Los Angeles, jour 8

Ce matin, mon objectif était de visiter Bee Rock et Old L.A. Zoo (un zoo désaffecté), où ont été tournées des scènes du film Under the Silver Lake et où j’envisageais de situer l’une des miennes – j’ai finalement préféré conserver les Bronson Caves pour décor. Mais je suis rentrée de ma petite randonnée aussi émerveillée que fourbue. Avant de partir, j’avais une petite crainte : hier j’ai vu à Union Station une infographie dont voici un détail, qui montre la concentration de coyotes, de pumas, de buses et de serpents à sonnettes dans tout le comté de Los Angeles ; moi, j’allais là où les serpents font un gros gribouillis jaune-vert.

Je n’en ai pas rencontré mais, à mon retour, quand j’ai reporté mon parcours sur un plan, je me suis rendu compte qu’il avait un peu une forme de serpent, avec en guise d’yeux les deux repères que j’avais placés pour trouver Bee Rock et l’Old L.A. Zoo. – excusez la paréidolie.

Comme vous le constatez, j’ai épinglé un certain nombre de repères sur mon GPS ; comme ça, quand je le consulte en marchant, je me dis « Tiens, telle scène de tel film a été tournée ici ». In fine, au propre comme au figuré, le cinéma mange L.A.

Retour à mon parcours de ce matin. Avant d’en finir avec la cartographie, un aperçu du relief :

Aujourd’hui, donc, j’ai pour la troisième fois de mon séjour laissé la ville derrière moi. Il était tôt, le temps nuageux et délicieusement frais ; pendant trois quarts d’heure, je n’ai rencontré personne. J’avais mon couteau dans la poche et brièvement, ma gourde à la main comme un gourdin, dans un moment de vertige existentiel – cette solitude et ce silence bruissant au coeur d’une ville de 11 millions d’habitant-es ont un effet difficile à décrire (j’essaierai, dans mon texte).

Puis je suis arrivée au sommet de la colline, où on bascule du côté de la San Fernando Valley, tout juste visible dans la nébulosité.

Bee Rock, vu du bas, ressemble à ceci ; c’est ce pic qui sort de la verdure – vous noterez que la végétation est luxuriante (je poursuis d’ailleurs mon herbier en photos, assez impressionnant), Laura m’a expliqué que c’était grâce aux pluies diluviennes de janvier ; apparemment, le paysage n’est pas toujours aussi vert. On voit dans la roche de nombreuses cavités ; c’est l’une d’elles que j’envisageais pour QG d’une secte dans mon roman, mais pour différentes raison, ça n’aurait pas été possible.

Bee Rock, vu des coulisses, ressemble à cela.

Bee Rock bottom.

De nombreux arbres poussent directement dans la roche ; à certains endroits, on dirait qu’ils sont en train de descendre la colline. J’ai choisi ma photo la plus nette mais pas la plus évocatrice (mon appareil photo était déchargé, toutes ces photos sont prises avec mon téléphone de tirette surprise).

Et maintenant, un petit tour à l’Old L.A. Zoo.

Me voici en cage avec le fantôme des fauves qui ont été séquestrés ici.

Au fond de cette enfilade de cages, le tag le plus fréquent sur toutes les surfaces possibles à L.A.

Et quand je suis revenue vers la ville, elle était de nouveau là qui serpentait à mes pieds dans son lit de béton : L.A. River forever. (Photo moche pour cause de nébulosité + zoom à fond parce qu’en fait, elle était plutôt loin.)