L’arrière-monde

Nous avons récemment abordé ici, dans un registre que nous désignerons modestement comme celui des sciences politiques, le sujet de l’arrière du monde, et nous avons pu vérifier que ni le Propriétaire ni ses contribuables ne savaient que faire de ce derrière. Eh bien, si ça ne dérange personne, j’en veux bien, moi. Ce que j’en ferais ? Mais je le fais déjà (je n’en réclame que l’usufruit, voyez-vous), et c’est ce que je fais d’à peu près tout espace qui est soumis à ma curiosité : je l’occupe. Je l’embrasse dans mes baskets et dans mon regard. Ma vie n’a guère d’autre sens que cela et c’est bien assez.

Encore des voies ferrées (4)

Un jour, j’ai lu que les rats grouillaient autour des voies ferrées ; l’article ne précisait pas pour quelle raison et peut-être n’était-il pas fondé, mais c’est trop tard maintenant : je l’ai lu et ne peux effacer sa trace de mon esprit. N’étaient les rats, je suis sûre que l’un de mes loisirs favoris serait de longer les voies ferrées à pied avec mon appareil photo, parce qu’elles offrent sur les villes et les campagnes un angle unique et fascinant, généralement post-apocalyptique, mais aussi parce que je ne me lasse pas de les trouver belles, c’est comme une obsession. Chaque fois que je découvre un nouveau tronçon de voie ferrée, je frémis, c’est ainsi.

Lomme et son beau dénivelé

Ronchin, vers Lezennes

Lambersart

Saint-André – ici, l’abondance de détritus sur les côtés suffirait certes à expliquer la présence de rats (oui, je sais, je sais que je vous ai déjà présenté cette voie ici avec luxe de détails, mais vous voyez bien que ce n’est pas du tout la même lumière, non ? donc ce n’est pas non plus tout à fait la même voie ferrée, laissez-moi tranquille)

Haubourdin

Sequedin

Détail de la voie qui traverse les champs entre Haubourdin et Sequedin, tronçon qui a déjà eu ici son quart d’heure National Géo (je trouve ça tellement beau que je me roulerais dessus, dans un monde sans rats – j’ai l’habitude des hématomes : j’aime beaucoup danser, à ma manière. Cela dit, cet élan qui me pousse à m’allonger sur les voies ferrées n’est pas des plus prudents, j’en conviens)

(à suivre…)

Une vie après la mort ?

Rue du Chevalier de l’Espinard, entre Lille et Loos, l’on ne craint pas de poser des questions ontologiques. J’aurais bien sonné chez ce chien pour vous apporter la réponse que nous cherchons tous mais j’avais de la boue jusqu’aux genoux et il me semble que la révélation promise requiert un minimum de tenue. (Aussi, j’ai peur des chiens, surtout de ceux qui sourient.)

SM

« Je l’aime comme un être humain », disent certains cavaliers en parlant de leur (adjectif possessif) cheval. « C’est ma fille », ai-je même entendu récemment à propos d’une jument. Et, plusieurs fois, « Je ne pourrais pas manger de cheval ». Eh bien, heureux les chevaux, je suppose.

Saturday night fever (17) : Des soleils

Je ne peux partager avec vous la musique qui m’accompagne depuis des jours ; tout juste puis-je vous dire qu’il y est question de soleil. En voici quelques autres. Certains sont des soleils noirs, bien sûr.

Margo Guryan : Sun

Movietone : Sun Drawing

Colleen : Sun Against My Eyes

Soap & Skin : The Sun

Colin Stetson and Sarah Neufeld : The Sun Roars Into View

Caribou : Sun

Einstürzende Neubauten : Total Eclipse Of The Sun

Dancing in the art gallery

Mon antique et moi, on se fait des expos, ces jours-ci. On se retrouve quand la nuit va tomber, c’est-à-dire à l’heure du goûter, et on s’immerge. Aujourd’hui, nous avons dansé au Tri Postal et, si je le mentionne, c’est parce que cette expo, Performance, est la première qui m’ait vraiment captivée depuis longtemps – la vidéo de Danica Dakic (artiste de Sarajevo), Isola Bella, m’a subjuguée, je voudrais la voir 17 fois. Aussi vais-je jouer la touriste dans ma propre ville et poster des photos de l’expo – eh oui. Aucune d’Isola Bella, cependant.

Sur les trois photos ci-dessous, Antique et moi dansons avec Antique et moi dans le style Gouniche au cœur d’une installation de Dan Graham, Present, Continuous, Past(s), pièce qui a notre âge (elle est de 1974).

Dans cette vidéo de Babette Mangolte, Water Motor, c’est Trisha Brown qui danse – une chorégraphe qu’a connue Meredith Monk à la grande époque du Judson Dance Theater.

Un détail de Shadow Play, œuvre mouvante de Hans-Peter Feldmann.

L’art et les Mickeys, suite

Comme tous les ans, à l’approche de Noël, les Mickeys faits main fleurissent sur les fenêtres les plus audacieuses de la métropole lilloise. L’année dernière, je vous avais régalés d’un Dingo hellemmois particulièrement artistique, que vous pouvez retrouver ici avec nostalgie. Mon Mickey préféré des alentours reste cependant celui-ci, à Lomme Délivrance : un Mickey qui ne connaît pas les saisons mais que les saisons connaissent, ce qui le rend très poignant à mes yeux émotifs. Aujourd’hui, je courais à Faches-Thumesnil quand j’ai rencontré les premiers de l’année ; il s’agit très précisément d’un Mickey et d’une mini Minnie. Après une dose de soleil hier soir et une dose de sommeil cette nuit, j’étais prête à les accueillir avec la joie la plus pure et pleine. J’aurais exécuté une danse de bienvenue pour eux si la pluie n’avait pas rendue si difficile la flexion de mes diverses articulations. Je vous laisse admirer sans plus attendre nos nouveaux amis de fenêtre.