La Poussière

Quand j’ai entendu le nom « Covid-19 » pour la première fois, j’étais en train de vivre l’une des plus belles années de ma vie. J’avais une merveilleuse fiancée, je venais d’emménager dans ma nouvelle maison, où je désignais un certain nombre de phénomènes inexpliqués du nom de Polty et, deux semaines par mois, j’étais en résidence au Triangle de Rennes, où j’écrivais un roman de fantôme qui jouait avec tous les codes du genre. La Poussière est aussi une allégorie de la lutte des classes – le quartier imaginaire où se déroule l’histoire est un décalque du Blosne, la ZUP sud de Rennes. Enfin, c’est le seul de mes romans pour adultes dans lequel on trouve un personnage d’enfant, ça ne risque pas de se reproduire alors on en profite. Ce roman a connu un sort mouvementé pendant ces six dernières années, mais enfin le voici, aux éditions Cambourakis. Il paraîtra le 2 septembre.

L’image de couverture, comme celle de Colline, est d’Aurélie Taillepied.

J’aime tisser des liens entre mes différents textes ; ici, on retrouve la toile que j’évoquais déjà dans Terrils tout partout (éditions Cours Toujours), une toile qui appartenait à mes grands-parents maternels et que j’ai récupérée quand nous avons dû vider leur maison (c’est l’un de mes biens les plus précieux sentimentalement)

et des chansons de Louisiane que l’on entend aussi dans La Geste permanente de Gentil-Cœur (éditions de l’Attente), dont celle que vous pouvez entendre ici, Faut tu Voir de Bonsoir, Catin (catin veut dire jeune fille en cajun)

et Danse Kalinda Ba Doom de Dr John

Quatrième de couverture : Un quartier prioritaire, en marge d’une grande ville. Laissant derrière elle ses fantômes, « l’invitée » arrive en résidence dans l’ancienne conciergerie d’une institution culturelle. À quelques pas de là, Marilyne vit dans un logement social avec sa fille Léna, dont les seuls amis sont les écureuils – jusqu’à ce qu’elle fasse la connaissance de Pierrette. Le problème, c’est que Pierrette est morte avant même que la campagne environnante ne soit enfouie sous les grands ensembles, il y a plus de cinquante ans. Et que la nuit, Pierrette entraîne la petite fille dans les méandres de la cité, au fond des puits, au bord d’un mystérieux ruisseau qui coule sous le béton. Pierrette blanchit les cheveux, saccage la vaisselle et tapisse les murs de sang. À mesure que le phénomène s’intensifie, Marilyne et l’invitée s’enfoncent dans un labyrinthe urbain aux contours insaisissables, où la mort semble contagieuse. Roman de fantômes, La Poussière désigne l’enclave de la cité comme un château hanté où les dissonances sociales, culturelles et intimes s’entremêlent jusqu’à brouiller les identités.