Los Angeles est une ville de canyons ; le plus célèbre est Laurel Canyon (où se faisait la musique folk-rock dans les années 1960 et au début des années 1970 – y vivaient entre autres les Mamas & Papas, les Beach Boys, Joni Mitchell, Frank Zappa, Jim Morrison, Carole King, les Byrds, Buffalo Springfield, Canned Heat, Love, Neil Young, ou encore Linda Ronstadt). Ci-dessous, un aperçu du relief des canyons où je vais marcher depuis mon arrivée à WH, le Runyon et le Nichols.

Quand on est sur l’un des chemins dont on devine le tracé, on a vue d’un côté sur des canyons verdoyants,

de l’autre sur des canyons bâtis.

Quand on est arrivé-e au fond et qu’on se retourne, la ville s’étend à nos pieds.

Un aperçu latéral du relief, maintenant. (Cette verdure incroyable me ferait presque aimer la pluie…)

Le chemin que j’ai emprunté ce matin était particulièrement ardu, avec des descentes vertigineuses sur un sol de roche couvert de mini graviers assez glissants – ou très gros grains de sable, je ne sais pas. C’est le territoire des serpents à sonnettes mais je n’étais pas la seule à tenter ma chance alors je n’ai pas eu peur – ce en quoi je me découvre un instinct grégaire : si d’autres y vont, je n’ai pas peur.

Arrivée en bas, j’ai pu observer divers oiseaux ; quelques-uns se sont laissés prendre en photo, je les en remercie. Voici une paruline à croupion jaune (yellow-rumped warbler).

C’était un tout petit aperçu de ma rando de ce matin. Cet après-midi, changement d’ambiance, j’ai marché en ville. Je m’étais demandé où les gens vont ici pour acheter des vêtements – les centres commerciaux ne sont pas aussi nombreux qu’on l’imaginerait, et le plus souvent déserts. Bien sûr, il y a Internet ; à la radio, l’autre jour, j’ai entendu une pub dans laquelle une dame explique qu’elle doit toujours renvoyer deux ou trois fois les fringues qu’elle commande parce que ce n’est jamais la bonne taille : à votre avis, c’était une pub pour quoi ? Pour la poste, qui propose des formules essayages ; on ne paie plus les retours. Malgré tout, je me suis dit qu’il devait encore y avoir de la vie à Melrose – ancien quartier punk d’une ville qui a eu un mouvement punk et hardcore très important, quoique sous-estimé. Et il y en a.

Sauf que ça n’a plus rien de punk. On y trouve essentiellement des friperies et des boutiques de luxe. Des meufs caricaturales qui marchent en bande, rient trop fort et parlent avec des voix aiguës, ainsi que de nombreux touristes qui se prennent en photo devant ceci :

Ceci est considéré comme une attraction touristique et s’appelle le Pink Wall de Paul Smith, je trouve ça pas mal trouvé. Je ne connaissais pas Paul Smith, apparemment beaucoup de monde n’a pas mes lacunes. J’ai constaté que c’est une tradition de se prendre en photo devant ce mur rose et de poster les photos sur Internet. C’était mon après-midi fin de la civilisation – de fait, on croise aussi sur les trottoirs de Melrose de nombreux robots livreurs, peut-être encore plus que dans les autres quartiers. Puis je suis rentrée en zigzaguant dans des petites rues pour éviter autant que possible les grands boulevards affreusement bruyants, qui par ailleurs ont rarement le charme des rues résidentielles, ces patchworks architecturaux fleuris, et des contre-allées douteuses. Parfois, je m’arrête net parce que soudain, mon regard se pose sur un détail du paysage qui fait palimpseste : un mille-feuille aux strates culturellement et/ou architecturalement variées qui me semble révéler quelque chose de la civilisation américaine. Voici deux de ces visions, j’en posterai d’autres plus tard.


Et pour finir, une anecdote. Ce midi, je me plaignais auprès de Floy que les colibris étaient trop petits et trop rapides pour que j’arrive à les photographier ; cet après-midi, deux ont quasiment posé pour moi. En voici un qui était de vraiment bonne composition. Voyez comme il est minuscule : il a la taille d’une fleur de bougainvillier.

Ci-dessous, en train de butiner. Il est déguisé en feuille. Cet oiseau m’a toujours fascinée, je suis très heureuse et reconnaissante d’en voir tant ici.
