Je n’ai pas grand chose à montrer aujourd’hui. J’aurais pu prendre de superbes photos sous le déluge mais si j’avais fait ça, je n’aurais plus d’appareil photo – ou de téléphone portable. J’ai quitté mon antre de Santa Monica juste à temps ; ma nouvelle amie Kathryn est venue me chercher en voiture sous la pluie torrentielle alors que dans l’antre, le toit commençait à fuir, il gouttait à trois endroits différents, deux auprès de prises de courant. Sur l’autoroute, des mares géantes occupaient parfois plusieurs voies, les véhicules en décrochaient des gerbes d’eau spectaculaires et sur les voies de droite, certains avaient de l’eau jusqu’aux portières. C’était très impressionnant. Nous avons déjeuné dans un très chouette petit restaurant vers Echo Park et nos discussions m’ont vite fait oublier Santa Monica. Je ne remercierai jamais assez Kathryn pour sa présence – la qualité de sa présence, sa douceur, la richesse de nos échanges. Puis je suis arrivée à mon hôtel et quand je suis entrée dans ma chambre immaculée, délicatement parfumée, au cinquième étage, j’aurais pu pleurer. Quand il s’est arrêté de pleuvoir, je suis sortie faire un tour dans les rues plus désertes que jamais de Downtown (jour férié de déluge oblige) et une fois de plus j’ai été fascinée, soulevée, bouleversée par cette splendeur décadente. Je me suis arrêtée faire quelques courses et suis rentrée du supermarché sous une pluie battante qui a duré tout juste le temps de mon retour à l’hôtel – je ne peux pas consulter la météo heure par heure, voyez-vous, sinon j’aurais attendu à l’abri en prenant des photos. Malgré ma cape de pluie, la moitié de mes vêtements est en train de sécher dans la salle de bain et j’ai l’impression de gâcher la délicatesse des lieux. Comme si la poisse de m’être pris cette averse était un résidu de la crasse de SM que j’amènerais avec moi dans ce bel hôtel très chic. Quand je suis sortie de la salle de bain, la chambre était inondée de lumière.

(Il y a certes des traces sur les vitres – il s’agit de vitres de 2,50 de haut qu’on ne peut pas ouvrir – mais croyez-moi, le reste est rutilant)
La vue depuis ma table, puisqu’ici, j’ai aussi une table sur laquelle travailler. Côté droit (j’ai oublié de préciser que cet hôtel se trouve à une extrêmité de la rue qui m’obsède le plus à Downtown – et m’obsède littéralement, depuis plus de trois ans -, à savoir Broadway) :

Côté gauche, plus tard dans la journée :

Une photo prise depuis le toit de l’hôtel :

Ce billet me voit renouer pour la première fois depuis quatre ans avec ma vieille tradition des Jambes en l’air (si vous nous rejoignez, il y a une catégorie Jambes en l’air sur ce blog, aujourd’hui réduite à un best-of mais qui jadis était alimentée au quotidien). Ce déménagement valait bien ça.























































































