Mon été à rebours

Cet été, j’ai renoué avec ma première amoureuse. Nous ne nous étions pas vues depuis 33 ans et je dois au Black Cat, un resto vegan à Londres, qu’elle soit de retour dans ma vie. Au mois de juin, j’y déjeunais quand Why Can’t I Be you? des Cure a explosé dans les enceintes et soudain j’ai revu une scène de mon adolescence : David tournant le volant de sa voiture de gauche à droite au rythme de cette chanson, sur l’autoroute en direction de Lille, Laurence, Naïma, Séverine et moi hurlant de rire et de peur. C’était le premier groupe d’ami-es de ma vie – nous étions les freaks du lycée. J’ai décidé de les retrouver. Je cherche encore deux d’entre nous, Laurence Liévin et Naïma Boukacem (à ma droite sur la photo de classe) : qui sait, peut-être que quelqu’un-e d’entre vous les connaît, ce ne serait pas la seule coïncidence folle de l’année.

Cet été, j’ai passé quelques jours avec ma plus ancienne amie, Gwenola Breton ; sur le selfie, nous sommes avec une autre de mes amies proches, Aude Rabillon, aux Gens Sérieux (c’est tout nous) à Crest.

Gwenola et moi nous sommes rencontrées en hypokhâgne il y a exactement 35 ans. Nous ne nous sommes jamais perdues – jamais bien longtemps. Ensemble, tout est facile et nous aurons toujours un peu 18 ans, comme sur ces photos qu’elle a prises de moi et développées elle-même à l’époque.

Cet été, j’ai fait 4500 km de vélo, photographié des grottes de Lourdes,

traversé des aubes tendres ou flamboyantes,

appris le nom de nombreuses plantes,

j’ai voyagé dans le temps, je me suis baignée dans la Drôme et dans l’amour inconditionnel et indéfectible de personnes sublimes,

j’ai accueilli le chat de ma voisine Peggy,

j’ai lu un tas de livres et en ai apprécié certains, je me suis gorgée de musiques, je suis allée au festival Futura avec Aude, en suis ressortie encore plus fan d’Edith Alonso et de Léa Thirion, et maintenant le dernier (triple) album de Sarah Davachi m’accompagne vers l’automne.