Ce matin, j’ai fait un tour à Hollywood. Pour commencer, une image tellement américaine…

Une vue de Hollywood Boulevard, en plein Walk of Fame.

Comme à Downtown, la splendeur et la misère se côtoient de près. Les sans-abri sans innombrables au pied des palaces.

Le sens du spectacle…

Je n’avais jamais parcouru l’intégralité du Walk of Fame ; c’est désormais chose faite. J’ai trouvé tous les noms que je voulais, Katharine Hepburn, Cary Grant, Judy Garland, Fred Astaire, Ida Lupino, etc. Lana Del Rey n’a pas encore d’étoile, bizarrement, mais j’ai trouvé son recueil de poésie à Amoeba Records (où je vais chaque fois que je passe à L.A., même quand je ne suis pas accompagnée par une collecionneuse de vinyles…)

Le mythique bâtiment en forme de tour de vinyles, Capitol Records, que l’on voit aussi dans des dizaines de films – un véritable landmark de Los Angeles, parfois même utilisé comme establishing shot, cette image en ouverture de film, voire de générique, qui vous situe immédiatement l’action.

Et comme Downtown, Hollywwod a ses arrière-mondes…

L’après-midi, j’ai fait des repérages pour une scène de mon roman, que je vais devoir / pouvoir considérablement réviser après avoir suivi l’itinéraire de mon personnage. En chemin pour la L.A. River à Silverlake, j’ai fait un crochet pour voir les Snow White Cottages (cottages de Blanche-Neige), où vit Diane dans Mulholland Drive.

La première fois que je suis venue à L.A., il y a un peu plus de trois ans, nous étions allées voir la résidence de Betty dans le même film :

Puis je suis allée découvrir la maison plus modeste où, après avoir étudié des vues immersives sur Google Maps, j’avais décidé de faire vivre l’un de mes personnages. Mais il manquait à cette méthode une dimension que seule une visite à pied peut révéler : l’atmosphère. Et clairement, Nora ne peut pas vivre là où je l’avais décidé. J’ai donc commencé un travail de repéreuse (je rêverais de faire ce boulot pour le cinéma, moi qui n’aime rien tant que d’explorer des topographies) pour trouver un lieu qui lui ressemble plus. Et j’ai fait avec elle le début de footing qui l’amène au bord de la L.A. River pour faire son yoga – c’est là que son destin bascule. D’abord, j’ai changé son itinéraire. Ensuite, la scène se passe dans un parc aménagé au bord du fleuve de béton, à un endroit où le débit d’eau et la végétation sont particulièrement remarquables (pas de courses-poursuite en voiture possible sur ce segment-là – encore que…)

Mais ce que j’ai immédiatement compris, c’est que ce segment était habité. Pas seulement par les canards.

Dans la scène d’ouverture de Nick of Time, la seule scène que je n’aime dans ce film, Johnny Depp et sa fille arrivent à Union Station en train et la fillette observe par la fenêtre des sans-abri qui lavent leur linge dans la River et vivent sur ses bords ; j’ai assisté au même genre de scène aujourd’hui.

J’ai d’abord pensé que j’allais devoir changer de lieu aussi pour le yoga de Nora mais, après avoir observé dans cet environnement les joggeur-ses et les coureurs cyclistes (uniquement des hommes) harnachés comme pour le tour de France, je me suis dit qu’en fait, c’était l’endroit qu’il me fallait pour aboder la question de la cohabitation très étrange entre les classes sociales dans l’espace public de Los Angeles – un espace public qui, par ailleurs, s’avère beaucoup plus intéressant que les observateur-ices européen-nes ont pu l’écrire (pour commencer, il existe bel et bien, ce que peu de sociologues seraient capables d’admettre).





























