Bestiaire de Wattignies (1)

Certaines villes fascinent par leur rapport particulier au monde animal. Wattignies est de celles-ci. Pour commencer, je me contenterai de m’attarder sur une maison. L’une de ses voisines vous ouvrira ses ailes dès demain, j’en fais ici le serment. Entrons en douceur dans cet univers sauvage.

Je sais que c’est flou, merci bien, j’essayais simplement de vous préparer à la vision terrifiante que voici :

Bouh… Et ce n’est pas tout…

(Rue Albert Samain.)

Captain Beefheart : Wild Life

Des moulins

N’ayez crainte, d’autres suivront. Les moulins, on en trouve quelques-uns par ici. Un peu moins que les puits, les chalets, etc. mais quand même, ici, on aime bien les moulins.

WELCOME TO SUNNY WATTIGNIES !

(Rue Clemenceau, Wattignies.)

BROKEN WING

(Rue Claude Debussy, Lambersart.)

Dusty Springfield : The windmills of your mind

Des sabots, et al.

Voici votre patience récompensée, respectables admirateurs des sabots de façade, puisque j’ai trouvé un nouveau compromis entre votre magnifique obsession et quelques-unes des miennes. Donnons-nous la main devant cette maison de la rue Édouard Doyennette* et faisons une ronde de l’amitié. Ne me harcelez plus, vous voyez bien que je fais des efforts, moi aussi.

(Rue Édouard Doyennette, donc, à Lille Sud.)

* Rue nommée en 1933 ; Édouard Doyennette fut adjoint au maire de Lille et président de l’office public municipal. D’habitude, je ne vous livre pas ce genre d’information mais admettez que c’est chou, comme nom propre, Doyennette. Et l’anecdote est édifiante puisqu’elle démontre que l’on a plus de chance d’avoir une rue à son nom à Lille en ayant été adjoint au maire de Lille qu’en ayant écrit La Recherche du temps perdu.

In the upper room (10)

Je suis bien gentille, ce dimanche encore, de flatter vos penchants bigots. À ce propos, vous êtes nombreux à me réclamer des photos de poissons le vendredi mais il ne faut pas pousser. Je vous rappelle que je suis antispéciste et j’imagine avec horreur les rites alimentaires qui sous-tendent votre pétition. « Pas de cheval le vendredi », me dites-vous, car vous avez vous-même fait un peu d’équitation et n’êtes pas insensible à la cause de ce que vous appelez la noble créature – soit, qui ne mange pas sa monture ira loin (moi-même, je ne mange pas mon vélo) mais ici, je vous le rappelle, tous les animaux, y compris ceux des Rideaux et Voilages, sont libres et heureux. D’ailleurs je crains qu’en matière de créatures aquatiques, mon territoire ne recèle guère que des dauphins. Bref, laissez-moi tranquille.

(Clos Saint-Vital, La Madeleine.)

Public Image Limited : God

Une renaissance

moi aussi je veux danser partout
quoique sur place
et rapidement mais au ralenti
mais sans cheveux pour indiquer la vitesse
dans des lieux où personne ne pourrait me voir
pas même moi
assise dans le train avec
les traces de ta bouche sur la mienne
comme une renaissance

Claude Debussy : Sonate pour violoncelle et piano en ré mineur (interprétée par Jean-Guihen Queyras et Alexandre Tharaud – l’une de mes versions préférées).

L’appel du large (2)

(Rue de la Paix, La Madeleine ; fenêtre de droite.)

(Idem ; fenêtre de gauche.)

Et, comme dans les livres d’art (quoique dans un rendu minable à cause des reflets), un détail édifiant, dans la mesure où il démontre qu’il y a bien construction esthétique de la fenêtre maritime, et terriblement émouvant à la fois : cette osmose entre le dauphin – qui est aussi un pied de mini guéridon – et la mouette (que chantent-ils en chœur ?), moi, ça fait ma journée.

(Rue Saint-Joseph, La Madeleine.)

(Avenue Butin, Lille Bois Blancs.)

(Rue Anatole France, Lomme.)

Plinth (Michael Tanner) : Sirens

Les murs

Permettez que j’inaugure ici, de flamboyante manière, une série consacrée aux murs, à leurs revêtements et textures – série qui nous permettra, j’en suis sûre, d’affiner notre esthétique périurbaine.

(Rue Fourmentel, Lille Saint-Maurice-Pellevoisin.)

Fever Ray : Concrete Walls