Los Angeles, jour 19

Parmi mes films préférés situés à Los Angeles, deux ont été tournés, à peu près à la même époque, sur le Miracle Mile (Wilshire Bvd). Il s’agit de deux films d’apocalypse, Night of the Comet de Thom Eberhardt (1984) et Miracle Mile de Steve De Jarnatt (1989). D’abord, trois images de ce dernier.

Voici à quoi ressemble aujourd’hui Johnie’s Coffee Shop, lieu mythique pour les amoureux-ses d’architecture Googie et de cinéma américain (on le voit aussi dans Reservoir Dogs, Volcano, American History X, The Big Lebowski et quelques autres). Sur la porte, une affichette : Not a restaurant, sorry. Car le lieu ne sert plus que de décor de cinéma. Dans le cas contraire, je m’y serais arrêtée un moment.

Et maintenant, le cinéma El Rey dans Night of the Comet, quelques centaines de mètres plus loin sur Wilshire Bvd.

Et le voici, quarante ans plus tard. Un magasin de perruques a remplacé l’Eiffel Dry Cleaning.

J’ai profité de l’occasion pour voir, entre ces deux points que je n’aurais pas voulu manquer, les fameuses fosses de goudron qui bouillonnent encore à Los Angeles : La Brea Tar Pits, avec leur reconstitution de drame préhistorique, quand un papa mammouth est prisonner du goudron et sombre sous le regard impuissant de la maman et de l’enfant mammouths, dans l’indifférence totale des food trucks qui s’installent entre la fosse et le musée d’histoire naturelle – ce n’est pas parce qu’on va au musée qu’on n’a pas envie de tacos ou de hot-dogs, si ?

Et le goudron ne cesse de libérer ses bulles de méthane, depuis 40 000 ans.

Cet après-midi, mon amie Kathryn m’a emmenée malgré elle faire une visite de Hollywood Dell, un lacis de rues étroites et tortueuses – en fait, nous nous sommes perdues en voiture dans ce dédale mais ça valait le coup, il y avait de beaux paysages – ensuite de quoi nous avons fait le tour du Hollywood Reservoir à pied, passant sur son barrage.

Kathryn était cheffe de production pour la télévision et elle est par ailleurs réalisatrice de documentaires – un aperçu de son travail ici ; elle a présenté un autre de ses films au festival parisien Cineffable, bien connu de mes amies. J’espère que je la reverrai un jour. (Elle est aussi nulle en selfies que moi…)

Ce soir, je suis allée voir le coucher du soleil depuis Runyan – pas tout en haut, je pensais que je n’aurais pas le temps de faire le tour du canyon (erreur d’estimation) ; ce sera pour demain. Deux jeunes Françaises se sont assises un peu en amont de l’endroit que j’avais choisi, en plein chaparral. L’une d’elles a dit « Et les serpents ? » et l’autre a balayé sa crainte d’un grognement. Ce n’est pas la saison des serpents à sonnettes, certes, mais il n’empêche que mon gars de Bengalore en a bel et bien croisé un l’autre jour dans un paysage similaire. Ok, je suis un peu jalouse de l’insouciance de la jeunesse. Ce coucher de soleil était déjà très beau de là où je l’ai observé. Ici, à l’ouest :

Et ci-dessous, à l’est

Alors qu’approche l’heure d’aller me coucher, un hélicoptère tourne en boucle sur un petit périmètre entre Sunset et Hollywood Bvd, depuis une demi-heure ; je peux voir ses lumières verte, jaune et rouge par la fenêtre sans bouger de mon bureau. C’était déjà arrivé avant-hier, ça avait duré plus d’une heure. Alors, qu’est-ce qui peut bien se passer, là-dessous, à quelques pas de chez moi ? Vivre avec l’omniprésence des hélicoptères est très étrange, on se sent dans un monde dystopique. Voici quatre de mes photos d’hélicos les plus réussies. Cherchez l’intrus.

Vous avez trouvé ? Je me suis renseignée, celui en bas à droite est un hélicoptère de l’US Navy. Les autres sont tout simplement des appareils du LAPD.