Los Angeles, jour 22

J’ai étudié le plan de la ville pendant une heure, au réveil, avant de me fixer un itinéraire et de m’y tenir. J’ai découvert à cette occasion que l’annonce du Airbnb était mensongère et que depuis une semaine je ne vivais pas à WH mais à Hollywood, youpi ! WH et ses hipsters, ça commence à 973 m de ma porte. Je suis allée à Downtown, sans surprise. Il y avait encore deux choses que je voulais faire. D’abord, je devais vérifier que le campement de mon personnage Janelle pouvait exister là où je l’avais situé – quelques centaines de mètres après la sortie du 2d Street Tunnel, qui figurait déjà sur mon intinéraire lors de ma promenade nocturne très flippante d’octobre 2024. (Kathryn ne savait même pas qu’on pouvait y passer à pied. On peut.)

Le 2d Street Tunnel est connu pour de nombreuses scènes de cinéma, notamment dans Blade Runner (Ridley Scott, 1982), Repo Man (Alex Cox, 1984, dont j’ai déjà parlé ici) et Independence Day (Roland Emmerich, 1996).

Voici la scène la plus violente à laquelle j’y ai assisté :

La deuxième chose que je voulais faire avant de partir, c’était prendre le métro aérien entre Pico Union et Cypress Park pour passer au-dessus de la L.A. River et aller voir sa petite soeur, l’Arroyo Seco – je n’avais pas le temps de pousser jusqu’au Colorado Street Bridge à Pasadena, ni d’aller voir à quoi ressemble Altadena depuis que les incendies l’ont réduite en cendres (JP me décrit des paons qui se promènent dans les décombres). Il faudra que je revienne.

L’Arroyo Seco.

Puis je suis retournée à Los Feliz, où j’avais rendez-vous avec JP pour le déjeuner. Juste en face du diner que j’avais choisi, j’ai croisé une amie d’amie (Claire, c’est spéciale dédicace pour toi) + Liz Taylor (ça alors, je parlais d’elle hier).

Et avant d’entrer dans le diner, j’ai levé la tête et voilà que je découvrais, sur la colline d’en face, la Ennis House que j’étais allée voir avec Laura la semaine de mon arrivée mais dont je n’avais pas réussi à prendre de photo satisfaisante de près. (Elle aussi apparaît dans Blade Runner, et dans bien d’autres films.)

Bref, voici le diner où j’ai donné rendez-vous à JP ; je l’ai choisi parce qu’il est proche d’Akbar, où elle travaillait cet après-midi et parce qu’une scène de The Hidden (Jack Sholder, 1987) y a été tournée.

Il y a quarante ans.

Aujourd’hui.

Et Kathryn, qui avait un déjeuner de travail ce midi, m’a fait la surprise de passer avec sa fille pour me dire au revoir. J’étais très émue. J’ai de la chance d’avoir rencontré ces deux phénomènes.

Ensuite, j’ai couru directement à Runyon Canyon pour ne pas manquer mon dernier coucher de soleil angeleno mais, en chemin, j’ai fait un petit détour pour vous offrir le château du jour, avec en prime une enseigne haute. Il apparaissait déjà dans le livret de mon expo Do Mi Si La Do Ré (que l’on peut télécharger ici).

Je suis arrivée là-haut ruisselante, les moustiques étaient heureux que je n’aie pas eu le temps de passer chez moi enfiler un pantalon et une cagoule. On devine sur la photo ci-dessous les deux ailes du canyon et les chemins par lesquels j’y monte (à gauche) et en descends (à droite – le chemin du milieu mène à l’aile gauche).

Je suis descendue lentement, savourant l’alternance d’air chaud et d’air froid car des courants traversent le canyon comme des courants marins, et les courants froids ont une odeur de vieux livres et aussi un peu d’église. Les chouettes étaient nombreuses et bavardes.

Je me suis arrêtée pour en enregistrer une. Je me suis dit Tiens, et si je la filmais ? Je l’ai fait, et voyez. C’est hollywoodien mais sans effets spéciaux.

Alors que j’avais presque atteint le bas du chemin, j’ai croisé le guitariste. Il était en retard et montait dans la nuit, sa guitare sur le dos, en courant et en chantant avec ce qu’il trouvait de souffle. Je lui ai dit au revoir aussi. Et maintenant, je vais essayer de dormir, en cette dernière nuit californienne. Je n’y crois pas trop parce que j’ai un-e voisin-e qui s’essaie aux claquettes avec des sabots de 6pm à 6am tous les jours que God fait, quelqu’un-e qui ne dort pas et ne sait pas rester assis-e. Ne me demandez jamais conseil dans vos choix de logements, sauf peut-être pour procéder par élimination.