Demain, je déménage de nouveau, pour West Hollywood. Et dans une semaine, je serai dans l’avion. Les jours passent plus vite à mesure que la fin du voyage approche. Aujourd’hui, je n’ai pas encore travaillé – je m’y mettrai après avoir écrit ce billet, qui sera bref. J’ai marché 25 km, je suis retournée à Elysian Park en traversant tout Chinatown puis je suis allée à Echo Park Lake, via Stories, une librairie que j’aimais beaucoup avant que le hipster à la caisse me prenne la tête (je ne supporte plus les hipsters) et où je me suis procuré un livre sur deux de mes autrices angelenas préférées, Joan Didion et Eve Babitz.

Voici quelques images de mon itinéraire du jour. D’abord, encore des vues de Downtown en longeant Broadway – puis North Broadway, qui va jusqu’au pied d’Elysian Park et sans doute au-delà et qui, comme tous les grands boulevards d’ici, change d’identité au fil des kilomètres.


Chinatown ne fait pas semblant d’être Chinatown. 99% des gens que j’y ai croisés (tous très polis, on se disait bonjour comme on l’aurait fait au bord du canal de la Souchez à Éleu-dit-Leauwette) étaient de type asiatique et parlaient le chinois entre eux.

J’ai fait un petit crochet pour passer sur un pont (le pont de North Broadway, donc) et voir la L.A. River de près. J’étais surprise de constater que Downtown semblait déjà loin.

J’ai exploré des zones d’Elysian Park que je ne connaissais pas encore, et notamment vu l’ancien Elysian Reservoir – souvent, ce qu’on appelle lac ici, ce sont des réservoirs (l’eau à L.A., toute une histoire, bien sûr). En voici une petite partie.

J’ai continué de suivre les méandres de la route qui mène au sommet du parc ; les montagnes étaient enneigées, et je me suis rappelé une phrase lue dans un roman, selon laquelle L.A. serait la seule ville où on peut décider le matin si on va surfer sur l’océan ou skier dans les montagnes.


J’ai vu mon premier lapin de Los Angeles ; il se trouvait dans un spot également très apprécié, je ne sais pourquoi, des écureuils (ils étaient des dizaines) et des oiseaux, notamment des geais bleus, dont j’ai aussi vu un certain nombre. Je n’ai pas eu le temps de photographier le lapin, mais j’ai eu un geai.

Et puis, après avoir quitté l’enfer de Downtown, j’ai retrouvé le paradis des collines.


Tout le temps que j’ai passé dans ce parc, je me suis sentie profondément reconnaissante. Un moment, je me suis comme absentée de moi-même et de ma vie, j’étais totalement dédiée au paysage, à ses sons, ses lumières, ses couleurs. J’étais si joyeuse que par moments, je fredonnais mes chansons de L.A. sous les buses et les hélicoptères en nombre à peu près similaire ce matin, notamment Pico & Sepulveda, chanson de 1947 que l’on peut entendre ci-dessous dans la version de Danny Elfman pour le film underground génial de son frère Richard, Forbidden Zone (1980), mais pas seulement. Je ferai une playlist, à l’occasion – certaines des chansons m’accompagnent depuis des décennies, car mon rêve de découvrir cette ville ne date pas d’il y a quatre ans, même si c’est le moment où j’ai décidé fermement de me lancer dans le projet qui m’amène ici cette année.
Deux vues plus urbaines, toujours d’Elysian Park. On voit qu’il a beaucoup plu, la rivière est le plus souvent à sec à cet endroit-là.


À ce propos, voici une image que j’ai trouvée ce matin lors de mon passage de 13 secondes sur Instagram :

Et pour finir, trois vues de Sunset Boulevard, par où je suis repartie après avoir pesté contre les hipsters d’Echo Park (il n’y a pas que ça dans ce quartier, d’ailleurs JP y vit aussi, mais il y en a quand même quelques brochettes – gentrification oblige – à côté des papys mexicains qui jouent aux dominos sur des tables de pique-nique).



PS : j’ai oublié de raconter une anecdote de mon premier jour au Hoxton, à Downtown. Je suis allée faire les courses à Ralphs, en l’absence d’un Trader Joe’s dans le quartier. Je me suis tout de suite rendu compte que j’étais la seule Blanche dans le supermarché ; je voyais toutes les couleurs de peau sauf la mienne. J’ai demandé à une cliente, une jeune femme de type mexicain, comment fonctionnait quelque chose et quand je me suis adressée à elle, elle a littéralement bondi en arrière. Puis elle m’a bien regardée, s’est ressaisie et m’a répondu très gentiment. Je me suis ensuite fait la réflexion que, si je prenais le métro pour West Hollywood avec ma valise et mon sac à dos, beaucoup de gens penseraient que je suis sans abri. Je crois que c’est ce qu’a pensé, un instant, la jeune femme qui faisait ses courses à Ralphs.