retard de Spl. & Merv.

Je manque de temps pour tout, pour répondre aux mails des amies, pour afficher les Splendeurs & Merveilles de mon territoire sur ce blog, pour errer comme j’en ai besoin. Mes nerfs sont une pelote de fil de fer, mon cerveau a des ratés, aussi j’ai décidé de ne plus accepter aucun travail ni aucune résidence supplémentaires cette année, quoi qu’il arrive – ce matin encore, une proposition vraiment tentante est arrivée avant même que j’aille courir dans les lumières folles de l’aube mais comme Valentina aime le dire avec son irrésistible accent, Non c’est non. Cette semaine, j’ai cru que j’allais disjoncter ; ce qui m’a sauvée, c’est de m’accorder d’aller à la Forge à vélo, 45 km en passant par les chemins de halage, au soleil, et quelque chose en moi s’est défroissé. Je n’ai certes pas avancé dans les corrections de Colline cet après-midi-là (je n’ai pas mentionné le fait que j’ai dû, de nouveau, laisser Nue de côté – ce manuscrit maudit – puisqu’une éditrice a enfin envie de donner une chance à mon texte « trop radical ») mais on travaille moins bien mort et il s’avère que je suis une petite nature, si je ne respire pas, si je ne cours pas ni ne pédale à distance de la ville, je dépéris. Une de mes amies me disait hier qu’un de ses jeunes collègues ne déjeune pas parce que « manger, c’est pour les faibles » ; je suis heureuse d’être vieille et faible, j’adore manger, prendre le temps de faire des choses improductives, j’adore me rendre inutile. Ce matin, donc, le ciel était d’une beauté exaltante ; les photos prises avec mon téléphone sont loin de rendre honneur à toutes ses subtilités.

Hier soir, mes amies et moi sommes allées saluer les champignons de Pinchonvalles,

juste avant le crépuscule.

Mercredi, ce sont ces champignons de Sallaumines au lever du soleil qui m’ont donné envie de m’arrêter le temps d’une photo.

kisses from Epping forest,

une forêt non loin de Londres où nous avons croisé un cerf, ce matin, mais il s’est enfui trop vite pour que je puisse le prendre en photo. Je me suis contentée de prendre des photos d’arbres morts, ma nouvelle passion : ils accueillent de tels biotopes, c’est magnifique et fascinant…

Il y a aussi beaucoup d’arbres creux, également de formidables habitats pour toutes sortes d’espèces.

Et bien sûr, des champignons de toutes sortes. J’ai essayé de décrire en anglais ce qu’est la mycorhize mais je pense que même mes bras (dont un jour un passant m’a lancé qu’ils étaient plus longs que moi) n’étaient pas assez grands.

On était bien, dans la forêt. Valentina était un petit oiseau noir, joyeux et

contagieux.

bateau-mouche

Quelques Splendeurs & Merveilles en bonus du /3:/3 précédent, hier après-midi de Libercourt à Dourges.

Jurassic expo, Libercourt

ici bientôt votre police, Oignies

héron & aigrette, parc des Hautois, Oignies

le 9-9 bis (et en arrière-plan le petit terril 107 très boisé de Carvin) depuis les terrils 116-117, Dourges

libellule faisant une pause sur l’escalier du 116-117, Dourges

perdrix au bord de la mare-lac du 116-117, Dourges

l’un des étangs du parc des Hautois, Oignies

101

C’est l’un de mes terrils préférés. Ce matin, je n’avais pas envie de courir (traumatisme du chasseur qui m’a tiré dessus samedi dernier) aussi j’ai sauté sur mon vélo et pédalé de toutes mes forces. J’ai atteint Hénin-Beaumont à temps pour voir le soleil se lever depuis le 101.

Quand je suis arrivée, je dégageais de la vapeur d’eau après cet effort soutenu dans l’air froid, j’ai dû enlever mes lunettes pendant un bon quart d’heure, la buée revenait instantanément à chacune de mes tentatives de les remettre. Disons que je n’ai pas vu le panneau, je ne savais pas que l’accès au terril était désormais interdit. J’y suis venue tant de fois. Ce site est dangereux, dit le panneau, sauf pour les gens autorisés à se mettre en danger ; le panneau aime les gens, il aime les gens qui ne tombent pas dans des ravines – il est vrai qu’il y en a, on les voit ici qui coupent le paysage comme un vulgaire gâteau noir,

certaines profondes, d’autres moins

Je ne veux pas renoncer à voir le soleil se lever ici

ni renoncer à me perdre dans les multiples plateaux de ce site plus complexe qu’il n’y paraît (i.e. typique minier),

à nul autre pareil

Je ne veux pas avoir à pâtir du fait qu’une douzaine de gamins venaient encore récemment brûler de l’essence et se donner des frissons faciles sur leurs motos et leurs quads au fil de ces reliefs insaisissables, je ne veux pas être jetée avec les pneus des flaques, je ne veux pas être privée de 101

Je veux continuer à prendre des photos de ses bizarreries en toutes saisons, toutes lumières, toutes conditions météorologiques

C’est ce que j’ai décidé, en prenant quelque chose comme 79 photos, quand j’ai vu ce pauvre bébé ; j’avais l’appareil à la main, je ne savais pas ce qu’il fallait faire, ce qui convenait – comme si quelque chose convenait ou pas face à la mort d’un innocent (et mort de quoi ? ce terril étant assurément un terril Délivrance, je ne serais pas surprise que des chasseurs y sévissent sans autorisation ni permis). J’ai rangé mon appareil. Puis je me suis dit que non, je ne pouvais pas nier son sort affreux, je ne pouvais pas passer mon chemin sans tenter de lui rendre hommage de la seule manière maladroite que je connaisse, même si cet hommage ne lui rendra pas la vie. Je lui dédie ces quelques vues de ce qui fut le paradis de sa trop courte vie.

Le monde est un peu moins vivant depuis que tu n’y bondis plus, petit lapin

59 km en 7 images

Hier matin, j’ai renoncé à voir le soleil se lever ; j’ai commencé à travailler dès potron-minet, me réservant l’oxygénation pour l’après-midi : une différence de 11 degrés valait bien ce sacrifice d’un jour. Je n’avais pas l’intention d’aller très loin mais j’ai laissé ma curiosité s’ébattre en me disant qu’après tout, c’était l’un des derniers beaux jours de l’année, que par ailleurs j’avais déjà travaillé six heures et que j’aurais encore toute la soirée, sans compter que j’ai eu le week-end le plus studieux de toute la communauté d’agglo. Ma conscience va bien, je ne me justifierai pas. Parmi les pépites de ma petite virée,

Luxuriance à Roost-Warendin,

maison de quartier sous forme d’église en parpaings à Auby

multifonction à Moncheaux,

en face du sophora pleureur qui ne doit pas être né l’année dernière

contrairement à ces jeunes sapins dont l’espérance de vie est désormais d’un mois,

à Raimbeaucourt, où je n’ai pas pu m’acheter de chaussures parce que c’était lundi

mais où j’ai pu admirer les bas-reliefs de la salle des fêtes, qui mettent à l’honneur les arts vivants

c’était une très chouette promenade

Vani / tir

Hier, j’ai décidé de me donner mon après-midi : j’avais trop travaillé toute la semaine, sur trop de projets à la fois, mon cerveau boudait, il faisait beau, alors j’ai sauté sur Mon Bolide et cédé à l’appel de la forêt qui me taraudait depuis des jours. J’ai donc pédalé jusqu’à la forêt domaniale de Phalempin, avec un crochet par le bois de l’Émolière, qui en est une partie mais qui est sis entre Libercourt et Wahagnies (prononcez Vani). C’est là que, contre toute attente puisqu’il était 14h, j’ai aperçu Monsieur. J’ai dit Tiens tiens, bonjour. Il n’a pas bougé.

J’étais surprise qu’il ne m’aboie pas dessus car, bien souvent, c’est ce que font les mâles quand je cours ou pédale sur leur territoire, je m’entends mieux avec les chevrettes et les faons. Or c’était assurément un chevreuil, on le voit bien : il a des bois, pas de miroir en forme de cœur sur les fesses et puis, euh.

Un Monsieur, en somme. Qui n’a pas semblé dérangé par ma présence. Je lui ai dit que j’étais très touchée de sa confiance mais qu’il ferait bien d’être un peu plus prudent ; c’est à ce moment-là qu’il a commencé à se laver. J’ai insisté, j’ai tenté de le raisonner tout en regardant autour de moi pour m’assurer qu’un sanglier n’avait pas une insomnie, lui aussi. Puis nous avons repris chacun.e notre chemin. Qu’est-ce que j’étais censée faire ? Hurler, faire du bruit pour lui rappeler que les humains sont un danger ?

Je me suis arrêtée à la niche 5 étoiles de la Vierge Marie derrière l’église de Wahagnies pour lui demander de protéger les innocent.e.s des chasseurs. Par exemple, je lui ai suggéré avec diplomatie, tu pourrais leur souffler de troquer leur fusil contre un appareil photo. Cette fois, je n’avais pas oublié son allergie aux fruits à coque et lui avais apporté une barre de céréales aux pommes bio en offrande, j’avais mis toutes les chances de mon côté, pourtant elle m’a répondu assez agacée, « Qu’est-ce que tu lis sur mon autel ? Ave Rita ? » Merci beaucoup, ND, toujours aussi aimable.

Je suis rentrée de Phalempin en faisant des détours pour éviter les routes fréquentées. Alors que je traversais Estevelles, j’ai vu un California Dreaming particulièrement réussi.

J’ai préparé ce billet avant d’aller me coucher, hier soir. Et ce matin, il résonne étrangement après ce qui vient de m’arriver. Je courais au pied d’un terril, dans une ville qui laisse les canetons agoniser dans des bassins de rétention, quand j’ai vu un chasseur pourtant bien caché dans les buissons. Une caricature vivante en camouflage intégral, mais sans gilet orange puisqu’il était de toute façon dans l’illégalité (ici la chasse n’est pas autorisée le samedi), un vrai gros dur à moustache brosse, le fusil posé sur la crosse, contre sa jambe. Je n’ai pas réfléchi, j’ai dit qu’il n’avait pas le droit d’être là et que j’allais le signaler. J’ai continué de courir et soudain je me suis dit Mais enfin, tu es complètement stupide ou quoi ? Il a une arme… Ma spontanéité finira par me causer des ennuis. Et de fait, un coup de feu a retenti dans mon dos. Je ne sais pas s’il m’a visée ou s’il voulait juste me faire peur, je suppose que c’est la deuxième option (à savoir une menace de mort, tout de même) mais je tremblais quand j’ai appelé la police. Et maintenant, que faire ? Porter plainte ferait de moi une cible de tout le lobby (le fondateur de la fédération anti-chasse reçoit constamment des menaces de mort sous forme de balles dans sa boîte aux lettres, ce n’est pas une vie) alors je vais m’abstenir. Et laisser les types qui ont des fusils continuer de sévir dans la plus pure impunité. Ils ont l’argument suprême, le pouvoir de vie ou de mort, un pouvoir légal – au pire, ils prétexteraient l’accident de chasse : c’est puni par la loi, ça ? Ah oui, c’est passible de 3 ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende, selon l’article 221-6 du Code pénal. Tranquille.

avant Paris

où (RAPPEL) Wendy et moi présenterons L’Évaporée demain vendredi à 19h aux Mots à la Bouche et samedi à 16h à la Régulière,

avant Paris où je me réjouis d’aller (une fois n’est pas coutume) parce que voir ligne précédente + il y aura des amies,

avant Paris, malgré la joie des rencontres en librairie avec Wendy, que je verrai donc pour la troisième fois de ma vie (n’est-ce pas fou ?),

j’ai eu besoin de faire un petit tour à vélo ce matin dans mes paysages, de respirer l’air pur, la lumière, la brume, le silence et la beauté

le dernier samedi de mes 47 ans,

je me suis offert une virée à vélo malgré toutes les choses à faire (dernières retouches à mon manuscrit avant de l’envoyer à une éditrice, grand ménage de la maison pour accueillir mon amoureuse, sélection de passages à lire en librairie la semaine prochaine, etc.) et j’ai vu plein de choses étonnantes, drôles et/ou belles et rencontré des gens si gentils que ça faisait des bulles dans mon cœur (la plupart du temps, j’aime les gens tant qu’on n’aborde pas de questions relatives au régime alimentaire et plus généralement aux animaux et à la nature).

D’abord, il y avait des résidus de brume sur les champs et les friches comme une meringue (vegan).

Et puis j’ai frôlé l’arrêt cardiaque à Mazingarbe mais ensuite j’ai regretté que ce cochon noir ne soit pas un sanglier ; on s’est regardés dans les yeux un long moment puis j’ai osé prendre cette photo mais le flou atteste que je tremblais encore, même après avoir compris ma méprise.

À Labourse, on n’a peur de rien. Voici la rue Honneur et Patrie, rien moins. Je prenais des photos de ces panneaux quand une dame en robe de chambre m’a demandé depuis le premier étage de sa maison si elle pouvait m’indiquer mon chemin. J’ai sursauté mais ensuite tant de gentillesse m’a tellement émue que j’aurais aimé être vraiment perdue pour lui dire oui, vous pouvez m’aider. Il y a des gens adorables, rue Honneur et Patrie.

Ce matin, j’ai aussi appris des choses : vous saviez qu’elle était de Noeux-les-Mines, vous ?

À Sailly-Labourse, une Vierge Marie prie aux pieds d’une Vierge Marie en prière et il y en a une troisième dans la grotte ; ce triplement de personnalité n’est pas nouveau, je l’observe même très souvent. Je ne vous cache pas une certaine inquiétude pour VM.

Triplement aussi de l’iconique terril conique, depuis les champs quelque part entre Vermelles et Vendin-le-Vieil.

Pour finir, vous allez me remercier pour le bonne tuyau :

C’est à Loison-sous-Lens ; si ça vous intéresse, je vous enverrai l’adresse précise.

septembre

a commencé ici ce matin,

parmi les lièvres solitaires et

ceux qui content fleurette.

Parfois, comme ici à Aix-Noulette, la signalétique est paradoxale ;

parfois, comme à Bouvigny-Boyeffles, elle n’a pas fonctionné.

Sur le chemin qui marque la frontière entre Hersin-Coupigny et Fresnicourt-le-Dolmen, dominant la zone de gestion des déchets toujours très fréquentée par les mouettes, une cigogne.

En zoomant (voir ci-dessous), je me suis aperçue qu’elle était baguée ; j’ai d’abord, évidemment, serré les dents. Puis j’ai appris pourquoi (c’est exactement comme pour les ours et au fond, même si c’est pathétique, ça les protège des chausseurs, ces dégénérés) alors j’ai rempli ma petite fiche sur le site dédié à ciconia ciconia.

On peut y lire ceci :

« Le programme porte sur l’étude de la biologie, de la dynamique et des comportements migratoires de la Cigogne blanche Ciconia ciconia. Cette espèce a failli disparaître dans les années 70, sa population s’étant restreinte à 11 couples dans l’est de la France. Depuis, et ce grâce à des programmes de conservation, aux lois de protection, à l’interdiction de la chasse sur cet oiseau, aux meilleures conditions climatiques d’hivernage en Afrique, etc… la population française se redynamise, apportant alors un nouvel espoir à l’espèce. Aujourd’hui, environ 4500 couples se reproduisent sur l’ensemble du pays et, chaque année, 2 grands mouvements migratoires sont observés par le plus grand nombre d’entre nous.

Ces dernières années, la Cigogne blanche a su s’adapter à la fois aux menaces climatiques, mais également aux activités humaines, présentes tant sur ses sites de reproduction, que sur les zones d’hivernage. Ce grand migrateur, originellement subsaharien, foule de moins en moins le sol africain, et tend davantage à passer l’hiver sur nos marais mais aussi sur les décharges à ciel ouvert françaises, espagnoles et portugaises.

Si le baguage démontre un intérêt scientifique incontournable dans l’étude de la biologie d’une espèce, le contrôle de ces bagues n’en est pas moins important. En effet, le contrôle des bagues métalliques et DARVIC posées sur ces oiseaux constitue la finalité et l’aboutissement de l’étude d’un individu. Ainsi, de nombreuses connaissances scientifiques ont été acquises par ce biais : dates de départ et d’arrivée de migration, nouvelles zones d’hivernage, proximité au site de naissance d’un individu en première reproduction, taux de survie des individus bagués, etc…

Ce site a donc été créé pour vous permettre de nous transmettre vos observations sur la Cigogne blanche. Votre participation nous permettra d’écrire l’histoire de chaque oiseau bagué. Vous pouvez également, grâce à la bague DARVIC, consulter l’histoire de l’individu observé. »