Des rêves

Cette nuit, j’ai rêvé que je répondais à quelqu’un, « ce serait comme cartographier un paysage nocturne » et je me suis demandé si je tenais là une piste de nouveau projet. Hier, j’ai retrouvé dans mon dossier CASSE (ce dossier où je vais récupérer des petites pièces selon les besoins de mon travail en cours) des poèmes que j’avais écrits en 2017 et 2018 et deux d’entre eux, qui racontaient des rêves, m’ont beaucoup amusée. Le premier (qui ne devait pas beaucoup m’amuser quand je l’ai fait) :

dans mon rêve tu découpais le sol de la ville
avec ses raccords de bitume et ses anfractuosités
en carrés dont la longueur des côtés devait être
un multiple de 13

ensuite un rat me poursuivait dans la rue
il portait un costume de la Saint-Patrick
et je me rappelle t’avoir dit qu’il était aussi gros
qu’un kangourou

puis un ami cher m’annonçait que pendant 13 mois
il ne verrait que trois personnes parmi lesquelles
l’une de celles qui se font un loisir de me haïr
et pas moi

(Sur Internet, les livres sans images n’existent pas aussi voici une photo de moi prise à l’époque où j’ai écrit ces poèmes – pourquoi pas ?)

un extrait du second :

cette nuit j’ai rêvé que je buvais un verre avec
Isabelle Bonat-Luciani et Nathalie Kuperman
nous avions tellement de choses à nous raconter
que nous nous envoyions des sms tout en
parlant – je ne me souviens pas de quoi

Le truc le plus drôle est que j’ai relu ces poèmes en cherchant quelque chose que je souhaitais envoyer à ladite IBL et que, peu après, elle m’envoyait un sms.

/ 3 : Des baies

Ces baies sauvages, vous savez si elles sont comestibles ? Tiens, en arrière-plan on voit mes copines Marie-Thérèse et Christiane, je n’avais pas remarqué leur présence quand j’ai pris la photo.

/ 3 : Louisiana breakups

Ma chanson de geste paraîtra en mars 2021, comme je viens de l’apprendre. J’ai hâte ! On y entend pas mal de musiques de Louisiane parce que (vous le verrez) la Louisiane et le Pas-de-Calais ont de nombreuses similitudes.  Un certain nombre de ces musiques ont trait à la rupture car le Louisianais se sépare beaucoup. Vous aurez de la rupture des versions cajuns,

zydeco

et rhythm and blues New Orleans.

/ 3 : Des USA d’ici (1)

Le Mustang Burger de Méricourt (que l’on peut voir dans mon expo Ligne 18) n’est pas le seul diner qui rende hommage aux USA dans l’agglomération Lens-Liévin. Grenay, assurément, est une ville américaine. On le voit ici près des maisons penchées (je vous les présenterai bientôt),

et là près du cimetière / galerie d’art (à suivre aussi).

Quant à  la République d’Avion, elle n’a peut-être pas de diner mais combien rétro est sa baraque à frites (ainsi que l’on appelle les friteries dans les Hauts-de-France) .

White trash

Deuxième jour de shooting avec mon amie Carrie, qui m’a commandé un visuel pour la pochette de son premier EP, White Trash, qui dépeint la vie dans l’étang de Noyelles-sous-Lens avec le mordant qu’on lui connaît (on le retrouve ici), un disque de punk R&B très très novateur. J’opterais personnellement pour la première image, que je trouve plus mystérieuse et qui a ce petit truc cheap très en vogue dans mes chères musiques expérimentales

tandis qu’elle pencherait plutôt pour celle-ci, où elle se trouve plus à son avantage (Pis c’est cheap quand même, dit-elle, j’ai pas fait appel à toi pour rien).

Ce qu’elle voudrait au fond c’est une pochette comme celle du dernier EP de Loony mais elle n’a pas d’imper et les voitures ne sont pas autorisées au bord de l’étang. C’est compliqué.

Mon manuscrit en cours / 17 héroïnes

J’y travaille depuis le 17 juillet. Il s’agit d’un texte que je proposerai peut-être sous pseudo – ou peut-être pas, peut-être avais-je juste besoin de penser que je le ferais pour libérer mon écriture sans me soucier de la suite. Quelques-unes de mes héroïnes musicales m’accompagnent dans l’écriture et dans la vie qui l’entoure (non pas cette fois des musiciennes expérimentales mais des musiciennes de l’autre champ qui m’aimante – celui-ci depuis l’adolescence – à savoir celui du jazz et de ses dérivés proches et moins proches), certaines y sont mentionnées. L’une d’elle y tient même un rôle capital ; c’est elle, ma super héroïne :

Ah oui, j’ai décidé de ne pas indiquer qui sont ces grandes dames. La première personne qui reconnaît chacune et trouve le moyen de me faire parvenir son bulletin réponse gagnera une compilation maison de leurs musiques. Et maintenant, si l’on considère que le génie existe, en voici assurément un :

Et d’autres amies encore :

Alors elle, elle est proprement hallucinante, elle fait tout, joue de tous les instruments, enregistre ses pistes sur un matos sans prétention (c’est le moins qu’on puisse dire) et le résultat, dépourvu d’artifice, frappe au ventre très fort.

Si j’ai décidé d’inclure dans ma sélection la demoiselle ci-dessous, c’est surtout pour son (sublime) dernier opus, paru le mois dernier, un EP avec lequel j’ai une histoire particulière parce qu’elle y retrouve l’une des batteuses les plus inouïes que je connaisse et qu’elle avait employée sur scène par le passé – je les ai vues en concert à Cambridge, il y a deux ans, la batteuse était sidérante et quand je lui ai demandé si elle avait d’autres formations, elle en a cité une dont j’avais justement un album (expérimental, en l’occurrence).

Elle, je l’ai connue par le biais d’un featuring sur le premier LP de la super-héroïne n°1 là-haut.

Elle, sa musique est un onguent comme peut l’être aussi celle de Tirzah (la Tirzah du LP plutôt que des EP), qui ne figure pas dans cette petite galerie (on la voit assez dans Le sel de tes yeux).

 

/ 3 : Pas voir le jour

Avant le lever du jour il arrive que je coure dans des lieux dépourvus d’éclairage public et mon amour me dit d’être prudente mais je l’arrête avant qu’elle ne me raconte le dernier fait divers entendu à la radio. Sur mon itinéraire, il y a notamment un chemin qu’obscurcit encore une tonnelle végétale naturelle et qui pendant deux kilomètres n’offre guère d’échappatoire en cas de mauvaise rencontre mais je n’y pense pas, j’ai juste peur d’écraser des limaces ou des escargots, ce qui par chance ne s’est jamais produit.

Parfois je voudrais vomir mon espèce jusqu’au dernier cil quand j’ai conscience de vivre dans une civilisation capable de ruiner des océans de manger des animaux ou de tuer des joggeuses et ces jours-là je voudrais ne jamais avoir vu le jour.

La plupart du temps, j’essaie de ne pas regarder le monde en face, je me plonge dans l’écriture, invente d’autres inadaptées que moi et leur confie mon mal d’humanité (comme on dit un mal de mer car en fait ce n’est pas un goût personnel, c’est un dégoût viscéral) . J’y arrive aussi quand je cours avant le lever des congénères dans des lieux où ils n’ont pas installé la lumière et que je ne vois littéralement pas le jour.

Autumn in Noyelles

Ce matin, premier jour de l’automne, la brume noyait ma prairie alors j’ai lacé mes baskets et filé au terril de Noyelles-sous-Lens dont je devinais les promesses, une heure avant le lever du soleil. Sur le chemin de halage dépourvu d’éclairage public, j’avais l’impression de courir dans un paysage abstrait, je ne voyais pas où je posais les pieds, je distinguais juste les masses sombres des arbres à ma gauche et du canal de la Souchez à ma droite, et j’entendais  les chants et cris des oiseaux d’eau avec une netteté d’autant plus dolby surround.

De loin en loin, des lampadaires dans les rues en amont morcelaient l’espace plus qu’ils ne le révélaient.

J’ai tenté le flash avec des résultats très intéressants dont voici le plus lisible.

Sans, ça donnait ça.

J’entendais aussi parfois le grésillement typique des lignes électriques et devinais les pylônes bien avant de les voir.

Rencontres du troisième type a été un moment intense de ma course à pied ce matin.

Puis le jour (soleil) a commencé à se lever de sorte que j’ai pu distinguer la silhouette de mes amis.

Depuis la passerelle,

le canal n’était encore qu’une promesse floue.

Vers les bois ça restait assez sombre,

sauf dans les trouées qui offraient une vue sur l’eau

et ce jusqu’à l’étang du Brochet,

étang qui ce matin s’étendait, semblait-il, à l’infini.

Et là-haut, au sommet du terril 94,

Caspar David Friedrich aurait carrément pris son pied (chaussures de rando recommandées).

Comme on le devine, je n’ai croisé personne aujourd’hui, mes congénères étant apparemment (et à mon enchantement) solubles dans la brume.

Au retour, je suis passée voir mes amis : ceux des lapins qui ont survécu à un premier dimanche sous les tirs des enflures à fusil (qu’ils crèvent dans leurs gilets oranges et d’atroces souffrances), Dinah, Danny et Carrie – cette oie de mon cœur dont voici l’étang ce matin

Et vers chez Danny, j’ai particulièrement aimé cette vue. C’était ma première course à pied de l’automne 2020.