rétention de canetons (suite)

Il fait désormais partie de mes tâches quotidiennes d’aller nourrir les canetons prisonniers, SOS Faune Sauvage étant actuellement indisponible dans le département. J’ai découvert qu’ils aimaient beaucoup le millet, c’est pratique parce que les grappes flottent (ça aide). Ils aiment aussi le blé (j’ai enfin réussi à m’en procurer un grand sac – j’ai tout de même sept becs à nourrir). Ce n’est sans doute pas assez varié mais on fait ce qu’on peut. Demain, je leur apporterai aussi de la salade de mon jardin.

Ci-dessus, l’effet millet, ci-dessous l’effet blé.

La bonne nouvelle du jour, c’est que quelqu’un (sans doute un.e employé.e du supermarché, donc) a ouvert la grille qui rendait impossible l’accès au bassin et y a accroché une planche. Il aurait fallu y clouer des tasseaux de manière à constituer un mini escalier parce que, malgré leur volonté de se percher, voire de s’élever, les petit.e.s glissent très vite et retombent le bec dans l’eau.

67/7 : trouvez l’intrus

Hier, lors de la deuxième partie de mes (26+41) km du jour, j’ai pris un certain nombre de photos, comme je le fais presque toujours, ensuite de quoi je les ai triées, puis j’ai fait la sélection que voici et je me suis rendu compte que les images avaient toutes un point commun – sauf une.

Je suis partie de chez mon papy à Chocques. Il a 95 ans et a cessé de conduire il y a deux mois, ce qui représente à la fois un changement dans la logistique familiale mais aussi un symbole fort qui a teinté ma promenade de mélancolie. Un jour, on sait qu’on ne verra plus jamais la maison de ses proches, qu’on ne traversera plus jamais les paysages de toute une vie. Une rencontre que j’ai faite en cours de chemin n’a rien fait pour me détacher de ces pensées.

Il y a des choses bizarres à Béthune, où je suis née. Il y a une zone commerciale qui est aussi une ZI, près du canal d’Aire ; ce mélange à lui seul serait étonnant mais au beau milieu de ces hangars géants, il y a un bar à tatouages (si j’ai bien compris le concept) et là, des dizaines, sinon des centaines de bikers et affilié.e.s sont attablés dans une ambiance festive et un décor semi rétro semi industriel. Mais je n’ai pas pris de photos parce que des centaines de personnes seraient venues, à raison, me brandir leur droit à l’image sous le nez. Un peu plus loin, ce vélo géant m’a fait sourire parce qu’il est exposé sur un rond-point qui est aussi, ordinairement, une véritable machine à broyer les cyclistes. Mais hier, un dimanche soir d’août, on pouvait y survivre.

Puis j’ai été en sécurité au bord du canal, une fois descendue sous ce pont d’Essars.

Le pont vu d’en-dessous – on ne le devine pas mais il est très haut, ces tuyaux noirs fort appréciés des pigeons sont énormes.

Après Cuinchy, j’ai plongé dans les champs, d’Auchy-les-Mines à Vermelles – cinq kilomètres de cavaliers quasi déserts. Parmi les rares personnes que j’ai croisées, une dame m’a abordée alors que je prenais la photo ci-dessous. Elle devait avoir beaucoup marché parce qu’il n’y avait pas d’habitations dans les alentours immédiats. Nous avons parlé de nos paysages, des bienfaits de la campagne et du mouvement. Ça fait du bien de marcher, m’a-t-elle dit – enfin, vous, vous êtes jeune, vous pouvez faire du vélo. J’ai acquiescé, dit que j’en profitais. Vous avez raison, il faut en profiter, elle a dit puis je l’ai regardée s’éloigner seule dans ses vêtements qui me rappelaient ceux de ma grand-mère, les mains vides, sans même un sac. Je m’inquiète souvent que les autres se sentent seuls – bien que j’apprécie moi-même beaucoup la solitude, je sais que quand on la subit (j’ai vécu ça pendant l’un des confinements), elle peut être le lieu le plus triste du monde. La dame est-elle veuve ? Ses copines n’aiment-elles pas marcher ? Ou n’en ont-elles plus la force ? La dame préfère-t-elle les chats aux chiens ? (Si j’ai ces pensées, est-ce aussi parce que ma meilleure amie se trouve à cette heure précise à l’enterrement de sa grand-mère ?)

Le terril ci-dessous est celui que la grand-mère d’une autre de mes amies a vu toute sa vie ; elle vivait juste à côté, à Vermelles. Ici, vu depuis l’usine AZF de Mazingarbe.

Ci-dessous, toujours à Mazingarbe – à quelques centaines de mètres du sous-marin verdoyant de Grenay que l’on devine en arrière-plan -, ce passage à niveau pédagogique : « L’approche d’un train est annoncée par l’allumage des feux rouges clignotants et le tintement des sonneries », nous apprend ce panneau. Merci, je me suis toujours demandé à quoi servaient ces signaux. Il ne me reste plus qu’à découvrir la fonction des barrières blanches à pointillés rouges.

Et le voici, l’un des plus beaux et des plus étranges terrils des environs, le 58.

Alors, quel est l’intrus ?

Un quartet éphémère

Je correspondais depuis peu avec Delphine Dora quand j’ai rencontré Valentina ; il était alors déjà prévu qu’elles jouent ensemble cet été (elles ne se connaissent pas encore), une coïncidence qui, à l’époque, nous a laissées perplexes. Je me réjouis de rencontrer enfin Delphine en 3-D la semaine prochaine, après six mois d’échanges sur la création et sur nos conditions d’artistes, entre autres. Je me réjouis aussi d’entendre quatre formidables musiciennes dans ce haut lieu de la musique expérimentale qu’est le Café Oto. (Cliquer sur l’image pour plus d’infos, si jamais vous êtes dans le coin le 15 août.)

Quand je rentrerai de Londres, l’été sera déjà presque fini, la rentrée proche, mon roman avec Wendy en librairie. Ce très bel été aux plaisirs variés sera passé à une vitesse incroyable – je réclame une rallonge de trois mois, avant que les salles de concert et les librairies ne nous jettent dans une nouvelle spirale de trains et d’avions (non que Valentina se soit jamais vraiment arrêtée bien longtemps, hier à Vilnius – assez incroyable pour m’envoyer des messages commentant ce qu’elle était en train de dire simultanément sur Radio Vilnius, que j’écoutais le direct en me disant que décidément, la pratique de la batterie doit favoriser le développement d’un double cerveau, au moins – et aujourd’hui à Hambourg avec Laila et quelques autres artistes, après une nuit de quatre heures). Bref, je réclame une rallonge d’été de trois mois. Oubliez la rentrée des classes, l’ouverture de la chasse, les plaquettes 2022-2023, laissez-nous tranquilles.

/ 3 : rétention de canetons

Je disais, le 23 juillet, que j’avais éprouvé un peu de tristesse en courant, pour cause de canards ; en voici la raison précise – j’avais pris la photo ci-dessous avec mon téléphone, tôt le matin, on ne voit pas grand chose mais on devine une canne un peu gouniche qui a donné naissance à sept canetons dans un bassin de rétention minuscule et répugnant derrière un supermarché. Je lui avais dit, Mais enfin, il y a un étang à 300 mètres à vol de canard (j’avais dit 100 mais je viens de vérifier, c’est 300) mais c’était trop tard, la bourde était faite. J’ai fini par oublier cette triste famille parce que, tout simplement, je n’empruntais plus cette route.

Ce matin, alors que je passais devant le bassin vers la fin de ma course à pied, la canne est sortie de l’enclos qui ceint le bassin et s’est approchée de moi en caquetant à tout rompre, visiblement en détresse. Alors je me suis penchée, anxieuse de ce que j’allais découvrir, mais pas de blessé cette fois. Juste sept canetons affamés, qui ont déjà bien grandi. Je suis rentrée chez moi, j’ai vaqué à mes occupations en attendant l’ouverture du supermarché en question et j’y suis retournée ; il n’y avait pas de graines, seulement des boules de graisse. J’ai acheté un paquet de dix et je les ai émiettées patiemment au bord du bassin avec mes ongles, jetant des poignées de graines aux canetons tout fous.

J’ai admiré l’attitude de la mère, qui n’a pas mangé une graine mais a toujours suivi avec beaucoup d’attention ses petit.e.s – contrairement aux chat.te.s adultes, qui mangent les croquettes pour chatons que je sers à leurs portées. Je suis parfois obligée de les écarter pour qu’ils et elles laissent les bébés s’alimenter.

Mercredi, je pars à Londres et je ne pourrai plus m’occuper de ces canetons en détention provisoire dans le bassin de rétention. Si vous vivez à proximité de Noyelles-sous-Lens, merci de prendre le relais – vous les trouverez ici : 50°25’55.7″N 2°51’49.5″E. (Surtout pas de pain, bien sûr.)

/ 3 : bisous

Hier, après un ultime aller-retour Lens-Lille à vélo (le troisième en une semaine, par un concours de circonstances) pour entretenir le très beau potager de mes amies, j’ai senti que les muscles de mes jambes brûlaient comme ma cheville la semaine dernière après une morsure d’araignée qui a nécessité de la cortisone (je laisse évidemment les charmantes tisseuses vivre dans ma maison à leur guise) alors c’est jour off aujourd’hui : course à pied, pas de vélo. Je me suis dit Dans ce cas, allons assister au lever du soleil sur le 94 ; il faisait 11°, j’en ronronnais là-haut dans la lumière d’avant le lever. En route, j’ai pensé au metaverse, dont Valentina m’a appris l’existence et le principe, cette semaine. Cette fois, ce n’est pas seulement moi qui vois la fin de la civilisation, ok ? Ce n’est pas un jugement mais une simple observation quand je dis que la civilisation fait une transition vers sa dématérialisation – on ne saurait me taxer de passéisme puisque je ne cesse de professer la répugnance que m’inspire ladite civilisation (quoique la nouvelle ère qui s’ébauche me semble en être l’hyperbole en super moche + anesthésie générale), non, je suis très bien dans mon époque, heureuse d’être née en 1974, d’avoir connu le monde avant et après Internet, le troc des cerveaux contre des téléphones et la masturbation publique sur les réseaux sociaux, je suis ravie de vivre à une époque où l’homosexualité n’est plus considérée comme une maladie ni pénalisée, où le véganisme est une option, ce genre de choses. Depuis quelques années, je n’ai plus tellement de regrets à l’idée que je vais devoir mourir un jour (enfin, on a tout le temps : encore une quarantaine d’années, merci) parce que je sais déjà que le monde où je ne voudrais pas manquer quelque chose ne survivra pas très longtemps à ma génération de toute façon, et qu’assister à son enlisement dans la bêtise, la laideur et la technologie jusqu’à disparition me déprimerait. Mais si l’humanité se replie dans son metaverse, peut-être que les autres espèces auront enfin la paix. Alors vas-y, l’humanité, deviens tous tes avatars et amuse-toi bien. Les autres animaux et moi, on reste perchés ici. Bisous

3 pattes

L’été plus qu’en toute autre saison, je vis avec le spectacle quotidien de la mort – lapins, hérissons et oiseaux écrasés sur des bas-côtés, abandonnés pathétiquement comme de vulgaires emballages jetés par la fenêtre d’une bagnole. Chaque fois, ça me déchire le cœur. Ce matin, au beau milieu d’un chemin, comme offerte aux chats, aux renards et aux humains dégénérés, cette petite grive sans plaie apparente mais incapable de voler ou de marcher.

J’ai voulu la percher dans un arbre (depuis que Valentina et moi avons sauvé une mésange en la posant simplement hors de portée de tout prédateur jusqu’à ce qu’elle parvienne de nouveau à s’envoler, je suis persuadée qu’un oiseau blessé peut s’en sortir si on lui laisse l’espace et le temps pour se reposer à l’abri du danger), or cette grive sautait chaque fois que je la posais sur une branche, sans doute pour essayer de s’envoler mais elle parvenait tout juste à amortir la chute. J’aurais voulu l’amener chez moi le temps de la convalescence mais il aurait fallu qu’elle passe quelques kilomètres dans ma main et je la sentais trembler sur ma paume (où elle a d’ailleurs lâché une fiente) et j’ai eu peur que son cœur ne lâche. Je ne sais jamais ce que je dois faire dans ces circonstances ; depuis l’épisode du renardeau qu’un vétérinaire a dû piquer, je ne veux plus être dans la position de choisir la mort d’un animal certes condamné mais qui n’a pas la possibilité de m’exprimer ses dernières volontés. Quand des humains me disent que j’ai fait ce qu’il fallait, ça n’a aucun poids à mes yeux : ils ne savent pas mieux que moi.

Après plusieurs tentatives infructueuses de cacher la grive en hauteur, j’ai décidé de la dissimuler dans un fourré. J’espère qu’elle pourra très vite s’envoler de nouveau.

Pourquoi faut-il que je croise si souvent des oiseaux blessés ? je me suis demandé quand j’ai repris ma course, puis je me suis rappelé cet homme que j’ai dépassé sur un sentier champêtre la semaine dernière ; j’ai d’abord remarqué que le chien avec lequel il se promenait n’avait que trois pattes (ce qui ne l’empêchait pas d’être très agile) puis j’ai entendu la musique que nasillait son téléphone, Ma gueule de Johnny, puis le monsieur s’est tourné vers moi. D’autres auraient trouvé ça très drôle mais je crois que je suis trop sensible.

bad girls?

Je vis à 209 mètres à vol d’oiseau d’un stade de 7 ha dont la fréquentation en été doit être de 0,003 personnes au km² ; j’y amène ma bien-aimée, nos raquettes à la main et nous demandons s’il est possible d’accéder à un endroit abrité du vent pour jouer au badminton, mais non, parce qu’il faudrait que nous soyons licenciées bla bla bla et que nous cotisions à bla bla bla. Valentina dit qu’elle comprend les jeunes qui, faute de pouvoir accéder à quelque infrastructure que ce soit sans avoir d’argent ni le courage de remplir un dossier, se replient sur le crack et les armes blanches. Puisque je suis désormais non seulement son amoureuse, sa collaboratrice, l’intendante dévouée de son minibar et son assistante personnelle mais aussi sa coach sportive, il est de mon devoir de trouver une solution plus satisfaisante que les drogues dures. J’emmène donc mon élève jusqu’à une ancienne salle des pendus dont je suppute qu’elle fera un formidable gymnase gratuit. Fuck Un été à Lens et ses attractions gonflables, allons sur l’un des sites les plus confidentiels des alentours. Ci-dessous, ma chérie sort de l’ombre pour accéder à l’interdit :

C’est ici, dans cet espace bien caché par une verdure chaque année plus abondante, que nous allons pouvoir nous adonner à ce vice de l’été non agréé par la municipalité qu’est le sport gentil sans équipement pro ni sponsor ni avis médical.

Cet avertissement est nouveau mais nous ne nous laissons pas intimider : nous persistons à penser que le crack reste plus dangereux pour nous que les jeux de raquettes.

Au rez-de-chaussée, bien sûr, la végétation est trop abondante pour que nous puissions y jouer dans de bonnes conditions mais, au premier,

si l’on prend garde à ne pas laisser un bris de ceci ou cela entamer nos semelles, c’est tranquille :

il n’y a déjà presque plus de toit, ce serait vraiment jouer de malchance que de se prendre une tôle sur le ciboulot

et la bonne fortune nous préserve d’une fin si tragique, dont nos proches devraient demander réparation auprès de ma municipalité (qui n’est vraiment pas accueillante pour les non-fumeuses de crack).

Mon athlète <3<3<3

bleu

Hier, ma bambolina est arrivée chez moi au retour de Syracuse (celle de Sicile) et de Brno (République tchèque), elle a déposé son bleu de travail et nous voici en vacances pour quelques jours.

/ 3 : <3 (12)

Alors ce serait une chevale qui mènerait une quête ontologique dans son environnement proche et qui dirait « Look at me walking down a road in summer thinking about the transience of summer » ;

cependant qu’une autre chevale parcourrait le vaste monde dans une quête relativement similaire (dans les grandes lignes, disons) et penserait « Even while I’m right at the heart of it I just can’t get to the heart of it ».

Et par chance, elles se croiseraient au cours de leurs errances respectives à plus ou moins grande échelle. Il y a bien de quoi danser comme elles le font parce que 1. leur rencontre était assez peu probable ; 2. même si l’on n’a pas de réponse à offrir, il est réconfortant de partager les questions et, au-delà, 3. quand on sait qu’il n’y a pas de réponse, danser prend une autre dimension.

(Photos prises à Faches-Thumesnil, Hénin-Beaumont et Hersin-Coupigny ; les citations sont tirées de Summer d’Ali Smith, Penguin poche, page 290)

63/15+2

à savoir 15 photos, 1 vidéo et 1 piste audio, 17 éléments qui ont jalonné mon parcours du jour et que je disposerai dans l’ordre chronologique de notre rencontre. Ce matin, j’ai fait l’aller-retour Lens-Faches-Thumesnil à vélo pour entretenir le (très beau) potager de mes amies, comme lundi mais pas par les mêmes routes – cela dit, on ne s’ennuie pas quand on a les yeux et les oreilles partout, ce n’est jamais la même chose. Aujourd’hui, je suis passée par Carvin et Carnin, rentrée par le bois d’Emmerin puis par le canal. Dès le premier kilomètre, un bruissement géant a attiré mon attention vers ce rassemblement d’oiseaux au stade Léo Lagrange ; c’est

la vidéo du jour

Enfin une aurore

Le soleil venait tout juste de se lever quand je suis arrivée sur la route de Lille, à Loison, mais les lumières étaient encore très belles. Vous connaissez la différence entre une aube et une aurore ? Je suis désolée de ne pouvoir l’expliquer ici à celles et ceux qui ne seraient pas dans les petits papiers du petit matin parce que j’ai déjà un mot du jour pour ce 30 juillet, sorry (voir plus bas).

Fait divers

Quelqu’un avait un peu trop festoyé, apparemment, et la vue de cette voiture versée dans le fossé qui longe la piste cyclable a bien sûr attisé ma terreur des week-ends : j’ai toujours peur qu’un type bourré me fauche à son retour de débauche quand je pars faire l’esprit sain dans le corps sain, ce serait quand même une mort stupide. Il n’y a vraiment pas de piste cyclable sûre – plus loin, d’Annay à Carvin, je n’ai eu d’autre choix que de rouler sur un tapis scintillant de minuscules bris de verre mêlés à des graviers. Je crois que les collectivités se paient nos têtes : Ah vous voulez des pistes cyclables ? Ok, on va peindre une bande blanche pour séparer la chaussée du bas-côté dégueulasse où de toute façon les automobilistes évitent de rouler.

J’ai erré dans les rues désertes de Carvin, c’était l’occasion de comprendre comment elles s’agencent. Puis j’ai appris ce scoop :

Notre-Dame de la Délivrance
derrière les barreaux

(il faudrait sans doute un point d’exclamation)

Oui, je me suis bien amusée à Carvin, j’ai même dû me pincer le nez pour ne pas éclater de rire quand j’ai assisté à une joute de coqs – voici

le son du jour

soit un extrait de leur battle, à écouter les jours de déprime :

(Ce qui n’est pas sans rappeler la séance d’orthophonie que j’ai mise en ligne en mars 2021 et qui m’amuse toujours autant.) Puis j’ai pris la route de campagne qui mène à Carnin,

avant dissipation
des brumes matinales

Les lièvres du jour

Le lièvre est un animal solitaire très attaché à son territoire. On s’entend bien. Celui-ci a renoncé à me fuir dans un champ de Gondecourt.

l’humaine du jour

Où allez-vous de si bon matin ? m’a demandé la jeune femme de la boulangerie. Eh beh, a-t-elle commenté après que je lui ai répondu : vous allez vous faire les mollets. J’ai baissé les yeux vers eux et je me suis rendu compte qu’ils étaient striés de noir, comme si je m’étais roulé dessus moi-même.

Le mot du jour

Dans le jardin de mes amies, j’ai coupé les gourmands des pieds de tomates et en ai presque empli un cageot ; comme chaque fois que je fais ça, j’ai mesuré la cruauté du geste et le cynisme du mot. Je l’emploie pour ne pas faire de périphrase quand je discute avec mes proches, d’ailleurs si je leur parlais des rameaux qui ne donnent pas de fruits, je suis sûre qu’ils me reprendraient : « les gourmands », intercaleraient-ils pour mon édification. Des gourmands ; des bouches inutiles – chez l’être humain, le terme s’appliquerait à des femmes comme moi, qui n’ont pas donné de fruit pour aider à la prolifération de l’espèce. Peut-être que je finirai par refuser de couper les rameaux sans fleurs des pieds de tomates, qui sait, ce serait cohérent.

Assez parlé biologie :
la mécanique du jour

Alors que je quittais Faches-Thumesnil par les Périseaux, j’ai eu cette vision anachronique et rouge qui ne m’a pas déplu : une maquette, dirait-on. C’est l’occasion de prendre une photo de véhicule motorisé non carbonisé – je ne le fais habituellement jamais. Pire, je gomme les véhicules motorisés des photos que j’aime, avec mon logiciel libre, je m’applique, je restitue leur beauté aux sites qu’ils gâchaient. Mais aujourd’hui, voici un camion. Bien sûr, sa photogénie tient aussi au vide du parking.

Où est Charlie ?

Deux perruches se cachent dans cet arbre de Wattignies, les voyez-vous ?

J’ai décidé de suivre l’une d’entre elles et de documenter son repas – un beau tournesol.

Le bocage du jour

à savoir le bois d’Emmerin, qui était à l’époque de ma vie lilloise l’un des lieux où j’aimais le plus courir (ex æquo avec Villeneuve-d’Ascq).

et pour finir,

Les cuves du jour

au bord de la Deûle – à Billy-Berclau et Vendin-le-Vieil respectivement.