Once you pop, you can’t stop

Mon inconscient est facétieux : cette nuit, les Pringles ne voulaient plus être genrés au masculin ni au féminin (dites ielles) et un chasseur faisait des dérapages en voiture puis descendait du véhicule et visait un furet en tenant son fusil à l’envers. On dirait bien que mon manuscrit en cours d’écriture déteint sur mes nuits – je ne vous dis pas de quoi il s’agit, seulement que l’un de ses 53 premiers paragraphes a pour point de départ ce Christo croisé près du yellow brick observatoire de Lille.

Meura

Tout est dit dans cette capture d’écran, que j’ai volée sur un réseau social.

Ne vous fiez pas à l’image : comme l’indique aimablement le réseau, il fera beau ce soir-là, un temps idéal pour prendre la route à pied ou à vélo jusqu’à la librairie Meura, où Thierry Girard et moi discuterons du bassin minier, du temps qui passe et de son empreinte sur ce que le photographe appelle l’épaisseur du paysage et que j’appelle quant à moi la densité du réel – c’est l’une des coïncidences qui ont donné aux éditions Light Motiv l’envie d’organiser cette rencontre. Ce sera surtout l’occasion de découvrir le magnifique livre de Thierry Girard sur le territoire qui nous réunit, Le monde d’après.

Jungle Boogie

Hier, j’ai traversé 19 vill-ag-es sur Mon Bolide et découvert inopinément où vivent Tarzan, Jane et leurs amis. Grand Jeu Concours : ont-il élu domicile à Lille, Faches-Thumesnil, Wattignies, Templemars, Seclin, Gondecourt, Herrin, Allennes-les-Marais, Annoeullin, Provin, Bauvin, Meurchin, Pont-à-Vendin, Annay, Loison-sous-Lens, Noyelles-sous-Lens, Sallaumines, Lens ou Liévin ? Une seule réponse par pigeon ; un stylo bleu et vert MGEN (pointe feutre bleue) à gagner pour le premier pigeon porteur de la bonne réponse.

37 passages à niveau

Vous êtes 37 à me réclamer bruyamment le petit travail photo dont je vous annonçais au mois de mai qu’il serait prêt en septembre 2019. Je suis tellement impressionnée par votre mémoire et touchée par l’intérêt que vous témoignez à mes modestes productions que, pour une fois, je vais tenir ma promesse. Voici, en hommage à ces 37 zélateurs, 37 photos d’un passage à niveau prises entre septembre 2018 et ce jour, au fil de mes courses à pied – soit un palpitant reportage sur le temps qui passe. Les photos sont de mauvaise qualité, puisqu’elles ont été prises avec un téléphone, mais je ne rembourserai rien ; il n’y aura pas non plus de Grand Jeu Concours pour localiser ce lieu auquel j’ai choisi de rendre hommage tout au long de l’année qui vient de s’écouler, vous pourriez le déduire trop facilement du billet dont je fournis le lien plus haut. N’abusez tout de même pas de ma générosité.

Parfois, il y a même de petits événements – autres que le passage d’un train. Ici, une joggeuse est passée juste avant que la barrière ne se baisse : c’est presque une narration.

Si vous avez 10/10 aux deux yeux ou de bonnes lunettes et que vous ne regardez pas ces images sur un foutu écran de téléphone, vous distinguerez un TGV en train de passer sur le talus qui ferme l’horizon.

Hop, un peu de recul :

Là, une voiture brûlée, JMJ !

Un promeneur nocturne.

On pivote légèrement vers la gauche.

Mais oui, c’est un tracteur…

Si vous avez toujours 10/10 aux deux yeux ou fait l’acquisition de bonnes lunettes depuis la photo 19 et que vous êtes passé.e sur un écran digne de ce nom, vous distinguerez un TGV en train de filer sur le talus qui ferme l’horizon.

Vous avez bien lu, sur le panneau ci-dessus : Un train peut en cacher un autre. La preuve.

Et parce que je sais que, tout comme moi, vous avez des plaisirs simples, je vous propose de finir cette série par de traditionnelles Jambes en l’Air – qu’elles soient un au revoir ému à ce qui fut l’un de mes sites privilégiés, la dernière année de ma vie dans la métropole lilloise.

Allison Sniffin sur Soundcloud

Je ne présente plus ma très chère Allison Sniffin, dont il a été souvent question sur ce blog et qui occupe l’un des rôles principaux dans mon livre A happy woman. Je rappelle qu’Allison n’est pas seulement une collaboratrice essentielle de Meredith Monk (multi-instrumentiste, chanteuse, préparatrice de partition et arrangeuse), mais aussi compositrice. Je lui réclamais depuis longtemps un Soundcloud qui présenterait ses œuvres, le voici :

N’hésitez pas à le visiter de temps en temps, je sais de source sûre que l’on y trouvera bientôt d’autres pièces.

Against archives

Déjà la rentrée. En tant que vieille auditrice de France Musique, j’ai fait avec une légitime appréhension mon examen annuel de la nouvelle grille et ma consternation dépasse tout ce que j’ai pu éprouver jusqu’ici. Si j’ai boycotté la station pendant un an après l’exclusion d’Ariel Butaux en 2015, comment suis-je censée réagir au remplacement de toutes mes autres émissions préférées par des archives ? Le cri du patchwork, Le portrait contemporain, À l’improviste et Tapage Nocturne, liquidées au profit des Trésors de France Musique, où l’on pourra entendre des interviews de gens mort plutôt que de découvrir la foisonnante création contemporaine. Sera consacrée à cette dernière une soirée par semaine, le dimanche de 20h à 0h30 : un pudding contemporain. Au fil des années, France Musique a perdu tout contenu pédagogique, s’est dotée d’insupportables jingles et s’est séparée de certains de ses producteurs les plus passionnants et passionnés, pour ressembler de plus en plus à une vulgaire compilation Je n’aime pas le classique mais ça j’aime et accueillir prioritairement des super stars du classique pour être assurée de son audimat. Dégueulasse.

Exemple de ce qu’on ne risque plus d’entendre sur cette fréquence : Against Archives de Félicia Atkinson.

I <3 Scln

Je suis tombée amoureuse de mon nouveau bolide, un vélo rouge qui saute comme un cabri dans les bois et les champs. Et, de fil en aiguille, je suis tombée amoureuse de Seclin. Il me faut d’abord m’excuser d’avoir incorrectement nommé la ZI (ou ZAC) de l’Épinette ASPUZI, dans de précédents billets, quand j’ignorais encore que Seclin était la ville de DEUX zones industrielles : double bonheur, surtout le dimanche – ça tombe bien, parce que le dimanche les berges du canal sont infréquentables, entre les campings sauvages de pêcheurs en tente kaki, les marcheurs nordiques, joggeurs fluorescents et cyclistes coqués coquets. Ici, il n’y a que moi, le dimanche. Le samedi soir, c’est sans doute différent, à en juger par les traces de beaucoup fun devant les hangars :

Le dimanche, tout n’est que lignes pures, jeux de lumière et délectable désolation.

Mais ASPUZI, the real ASPUZI, c’est aussi la couleur et la danse :

ASPUZI est l’antichambre de Seclin. Maintenant, entrons dans le vif du sujet. Quelques chiffres, pour commencer : Seclin, c’est 17,42 km² pour 12 463 habitants (2016), soit une densité de 715 hab./km². Si ça ne vous parle pas, Sallaumines (l’étalon-or de ce blog), c’est 3,82 km² pour 9 799 habitants, soit une densité de 2 565 hab./km². See what I mean? (Ok, il faudrait faire le calcul en décomptant les hectares non habités des ZI, je l’admets sans mauvaise foi, mais dans ce cas il faudrait en faire autant pour la déchetterie de Sallaumines.) Notez qu’en termes de Ville Fleurie, nous sommes à Seclin 3 fleurs – Sallaumines 1.

Le canal de Seclin n’y est sans doute pas pour rien, bien sûr, qui rejoint perpendiculairement la Deûle à Houplin-Ancoisne, 4,5 km à l’ouest.

Les oiseaux d’eau y vivent en harmonie, comme à Harnes.

Il y a aussi des ragondins et des fantômes.

Seclin est connue pour ses châteaux. Sauf que, Grand Jeu Concours ! un seul des trois châteaux ci-dessous en est vraiment un : lequel est-ce ? Question 2 : L’un de ces châteaux n’est pas sis à Seclin mais à Templemars, à quelques pas de la frontière. Duquel s’agit-il ?

Cette tendance au faste n’exclut ni les ZUP

(vue de l’ouest)

(vue du sud)

ni les arrière-mondes :

ni les Upper Rooms & Kitchens de carrefours et ronds-points :

(abbé Bonpain de carrefour)

(Jésus Christ de rond-point)

ni le Kitsch & Lutte des Classes – Grand Jeu Concours 2 ! Laquelle de ces œuvres n’est pas une boîte aux lettres de Seclin mais de Carvin (autre passion récente) ?

L’art, ce n’est pas ce qui manque, à Seclin : mural

et de rond-point (ici, la couleur s’impose, vous allez le comprendre)

Cette dernière œuvre de rond-point nous amène dans mon lotissement préféré de la ville : les Aviateurs. J’adore. D’autant que, si de nombreux-ses Seclinois-e-s me témoignent volontiers une certaine hostilité, les Aviateurs-trices me traitent généralement comme une des leurs – sans collier de fleurs ni tralala. Voici un plan du quartier : un vrai crop circle, à l’américaine, quoique l’on ne s’y perde pas trop.

Le lotissement fait face à l’hôpital de Seclin, le nouveau, un hôpital intéressant, paradoxal, à la fois hôpital de campagne puisque l’on peut notamment y accéder par des chemins de tracteurs, quoique par ailleurs il fasse preuve d’une belle géométrie :

Une vue du parking s’impose également :

Attention, chien méchant et volumineux juste derrière cette rangée de maisons, il m’a poursuivie l’autre jour et j’étais bien contente d’être juchée sur Mon Bolide, dont on aurait dit qu’il pétaradait comme un bolide des Fous du volant mais en fait c’était le claquement de mes dents. Maintenant, voyons comment les Aviateurs se présentent depuis l’hôpital.

On voit plein d’avions dans le ciel aussi, à Seclin, bien plus qu’à Lesquin si vous voulez tout savoir,

et d’autres objets volants

et des sommets intéressants, quoiqu’ils ne volent pas,

et aussi des tunnels : ici, on en a plein les yeux, dessus et dessous.

Pour finir, un peu d’architecture (ici, l’arrière de l’hôtel de ville),

d’urbanisme (cité des jardins)

(ça ressemble à ça)

et de presque la campagne

Voilà, entre autres choses, pourquoi i <3 tant Scln.

Estivalitude

Ce matin, à 9h, sera diffusée sur France Inter une émission enregistrée en juillet, dont Jeanne Cherhal et moi étions les invitées, au micro de Christophe Bourseiller. Je pense n’avoir jamais été aussi navrante à la radio, sans doute parce que le format inhabituel m’a quelque peu désarçonnée, en tout cas j’ai ruminé ma propre nullité pendant deux semaines. Je m’en suis remise, ça va. Mais aujourd’hui, il n’y a plus rien à faire : ça va s’entendre, inutile de faire comme si ça n’avait pas existé. Désolée. Présentation de l’émission, ici.