Les Avignonnais

Merci, Avignon – ville de mes années beatniks <3

« La Ville d’Avignon lance le premier Prix littéraire des Avignonnais. À partir du 1er octobre et jusqu’au 12 novembre, les avignonnais et tous les amoureux de la littérature sont invités à élire, parmi les cinq ouvrages sélectionnés, leur roman préféré issu de la rentrée littéraire d’automne. Lectures, tables rondes, midi-sandwichs et de nombreuses animations permettront de mieux faire connaître ces cinq ouvrages et de voter pour celui qui emportera le premier Prix. Les cinq romans sélectionnés sont disponibles en prêt dans les bibliothèques de la Ville et à la vente dans les librairies partenaires. »

Liste les livres sélectionnés

L’évaporée
Fanny Chiarello, Wendy Delorme
Éditions Cambourakis

Le pion
Paco Cerdà
Éditions La Contre Allée

Eleftheria
Murielle Szac
Éditions Emmanuelle Collas

Des rêves d’or et d’acier
Émilie Tôn
Éditions Hors d’atteinte

L’invention du diable
Hubert Haddad
Éditions Zulma

Plus d’infos ici

L’huma

Encore une occasion de remercier Sophie Joubert – l’une des rares journalistes, par ailleurs, qui ait chroniqué mon Terrils tout partout, ce dont je lui suis également très reconnaissante.

de la chance

Alors que je travaille sur mon manuscrit sauvage et apprends que ma Suite du sanglier pour chevrotements et chaussettes roses sera publiée au printemps prochain (plus d’infos à venir), je tombe sur des articles qui me font rire aux éclats :

« La probabilité de croiser un sanglier lors d’une balade en forêt est infime, voire inexistante. (…) Leçon 1 : si vous avez la chance d’observer un sanglier en forêt, savourez le moment car c’est extrêmement rare. » (Le Républicain Lorrain, 2017)

« S’il vous arrivait de rencontrer un sanglier lors d’une promenade en forêt et qu’il vous attaque, dites­-vous alors que la chance vous a quitté définitivement. » (Le Journal du Centre, 2018)

Or ma fracassante rencontre avec un sanglier dans la forêt de Bord, le 12 janvier dernier, a précédé d’une heure à peine la vision sublime et inoubliable d’une harde entière dévalant un vallon et a aussi ouvert de manière flamboyante l’une des plus belles années de ma vie. Donc je suppose que ces deux phrases sont également vraies, si l’on fait fi du définitivement – et à ceci près que la première ne concerne sans doute pas les hominidés teubés qui courent à l’aube dans la brume, comme c’était mon cas.

(le lieu de la rencontre musclée, pris en photo avec mon téléphone quelques secondes avant la rencontre musclée + quelques minutes après un pipi nature décomplexé en plein habitat des autres)

59 km en 7 images

Hier matin, j’ai renoncé à voir le soleil se lever ; j’ai commencé à travailler dès potron-minet, me réservant l’oxygénation pour l’après-midi : une différence de 11 degrés valait bien ce sacrifice d’un jour. Je n’avais pas l’intention d’aller très loin mais j’ai laissé ma curiosité s’ébattre en me disant qu’après tout, c’était l’un des derniers beaux jours de l’année, que par ailleurs j’avais déjà travaillé six heures et que j’aurais encore toute la soirée, sans compter que j’ai eu le week-end le plus studieux de toute la communauté d’agglo. Ma conscience va bien, je ne me justifierai pas. Parmi les pépites de ma petite virée,

Luxuriance à Roost-Warendin,

maison de quartier sous forme d’église en parpaings à Auby

multifonction à Moncheaux,

en face du sophora pleureur qui ne doit pas être né l’année dernière

contrairement à ces jeunes sapins dont l’espérance de vie est désormais d’un mois,

à Raimbeaucourt, où je n’ai pas pu m’acheter de chaussures parce que c’était lundi

mais où j’ai pu admirer les bas-reliefs de la salle des fêtes, qui mettent à l’honneur les arts vivants

c’était une très chouette promenade

Par où commencer ?

Depuis une semaine, j’ai repris l’écriture de Nue, après avoir laissé reposer le début de mon manuscrit pendant une dizaine de mois. J’avais une cinquantaine de pages, dont j’ai supprimé une petite moitié avant de poursuivre. Cette fois, je pense avoir trouvé l’axe qui me convient pour avancer. Voici quelques pages de mes carnets, citations et commentaires qui esquissent à mes yeux un ruban de Möbius écologique. J’illustre ce billet par deux photos (très mauvaises puisque prises très tôt avec un téléphone portable au cours de mes courses à pied) illustrant la désorientation d’homo sapiens 2.0 face à ce que l’on appelle pompeusement la nature en ville et qui, à leur manière modeste, soulèvent aussi la question, Par où commencer ?

1. Extrait d’un article de Gaspard d’Allens sur le site Reporterre, 21 juillet 2022, Les vieilles forêts, un trésor en danger

« Des forêts menacées par l’industrie forestière

(…) aujourd’hui, les coopératives forestières sont aux aguets. Une récente loi leur a donné accès au cadastre et elles démarchent de plus en plus les propriétaires. À l’échelle nationale, les plans prévoient d’augmenter les prélèvements en bois de 70 % d’ici 2050. Tout conduit au productivisme… et à la coupe rase. Sophie Maillé s’en désole : « Pourquoi couper maintenant ces vieilles forêts alors qu’elles ont été préservées par les anciens et oubliées jusque là ? On perd un patrimoine inestimable, on brise des cycles naturels qui mettront des siècles à réapparaître. C’est un terrible gâchis ». Parmi les forêts qu’elle a inventoriées, une bonne partie sont en danger. En Occitanie, 80 % des vieilles forêts de plaine et 14 % de celles de montagne sont, à terme, menacées.

« Le vivant n’a pas besoin de nous. C’est nous qui avons besoin de lui » 

« On fait la course. On se démène mais on ne gagne pas toujours, dit la jeune femme. Nous, on propose aux propriétaires de protéger leur forêt, mais en face les entreprises font miroiter un chèque. » La bataille est inégale d’autant plus qu’il faut parfois déconstruire certains préjugés. « On affronte des blocages socioculturels très ancrés. On croit encore trop souvent que l’homme serait indispensable à la nature. » L’idée qu’un fragment du monde soit laissé à lui-même terrifie. « On nous parle de forêt propre, on postule que les écosystèmes non aménagés seraient inaccomplis ou défaillants. Il faut déconstruire cette forme d’“écopaternalisme”. Le vivant n’a pas besoin de nous. C’est nous qui avons besoin de lui. »

Lire l’article intégral ici

2. Savourons la manière dont l’article ci-dessous dissone avec celui que nous venons de lire. Où l’on apprend que l’ONF est, lui aussi, un vendu au lobby des chasseurs, un organisme hypocrite et hautement spéciste / réactionnaire qui estime logique de faire payer à des innocents les conséquences des activités humaines et dit en substance, Vous voyez bien que nous sommes obligés de tuer les animaux sauvages : ils s’alimentent. Ils mangent les jeunes arbres que nous plantons pour compenser les méfaits de l’exploitation sylvicole, de l’agriculture intensive et autres causes d’artificialisation – toutes humaines. Bref, voici l’extrait promis :

« Cerfs, chevreuils, sangliers… Trop d’ongulés nuit aux forêts

L’Office national des forêts (ONF) explique pourquoi la chasse, une activité parfois incomprise du grand public, est nécessaire au renouvellement de la forêt.

La chasse, on peut l’aimer ou la détester. Mais une chose est sûre : en l’absence de grands prédateurs*, cette activité, gérée par l’ONF dans les forêts domaniales françaises, est indispensable à l’équilibre et à la bonne santé des écosystèmes forestiers. (…) Le danger pour les forêts est réel. Présents en trop grand nombre, ces animaux consomment en quantité importante les jeunes arbres, compromettent ainsi la croissance et le renouvellement des peuplements forestiers et appauvrissent la diversité des essences, notamment celles adaptées au changement climatique. »

(C’est l’ONF qui souligne.)

* Grands prédateurs qui, faut-il le préciser ? ont été décimés par la chasse. Ainsi, parce que nous prenons conscience un peu tard que leur habitat, dont nous avons détruit l’équilibre, est vital à notre petit nombril d’homo sapiens, les animaux doivent être traqués systématiquement – parfois, ce n’est pas bien compris du grand public un peu simplet que nous sommes.

Mon passage préféré :

« Les 4 principaux dégâts forestiers causés par les grands ongulés

  1. Le vermillis (affouillement du sol) du sanglier. Avec son groin, appelé boutoir, le sanglier fouille le sol à la recherche de vers et de fruits forestiers (glands, faines…). Ce faisant, il déterre les jeunes semis forestiers (chêne, hêtre, sapin…), ce qui peut nuire fortement à la régénération de la forêt.
  2. L’abroutissement du cerf et du chevreuil. C’est-à-dire que l’animal consomme les bourgeons, les feuilles, les aiguilles ou les jeunes pousses des arbres à portée de dents.
  3. L’écorçage des arbres. Les cerfs peuvent se nourrir de lambeaux d’écorce du tronc, notamment quand ils sont en sureffectifs.
  4. Le frottis du cerf et du chevreuil. Les mâles frottent leurs bois en croissance aux jeunes arbres et arrachent l’écorce, cassant parfois la tige. »

Autrement dit, les animaux sauvages sont coupables de ne pas avoir des mœurs humaines ; coupables de s’alimenter ou encore de se frotter contre les arbres, plutôt que de se faire livrer des burgers par des esclaves, de laver leur voiture à l’Éléphant Bleu en pleine sécheresse ou d’illuminer les devantures de leurs magasins la nuit – entre quelques millions de petits gestes qu’ils feraient mieux d’apprendre.

Lire l’article intégral ici, ou pas. On peut se l’épargner sans regret.

3. Extrait du livre de Rémy Marion, L’ours, l’autre de l’homme, Actes Sud, 2018 :

« En 2017, 500 000 ovins sont recensés dans les élevages des Pyrénées, entre 18 000 et 30 000 meurent de chutes, d’attaques de chiens errants, de maladies, 300 morts sont attribuées aux ours, soit 1%, sans compter le dérochement à confirmer. Quand les troupeaux sont gardés, les dégâts sont négligeables.

L’ours et le loup sont des boucs émissaires du malaise des habitants des montagnes qui hésitent entre modifier leur économie et un mal-être pseudo-traditionaliste.

L’ours et au centre de luttes d’influence. Deux blocs qui n’ont rien à voir avec une quelconque couleur politique s’affrontent. D’un côté, des élus locaux et du monde agricole qui militent pour une destruction de l’espèce portée par un lobby de chasseurs et d’éleveurs** réactionnaires. De l’autre, des écologistes et une société civile qui voudraient se persuader que des ours sauvages et libres dans un massif français sont un signe de bonne santé écologique. »

** Je n’ai jamais estimé utile de le préciser mais je n’ai pas plus de tendresse pour les éleveurs, les ouvriers d’abattoirs et les bouchers que pour les chasseurs.

***

Pour finir ce billet sur une note humoristique, voici

a. un élément de définition du prédateur que l’on trouve sur le site du CNRTL (Centre national de ressources textuelles et lexicales), qui est ma principale référence lexicologique (j’y passe en moyenne une heure par jour, comme d’autres sur les réseaux sociaux) même si on n’y trouve pas tout :

« II. −Subst. et adj.,BIOL. ANIMALE ET VÉGÉT. A. −(Animal ou plante carnivore) qui se nourrit d’espèces animales ou végétales brutalement détruites au risque de les mettre en danger. »

J’aimerais beaucoup savoir comment on peut manger quelqu’un – animal ou végétal – sans le mettre en danger.

b. des suggestions du moteur de recherche que j’ai utilisé pour écouter le grognement de l’ours

Comment on appelle un ours ? est évidemment ma préférée.

nous ?

Oh, tu dis nous. Non, je n’ai rien contre le nous – j’en ai quelques-uns, que je chéris. Mais quand tu me prends en complicité, quand tu m’inclus d’autorité dans ce nous qui porte tes engagements, par lequel tu me rallies à tes causes, de quel nous veux-tu parler, au juste ?

Est-ce nous les artistes lesbiennes antispécistes, véganes, viscéralement écolos du bassin minier des Hauts-de-France nées dans les années 1970 qui n’avons ni enfant ni véhicule motorisé, nous levons à l’aube, sommes allergiques aux rhétoriques, aux dogmatismes et aux réseaux sociaux, explorons inlassablement l’arrière-monde, prisons le mouvement et les musiques expérimentales et estimons que le suprématisme humain est la barbarie suprême ? Pourquoi pas, même si c’est vraiment très réducteur.

Non, ce n’est pas ce que tu entends par nous ? Mais alors…

Oh, ça. Mais tu sais, j’ai fui un monde où on me disait chaque matin Salut, j’exsude Michaux, Barthes et Bashung, ça va ? ce n’est pas pour faire allégeance à d’autres figures dites incontournables. Je n’ai pas davantage besoin de maîtresses que de maîtres à penser, d’héroïnes que de héros, d’inspiratrices que de prescripteurs. Merci mais je vais plutôt continuer de chercher les invendues de la culture, d’inventer ma propre langue et ma propre pensée – tant pis si personne ne m’entend. Je vais rester moi dans mes nous hétéroclites, protéiformes et insaisissables.

Vani / tir

Hier, j’ai décidé de me donner mon après-midi : j’avais trop travaillé toute la semaine, sur trop de projets à la fois, mon cerveau boudait, il faisait beau, alors j’ai sauté sur Mon Bolide et cédé à l’appel de la forêt qui me taraudait depuis des jours. J’ai donc pédalé jusqu’à la forêt domaniale de Phalempin, avec un crochet par le bois de l’Émolière, qui en est une partie mais qui est sis entre Libercourt et Wahagnies (prononcez Vani). C’est là que, contre toute attente puisqu’il était 14h, j’ai aperçu Monsieur. J’ai dit Tiens tiens, bonjour. Il n’a pas bougé.

J’étais surprise qu’il ne m’aboie pas dessus car, bien souvent, c’est ce que font les mâles quand je cours ou pédale sur leur territoire, je m’entends mieux avec les chevrettes et les faons. Or c’était assurément un chevreuil, on le voit bien : il a des bois, pas de miroir en forme de cœur sur les fesses et puis, euh.

Un Monsieur, en somme. Qui n’a pas semblé dérangé par ma présence. Je lui ai dit que j’étais très touchée de sa confiance mais qu’il ferait bien d’être un peu plus prudent ; c’est à ce moment-là qu’il a commencé à se laver. J’ai insisté, j’ai tenté de le raisonner tout en regardant autour de moi pour m’assurer qu’un sanglier n’avait pas une insomnie, lui aussi. Puis nous avons repris chacun.e notre chemin. Qu’est-ce que j’étais censée faire ? Hurler, faire du bruit pour lui rappeler que les humains sont un danger ?

Je me suis arrêtée à la niche 5 étoiles de la Vierge Marie derrière l’église de Wahagnies pour lui demander de protéger les innocent.e.s des chasseurs. Par exemple, je lui ai suggéré avec diplomatie, tu pourrais leur souffler de troquer leur fusil contre un appareil photo. Cette fois, je n’avais pas oublié son allergie aux fruits à coque et lui avais apporté une barre de céréales aux pommes bio en offrande, j’avais mis toutes les chances de mon côté, pourtant elle m’a répondu assez agacée, « Qu’est-ce que tu lis sur mon autel ? Ave Rita ? » Merci beaucoup, ND, toujours aussi aimable.

Je suis rentrée de Phalempin en faisant des détours pour éviter les routes fréquentées. Alors que je traversais Estevelles, j’ai vu un California Dreaming particulièrement réussi.

J’ai préparé ce billet avant d’aller me coucher, hier soir. Et ce matin, il résonne étrangement après ce qui vient de m’arriver. Je courais au pied d’un terril, dans une ville qui laisse les canetons agoniser dans des bassins de rétention, quand j’ai vu un chasseur pourtant bien caché dans les buissons. Une caricature vivante en camouflage intégral, mais sans gilet orange puisqu’il était de toute façon dans l’illégalité (ici la chasse n’est pas autorisée le samedi), un vrai gros dur à moustache brosse, le fusil posé sur la crosse, contre sa jambe. Je n’ai pas réfléchi, j’ai dit qu’il n’avait pas le droit d’être là et que j’allais le signaler. J’ai continué de courir et soudain je me suis dit Mais enfin, tu es complètement stupide ou quoi ? Il a une arme… Ma spontanéité finira par me causer des ennuis. Et de fait, un coup de feu a retenti dans mon dos. Je ne sais pas s’il m’a visée ou s’il voulait juste me faire peur, je suppose que c’est la deuxième option (à savoir une menace de mort, tout de même) mais je tremblais quand j’ai appelé la police. Et maintenant, que faire ? Porter plainte ferait de moi une cible de tout le lobby (le fondateur de la fédération anti-chasse reçoit constamment des menaces de mort sous forme de balles dans sa boîte aux lettres, ce n’est pas une vie) alors je vais m’abstenir. Et laisser les types qui ont des fusils continuer de sévir dans la plus pure impunité. Ils ont l’argument suprême, le pouvoir de vie ou de mort, un pouvoir légal – au pire, ils prétexteraient l’accident de chasse : c’est puni par la loi, ça ? Ah oui, c’est passible de 3 ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende, selon l’article 221-6 du Code pénal. Tranquille.

à la tronçonneuse

Une maison s’est vendue dans ma rue cet été. Le panneau Vendu n’a longtemps été suivi d’aucun mouvement, jusqu’à ce que, pendant trois jours, un massacre à la tronçonneuse vienne à bout de chaque arbre, de chaque arbuste du jardin. Jusqu’à ce qu’il n’en reste pas un. Rien. Ça me retourne le ventre, ça me pousserait à faire sécession de mon espèce si je ne pensais aux amies avec qui je crée des espaces où vivre sans perdre la raison, où ne pas claquer comme une ampoule soumise à surtension chaque fois que je suis témoin d’une violence perpétrée contre un non-humain, où ne pas perdre la raison à l’idée que de telles violences sont perpétrées à chaque instant de chaque jour, innommables, innombrables, dans l’indifférence générale. Je vois par ma fenêtre des raclures de bidet à pouces opposables assassiner des êtres dont la vie valait infiniment plus que la leur, dont la vie ne nuisait pas à celle des autres mais l’accueillait ; j’assiste impuissante à l’exécution d’innocents ; je ne fais rien qui pourrait, par ricochet, me priver de ma précieuse liberté de mouvement dans un monde où ces crimes passent pour des pratiques anodines, où nous sommes une ridicule minorité à considérer comme une barbarie la mise à mort gratuite d’êtres privés de droits. Je reste non-violente parce que la violence d’une seule ne suffirait pas. Mais je n’aurai aucun respect pour notre espèce tant qu’elle ne protégera pas les autres par la loi – puisque le respect, la justice et l’empathie ne sont pas dans ses cordes et qu’elle ne comprend que l’autorité. Je crois hélas qu’elle se sera sabordée avant d’ébaucher un cheminement intellectuel dans ce sens ; la pauvre ne sait penser qu’à partir d’elle-même, son incapacité à se décentrer la rend obtuse à un point qui ne laisse aucun espoir – seule notre extinction rendra aux autres espèces la possibilité du bonheur. C’est au point que même les défenseurs de la nature sont incapables de lui reconnaître une valeur propre, intrinsèque, où l’incident homo sapiens n’aurait aucune place.

(misère de l’esprit civilisé : un aphorisme imbécile cloué sur un arbre qui n’a rien demandé)