Ce n’est pas une découverte pour les vegans, mais si la presse (ici, Libé) commence à en parler, si l’info atteint jusqu’aux humain-es que le bien-être animal indiffère mais pas leur propre pérennité, peut-être obtiendrons-nous quelques avancées vers une civilisation moins barbare (ok, je rêve)
PS : oui, je sais, mais qui se soucie encore de l’intégrité de la langue française en pleine fin du monde ? Pas moi en tout cas
* Le titre de ce billet me vient d’une phrase que j’ai entendue cet été à la campagne près d’Angoulême, dite par une dame à son mari alors qu’iels cherchaient leur chemin : « C’est pas marqué ». Cette phrase m’a tellement fait rire que j’en aurais bien fait le titre d’un livre (sans doute parce que, outre qu’elle révèle combien la signalétique nous a décérébré-es, l’emploi du verbe « marquer » dans cette acception m’horripile, j’en feulerais).
La première fois que j’ai découvert une réplique de la grotte de Lourdes, c’était à Mons-en-Barœul, à l’époque où je courais avec un appareil photo (une pratique peu appréciée par sa délicate anatomie et qui lui a valu, après une floraison de scotomes, une mort assez rapide). J’étais d’autant plus amusée qu’il s’agissait d’une grotte privative, dans le jardin de particulier-es. Les années suivantes, je suis tombée par hasard sur neuf autres répliques puis j’en ai cherché d’autres, bien que je sois farouchement athée + anticléricale : elles m’intéressent en tant qu’éléments étonnants (et monumentaux) du paysage et c’est à ce titre qu’elles ont fait cet été l’objet d’une série de photos comme j’en développe tant – des photos certes moches car prises avec un appareil médiocre et une technique pas mieux mais je n’ai aucune prétention en la matière, je veux juste montrer des choses. Aujourd’hui, des messes vont avoir lieu devant ces grottes de petites paroisses un peu partout en province, puisque (si j’ai bien compris) les catholiques fêtent le départ de la Vierge Marie pour le royaume de Dieu. Voici donc une sélection de répliques dans l’ordre alphabétique des villes et villages qui les accueillent ; des grottes avec ou sans Bernadette Soubirous, prises dans une ferme, dans des lotissements, des parcs, des forêts, derrière des églises, des cimetières, en périphérie de villages, en bord de zone industrielle et même dans la cour d’une école.
grotte d’Annequin
grotte d’Aubers
grotte d’Auchy-les-Mines
grotte de Barlin
grotte de Bersée
grotte de Bouvines
grotte de Clairmarais (à l’orée de la forêt du même nom)
grotte d’Erchin
grotte de Guarbecque (cour de l’école Sainte-Bernadette ; photo prise par-dessus un mur, à bout de bras et donc sans vision…)
grotte de Haucourt
grotte d’Isbergues
grotte de La Gorgue
grotte de Lallaing (ferme de Germignies)
grotte de Lapugnoy
grotte de Lécluse
grotte de Marquette-lez-Lille
grotte (privative) de Mons-en-Baroeul
grotte de Morbecque (à l’orée de la forêt de Nieppe)
grotte de Sailly-Labourse
grotte de Saint-Jans-Cappel (Villa Yourcenar)
grotte de Sin-le-Noble
grotte de Souchez
grotte de Wahagnies
grotte de Wambrechies
Laquelle voudriez-vous dans votre jardin ?
J’ai aussi pris des photos de détails qui me plaisent bien, j’en ferai peut-être un post ultérieur. Je ne vous dévoilerai pas, en revanche, le contenu du livre d’or (ou livre de prières si vous préférez) à la disposition des croyant-es de Clairmarais. En voici seulement un extrait : « Notre Dame, Priez pour nous, mes enfants, petits-enfants, ma sœur et mon frère et leurs proches, mon petit chien et tous les animaux de la terre. Et moi-même… Amen »
Quand j’ai entendu le nom « Covid-19 » pour la première fois, j’étais en train de vivre l’une des plus belles années de ma vie. J’avais une merveilleuse fiancée, je venais d’emménager dans ma nouvelle maison, où je désignais un certain nombre de phénomènes inexpliqués du nom de Polty et, deux semaines par mois, j’étais en résidence au Triangle de Rennes, où j’écrivais un roman de fantôme qui jouait avec tous les codes du genre. La Poussière est aussi une allégorie de la lutte des classes – le quartier imaginaire où se déroule l’histoire est un décalque du Blosne, la ZUP sud de Rennes. Enfin, c’est le seul de mes romans pour adultes dans lequel on trouve un personnage d’enfant, ça ne risque pas de se reproduire alors on en profite. Ce roman a connu un sort mouvementé pendant ces six dernières années, mais enfin le voici, aux éditions Cambourakis. Il paraîtra le 2 septembre.
L’image de couverture, comme celle de Colline, est d’Aurélie Taillepied.
J’aime tisser des liens entre mes différents textes ; ici, on retrouve la toile que j’évoquais déjà dans Terrils tout partout (éditions Cours Toujours), une toile qui appartenait à mes grands-parents maternels et que j’ai récupérée quand nous avons dû vider leur maison (c’est l’un de mes biens les plus précieux sentimentalement)
et des chansons de Louisiane que l’on entend aussi dans La Geste permanente de Gentil-Cœur (éditions de l’Attente), dont celle que vous pouvez entendre ici, Faut tu Voir de Bonsoir, Catin (catin veut dire jeune fille en cajun)
et Danse Kalinda Ba Doom de Dr John
Quatrième de couverture : Un quartier prioritaire, en marge d’une grande ville. Laissant derrière elle ses fantômes, « l’invitée » arrive en résidence dans l’ancienne conciergerie d’une institution culturelle. À quelques pas de là, Marilyne vit dans un logement social avec sa fille Léna, dont les seuls amis sont les écureuils – jusqu’à ce qu’elle fasse la connaissance de Pierrette. Le problème, c’est que Pierrette est morte avant même que la campagne environnante ne soit enfouie sous les grands ensembles, il y a plus de cinquante ans. Et que la nuit, Pierrette entraîne la petite fille dans les méandres de la cité, au fond des puits, au bord d’un mystérieux ruisseau qui coule sous le béton. Pierrette blanchit les cheveux, saccage la vaisselle et tapisse les murs de sang. À mesure que le phénomène s’intensifie, Marilyne et l’invitée s’enfoncent dans un labyrinthe urbain aux contours insaisissables, où la mort semble contagieuse. Roman de fantômes, La Poussière désigne l’enclave de la cité comme un château hanté où les dissonances sociales, culturelles et intimes s’entremêlent jusqu’à brouiller les identités.
Photos prises ce matin entre Vendin-le-Vieil et Hulluch : voiture versée, comme on disait au 19è siècle (il existe même un opéra-comique de Boieldieu qui porte ce nom), caddie pas mieux et jambes en l’air.
Ici, homo sapiens a eu soif. Ici : au bord du canal, sur les segments dont la collectivité a rasé la ripisylve pour le confort à court terme de ses usager-es. Homo sapiens a eu soif, et homo sapiens a bu, ensuite de quoi il a détendu les muscles de ses pouces opposables, lâchant les contenants à l’endroit exact où il les a vidés de leur contenu, de sorte que sur la pelade de végétation jaunâtre laissée sur la berge par des messieurs en gilet orange fleurissent désormais – en lieu et place de la coronille bigarrée, de la vipérine, des ombellifères, de l’aigremoine, de la tanaisie ou encore de l’épilobe à feuilles étroites – des bouteilles de Cristalline, des pochettes de Capri Sun et des canettes de soda écrasées. Homo sapiens a eu soif et ça ne risque pas d’aller mieux.
Les animaux non-humains aussi ont soif. Ils luttent pour leur survie dans leur habitat fragmenté (qui pour mémoire est au mieux un patchwork de zones piégées, d’enclos et de chasses gardées) ; parfois, l’issue est fatale. La semaine dernière, j’ai rencontré une jeune chevrette sur un chemin de halage près de Béthune ; elle se penchait vers l’eau, j’ai souri qu’elle semble s’intéresser à une famille de canards dont les petits étaient encore au stade de poussins. Je l’ai revue hier – non : j’ai vu ce qu’il reste d’elle, un cadavre enflé, nauséabond, en décomposition à la surface du canal. Elle devait avoir soif, elle aussi, elle a dû tomber dans l’eau et nager jusqu’à épuisement de ses forces, car il n’y a aucun endroit où elle aurait pu trouver une prise pour remonter sur la berge.
J’ai découvert son abominable sort hier, j’ai vu sa grâce et son innocence envolées ; ce matin, au bord d’un autre canal, j’ai vu les détritus d’homo sapiens. Et je n’ai pas souhaité le meilleur à mon espèce dégénérée.
Ce trimestre dans Revue & Corrigée, je mentionne quelques compositrices et musiciennes iraniennes ou d’origine iranienne – il ne s’agit évidemment pas d’un inventaire exhaustif, d’abord parce que je ne connais pas tout le monde et ensuite parce que je ne dispose que de 1000 mots… On y trouve Ghazal Faghihi, Pantea Armanfar, Maryam Kiani, Roxanna Albayati, Fari Bradley, Shiva Feshareki, Gisou Golshani, Sahar Homami, Sarvenaz Mostofey, Hani Mojtahedy, Rad Samar (Mentrix), Shabnam Parvaresh, Mona Matbou-Riahi, Rojin Sharafi, Aftab Darvishi, Nesa Azadikhah, Niloofar Ashgary, Sara Bigdeli Shamloo (SarrSew), Nina Maghsoodloo, Honey Haq Pazhutan (Wind8), Kimia Koochakzadeh-Yazdi, Maryam Sirvan, Soho Rezanejad, Bahar Royaee, Aida Shirazi, Taraneh Schmidt (Taranoya), Sholeh Asgary, Maral Mahmoudi (Maral) et Niloufar Shiri
On y trouve aussi un entretien de six pages avec Floy Krouchi.
Le sommaire est assez remarquable – il semble déjà loin, le temps où, quand on lisait cette revue, on avait l’impression de vivre dans un monde où les femmes n’existaient tout simplement pas…
Dimanche prochain, si la canicule n’a pas fait fondre les voies ferrées, Wendy Delorme et moi parlerons d’écriture à quatre mains au festival de Montbron.
Basta Now : Bzz-Ho-Ay-Ee-Oooo a été diffusé aujourd’hui et on peut désormais l’écouter ici. Please faites-le, c’est mon meilleur mix à ce jour (enfin, avec celui-ci…)
Synopsis : Jennifer Walshe (en photo ci-dessus) tente de yodeler avec des amies perchées sur des montagnes lointaines, mais il y a de la friture sur la ligne. Qu’est-ce que c’est ? se demandent-elles. Eh bien, c’est le bourdonnement de nombreux diptères. Alors, le yodel et le bourdonnement s’affronteront-ils, ou assisterons-nous au début d’une symphonie à ce jour inouïe ? La communication triomphera-t-elle à la fin ? Parviendrons-nous à nous débarrasser du langage de la domination ? Et quand ce sera fait, que restera-t-il ? Bzz-Ho-Ay-Ee-Oooo
Tracklist :
CLARICE JENSEN – One Bee (excerpt) MAGGIE NICOLS – Noticing ANNE GILLIS – Ondulatoires JENNIFER WALSHE – The Dowager Marchylove, The Wasistas of Thereswhere URSULA HÄSE – YodExpAli YOKO ONO – Fly (excerpts) PROPAN – Murd (feat. Johanna Orellana & Harald Lassen) SHITNEY – Do you Like it? GHAZAL FAGHIHI – Ismail BEIßPONY – For All That Fall MACIE STEWART & LIA KOHL – Honey Not Sweet AI YAMAMOTO – Summer HELEN SVOBODA – When it Rains LEA ARAFAH, RITAMARIA – Depois do fim do mundo BETHAN KELLOUGH – A Song of Wings HANNAH PEEL & BEIBEI WANG – Awaken The Insects TYGAPAW, JULIANA HUXTABLE – Exorcise the Language of Domination
Et maintenant je vais vous raconter ce qui s’est passé, exactement, dans cette montagne.
*Yoko Ono, au cas où vous ne seriez pas physionomiste
J’ai deux contributions ce trimestre, ma chronique habituelle, Brouillon Permanent, et un entretien avec Floy Krouchi. Le sommaire est assez exceptionnel, avec une grande majorité de femmes – je constate d’ailleurs que Valérie Vivancos a rejoint la team. Voilà qui s’annonce très réjouissant…