est punaisé ce NPR dans un cercle de gravats où refroidissait un récent feu de camp, et ce feu de camp avait flambé sur… le terril du psychopathe, bien sûr.

NPR 27 du merveilleux moment

Merci d’avoir patienté. Il est midi et nous sommes de retour pour commémorer les trois ans de ma rencontre avec le Monstre. Vous aurez du mal à le croire mais les deux photos ci-dessous ont été prises à la même heure, ce matin. Je me suis assise sur un tronc d’arbre coupé, au bord d’un champ, en short par 2° C, pour contempler le lever du soleil sur le terril de Méricourt en même temps que je préparais ce petit carton mais aussi ceux des NPR 28 (en ligne ce soir) et 29 (en ligne demain), dont l’idée m’était venue quelques minutes plus tôt, au fil de mon parcours. Car mon nouveau plaisir est d’improviser les NPR (c’était déjà le cas des NPR 26 du flûte alors, NPR 25 inoubliable et NPR 15 des terminaisons nerveuses), ce qui implique de courir avec un petit sac à dos pour disposer d’un minimum de matériel – divers types de papier, punaises, scotch, ciseaux, perforatrice, ficelle, stylos. Le seul inconvénient de ce procédé, c’est qu’il morcelle considérablement mes courses à pied : je ne ferais pas ça tous les jours, parfois j’ai besoin de sentir le crescendo de l’endorphine épouser sans entrave celui de la musique, disons par exemple celui de Love, Lovers, la dernière tuerie de Jenny Hval au sein de son duo Lost Girls (un morceau irrésistible, qui musicalement ressemble un peu à la rencontre de Kelly Lee Owens avec Nisennenmondai dans une montée à la SØS Gunver Ryberg mais sans cesser d’être du pur et unique génie Hval).

On devine le NPR à contre-jour sous ce lever de soleil flamboyant.

Suite et fin de cette journée festive, ce soir.

NPR 26 du flûte alors

Aujourd’hui, je vous propose une journée de festivités pour les trois ans de ma rencontre avec celle que j’appelle désormais le Monstre (top 3 dans mon palmarès de perverses, qui se limite à 3 individus – par chance, je rencontre aussi de chouettes personnes). La professionnelle de santé mentale qui assure la maintenance de mon cerveau depuis près de quinze ans comprend ma tristesse et ma déception mais ajoute, pour me consoler : Elle vous aurait détruite. Je hoche la tête, j’ai cessé de me débattre contre l’évidence. Je dis juste, Flûte alors, j’aimais tellement ce monstre. Mais trêve de pensées larmoyantes, que la fête commence.

D’abord, en douceur.

Le slogan peint sur le mur de béton n’est pas de moi – je suis très rigoureuse, j’aurais mis un tiret entre aimez et vous ; cela dit, je salue (selon la formule du moment) l’accent circonflexe et cette écriture cursive à laquelle la mienne fait écho en tout petit.

elle ne veut plus
je l’ai froissée
sans le faire exprès

Je me demande si quelqu’un répondra à ma réponse ; ça me plairait beaucoup mais j’ai désormais un peu de mal à rêver.

Comme le chantait Morrissey quand j’étais une jeune fille,

I’ve come to wish you an unhappy birthday
Cause you’re evil
And you lie

La suite ce midi et le troisième volet ce soir – oui, c’est comme un traitement antibiotique.

NPR 25 inoubliable

Ce NPR 25 est une mini série en deux épisodes, en hommage à une ex avec qui je ne suis pas restée amie (ce qui est bien dommage parce que c’est une fille attachante, talentueuse et drôle, trois qualités plutôt rares) mais que j’ai toujours plaisir à croiser de temps en temps. Cette semaine, je me suis rappelé quelques-unes de ses tirades. Son plus gros défaut est l’orgueil mais elle en a conscience et, pour compenser ce trait de caractère plutôt ingrat, elle a développé une autodérision et une franchise qui m’amusent toujours autant.

ok, elle a dit
mais je te préviens
je ne serai jamais ton amie
j’ai besoin de croire
qu’on ne se remet pas
de moi

Elle avait employé l’adjectif inoubliable qui donne son titre à cette mini série réversible et que l’épisode 2 approfondit ci-dessous.

Je me suis rappelé ces phrases au cours de mes réflexions ménagères (l’aspirateur laisse tant de place aux pensées parasites) sur la raison qui peut pousser un adulte à user d’un procédé prisé par les adolescents, consistant à faire comme si quelqu’un n’existait pas et qu’ils appellent ghoster. Ma théorie est que l’on choisit de disparaître dans l’espoir, forcément pathétique et vain, de se rendre inoubliable quand on n’a pas d’autre ressort que le mystère pour marquer durablement un esprit, ni l’humour que veut honorer ce NPR.

NPR 24 du petit cajun

Je n’ai pas accroché ce NPR devant le site d’Annay-sous-Lens qui évoque le plus le bayou : il aurait fallu le ficeler à un arbre, ce à quoi je ne peux me résoudre, en l’absence de signalétique à parasiter – tant mieux, la signalétique est à mes yeux une pollution visuelle au même titre que les dépôts d’ordures.

Des arbres qui grincent

Quelque chose grince, remarquait mon amie, l’autre jour, sur un sentier boueux en contrebas de mon chemin fétiche du moment – car non seulement nous avons des cavaliers mais bien souvent nous avons des sentiers parallèles, sauvages, en aval. Je ne me lasse pas d’entendre les vieux arbres grincer comme des portes de manoir hanté, ni de regarder leurs formes tortueuses pousser en tous sens, leurs branches mêlées de lianes bruissant d’oiseaux et d’écureuils, leurs troncs couverts de mousse et de lierre.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est arbres-4.jpg.