1 photo de chat, 1 pub & 1 teaser

depuis que Joe nous a quittés, Dame Sam dort toute la journée sur mes genoux pendant que je travaille

le soir venu, je la soulève et la dépose sur ma chaise pour vaquer à mes occupations d’humaine (comme boire des verres avec des amis et danser à m’en faire des bleus aux genoux), et elle, elle reste seule et elle pleure : insoutenable

alors j’ai décidé de l’emmener partout désormais

ce soir, Dame Sam et moi allons voir Rain à l’opéra puis nous irons boire un verre avec Patrick Varetz dont (pub !) le dernier roman, Sous vide (P.O.L), est en librairie aujourd’hui

demain matin, Dame Sam viendra courir avec moi ; au programme : Lambersart et Lompret (j’ai repéré deux chalets du Nord que je n’ai pu prendre en photo parce que leurs propriétaires auraient été dans le cadre)

bientôt, il faudra que j’achète des magazines pour Dame Sam (elle n’est pas très romans) car nous aurons 5h30 de TGV – heureusement sans changement, elle déteste le métro parisien – ; chez mon amour, elle pourra jouer avec le gecko – enfin, s’il veut bien, il est très timide : moi-même, je ne l’ai jamais vu

plus tard, nous irons à Bruxelles, où elle pourra s’amuser avec Janet pendant que l’humaine de Janet et moi travaillerons à notre spectacle (teaser !) en buvant force verveine

ça ne semble pas si compliqué, en vérité

Incivilité

aujourd’hui j’ai croisé une feuille morte
chassée par le vent et
je l’ai prise pour un moineau
j’ai fait une embardée à vélo pour ne pas la percuter
je lui ai crié oh !
tu pourrais faire un peu attention merde
tu n’es pas seule au monde

je n’étais vraiment pas contente

*

Bill Callahan : Too Many Birds

Angles

Sous certains angles, la ville s’emmêle dans le regard. De la maison semble pousser le clocher qui se dresse devant la tour, et la brume est leur complice. Et la vitesse et la musique et la pensée de celle que j’aime, qui est aussi une musique, donnent à l’ensemble un relief surnaturel, comme si je pouvais, de loin, de mes mains, assembler autrement les différents plans qui s’offrent à moi ; sauf qu’ils sont très bien, là. Très bien comme ça.

(Boulevard Alphonse Gayet, Mons-en-Baroeul.)

Cercueil : Odd lines

Adagio assai

je me dissous dans
l’évidence de ta peau comme la lumière
se dissout dans le gris du jour déclinant
son grain se resserrant insensiblement sur nous

les heures glissent sur la fenêtre de la chambre 512
soulignent au fusain tes traits que mes doigts
parcourent extatiques
leur pulpe pâmée de traduire chaque grain de beauté
en inéluctable dévotion

aucun bruit ne nous parvient à travers la pénombre
sinon le carillon de l’ascenseur
tandis que dans mon esprit s’égrène
l’adagio assai du concerto en sol *
cette phrase longue, lente et qui coule **
sur le clavier comme une pluie tiède égale et tranquille ***
une pluie semblable à celle qui caresse la fenêtre
éteinte de la chambre 512

où la vie se reconstitue où la lumière
de nous seules perceptible
sourd d’entre les épidermes
et le temps une fois encore se suspend
pour nous

*

Maurice Ravel : Concerto en sol (Martha Argerich au piano et on dirait bien Nikolaus Harnoncourt à la direction mais je n’ai trouvé aucune trace d’une telle collaboration sur Ravel – qui mériterait bien un !?! Si vous en savez plus, merci de m’envoyer un pigeon. Pour les fainéants, l’adagio assai commence à 9’30.)

* De Maurice Ravel.
** Marguerite Long à propos de l’adagio assai.
*** Vladimir Jankélévitch, idem.