Je rentre aujourd’hui – j’atterris demain à 11h en France, si tout va bien. Je pars avec une liste de lieux que je voudrais voir ou revoir la prochaine fois, si la vie veut bien qu’il y ait une prochaine fois. J’aurais voulu longer encore une fois la L.A. River, retourner à Bee Rock. Les émotions que j’ai ressenties lors de certaines promenades me hantent encore, mais je sais aussi qu’on ne retrouve jamais le même saisissement, que la fascination n’est jamais aussi intense que la première fois, quoi qu’on mette en place pour essayer de la reconstituer. Ce matin, j’ai couru pour la dernière fois à Hollywood, je suis montée au sommet du mon cher canyon.

Voici les gens qui se trouvaient au sommet.


Et voici la vue depuis le creux du coude ; vous reconnaîtrez sans doute la forme que je montre d’habitude de nuit, avec les lumières de la ville au fond (aujourd’hui l’horizon, vous le voyez, était noyé dans le smog).


Et pour finir, cette inscription que l’on voit sur les trottoirs de divers quartiers en effet luxuriants.

De retour chez moi, qui ne le sera plus dans quelques minutes, j’ai fini mes préparatifs puis j’ai voulu écouter de la musique. J’ai appris, avec deux jours de retard, la disparition d’Éliane Radigue, qui m’a beaucoup attristée. Elle avait 94 ans et composait encore. Elle avait fini par dépasser en notoriété les vieux schnocks du GRM qui, à l’époque, la pensaient juste bonne à faire le café (et, comme elle le disait elle-même, qui l’avaient surtout laissée entrer dans leur cénacle parce que c’était une très belle jeune femme). Une de mes photos préférées d’elle reste celle-ci.
