Revue & Corrigée

Dans le dernier numéro de Revue & Corrigée, mon Brouillon permanent questionne la limite entre musiques expérimentales et populaires en s’appuyant sur les derniers albums de Zoh Amba et de Wendy Eisenberg (le Eyes Full de l’une et le Meaning Business de l’autre ont figuré parmi les tubes de mon été cycliste). On y trouve aussi mon entretien avec l’artiste sonore, flûtiste et céramiste Mélodie Blaison, que je remercie pour sa disponibilité. Le titre de l’entretien, Le rêve d’un souffle commun, est un clin d’œil à la poésie d’Adrienne Rich (particulièrement au recueil co-traduit par ma chère Lénaïg Cariou), une poésie qui nourrit l’univers de Mélodie – guettez la parution prochaine de son nouvel album…

Et n’hésitez pas à vous abonner à Revue & Corrigée – je rappelle que nous sommes tou-tes bénévoles, y compris notre wonder redac-chef Alexandrine Kirmser, mais nous aimerions pouvoir continuer de faire vivre l’unique revue française consacrée aux musiques expérimentales et d’avant-garde, or ça devient critique…

Antenne Books

Je voudrais remercier Antenne Books et particulièrement Holly Connolly de m’avoir consacré une interview au sujet de Basta Now. Vous pouvez la lire ici.


(Sur la photo, vous pouvez reconnaître Ragnhild May)

Biennale de Lyon

Retour en images sur mon week-end à la Biennale de Lyon avec LYL Radio :

bureaucrates à têtes d’élastiques de Mette Sterne (il y en a des dizaines dans des postures plus hilarantes les unes que les autres, ceci n’est qu’un minuscule aperçu) :

dans le ventre de la baleine avec Laure Prouvost

terrils de Lara Almarcegui

fantôme, détail infime d’une installation labyrinthique entièrement constituée de matériel électronique

vieil autocollant Panini déteint que quelqu’un a essayé de décoller avec les ongles :

exactement comme dans le labyrinthe de La Poussière

ma chambre d’hôtel s’est avérée avoir le même numéro que mon siège dans le TGV Lille-Lyon : non pas 666 mais 616

ma chambre était au sixième étage de l’hôtel, dans une aile en travaux. Aux étages du dessous, toutes les portes étaient ouvertes sur des chambres vides ; dans les couloirs, des vitres, des escabeaux et des baignoires étaient posés par terre comme des plateaux de room service. J’ai joué à La Poussière

j’ai aussi pris dans le jardin de l’hôtel une photo que je voudrais pour pochette si je sortais un album, avec sa naïade et ses lions en milieu trivial

Mais revenons à la Biennale. Dans l’espace de LYL Radio, ouvert sur l’exposition, j’ai proposé une séance d’écoute ; mes ami-es Marie et Valentin l’écoutaient confortablement installé-es sur l’un des canapés à disposition du public

j’ai assisté à un très beau concert de Myrrh wa Saphira

et le dimanche matin j’ai reçu quelques valeureuses volontaires qui ont écrit et enregistré le contenu d’un podcast – que vous pourrez entendre d’ici un mois (je vous tiendrai au courant).

Merci à elles, à toute la super équipe de LYL Radio, à Marie et Valentin, à Héloïse

Biennale d’art contemporain de Lyon : messes noires et musique sacrée

Le 26 septembre, dans le cadre d’un partenariat entre la Biennale d’art contemporain et LYL Radio, je proposerai une séance d’écoute aux Grandes Locos, à Lyon. Voici le programme.

Messes noires et musiques sacrées par des artistes FINTA*en musique expérimentale

Tracklist

  1. Claire M Singer, Cairn Toul (Saor, 2023)
  2. Sarah Davachi, Songs of the Smile’s Fig: III. Follies (The Will of Tongues, 2026)
  3. Maria W Horn, Atropa (Kontrapoetik, 2018)
  4. Meredith Monk, Ascent (Songs of Ascension, 2011)
  5. Áine O’Dwyer, The Little Lord of Misrule (Music for Church Cleaners, 2015)
  6. Diamanda Galás, Swing Low Sweet Chariot (You Must Be Certain of the Devil, 1986)
  7. Mary Jane Leach, Green Mountain Madrigal (Celestial Fires, 1993)
  8. Kyria Libia, Visión IV: Weronika (Visiones De Lo Sublime, 2025)
  9. Matana Roberts, Her Mighty Waters Run (Coin Coin Chapter Four: Memphis, 2019)
  10. Klein, Hope Dealers (Harmattan, 2021)
  11. Delphine Dora, Ritournelle scolastique #1 (Hymnes Apophétiques, 2026)
  12. Ed Williams, Chloé Saffores, Couperin – Prélude non mesuré no. 3 (Taynton, 2026)
  13. Alice, Jésus Christ (L’Oiseau magnifique, 2023)

Je vous invite aujourd’hui à écouter une sélection de pièces expérimentales par des musicien-nes FINTA*. Des pièces que, pour une raison ou une autre selon les cas, je qualifie de messes noires ou de musique sacrée. Certain-es musisicen-nes improvisent sur des orgues d’église, d’autres composent des pièces liturgiques d’avant-garde ; certain-es sont mystiques, d’autres athées à tendance sataniste ou simplement irrévérencieuse ; certain-es décomposent la musique religieuse, d’autres en inventent une nouvelle forme ; certain-es ont un rejet politique de la religion, d’autres accompagnent celleux qui passent l’aspirateur dans la maison du Seigneur – puisqu’il faut bien que quelqu’un-e s’y colle… Il y aura de l’orgue, du gospel, des cloches, des chœurs et des cordes.

Claire M Singer, Cairn Toul (Saor, 2023)


Claire M. Singer est compositrice, multi-instrumentiste et titulaire de l’orgue de Union Chapel à Londres, dans le quartier d’Islington. C’est là qu’a été enregistré Saor, l’album dont est tiré Cairn Toul, le morceau que nous allons écouter. Il s’agit du premier opus d’un triptyque inspiré par les montagnes écossaises de son enfance. Elle y joue de l’orgue, du violoncelle, du mellotron et de l’harmonium, additionnés d’électronique. Elle y développe des textures et des harmoniques complexes qui évoquent le sublime de la montagne et le saisissement que l’on éprouve à contempler une synecdoque de l’éternité dans une mer de nuages.

Sarah Davachi, Songs of the Smile’s Fig: III. Follies (The Will of Tongues, 2026)


Sarah Davachi est une compositrice et musicienne d’origine canadienne établie à Los Angeles. Rien de tel pour décrire sa démarche que de lire la page Bandcamp de son double album paru fin août, The Will of Tongues : « L’album comprend cinq nouvelles compositions pour orgues historiques (…), une suite de trois pièces chorales, une série d’interludes pour divers ensembles microtonaux (cordes, cuivres, bois) ainsi qu’une pièce de musique de chambre de longue durée pour trio à cordes, orgue et bande magnétique. The Will of Tongues met en œuvre les nombreux concepts et méthodes de composition qui ont nourri le travail de Davachi au cours de la dernière décennie – notamment l’itération, la théorie de l’accordage, la variation de texture et de timbre, la durée étendue, l’harmonie verticale, la charge émotionnelle des intervalles et le contrepoint –, le tout ancré dans la tradition minimaliste au sein de laquelle elle évolue. » Parmi les nombreux-ses musicien-nes qui apparaissent sur cet album, notons les guest stars Whitney Johnson (alto), Lucy Railton (violoncelle) et Mara Winter (flûte).

Maria W Horn, Atropa (Kontrapoetik, 2018)


Maria W Horn est une compositrice de Stockholm, en Suède, dont le travail explore les propriétés spectrales intrinsèques du son. Ses compositions font appel à une instrumentation variée, allant des synthétiseurs analogiques aux chœurs, en passant par les instruments à cordes, l’orgue à tuyaux et diverses formations de musique de chambre. Son premier album, Kontrapoetik (2018), dont est tirée Atropa, la pièce que nous allons écouter, est ce qu’elle appelle un « contre-exorcisme » de sa région natale qui, sous une apparente quiétude, a été le théâtre de nombreuses violences au fil des siècles – répression militaire de mouvements ouvriers dans les années 1930 et vaste exécution de femmes accusées de sorcellerie en 1674. Notons que Maria W Horn a participé à un projet de recherche artistique prenant la forme d’une secte féministe satanique, qui pratiquait des cérémonies et rituels fondés sur des contre-lectures des récits chrétiens de la Genèse afin de démanteler leurs traditions misogynes. Sa musique : des progressions harmoniques diffractées par l’inversion et la répétition, parfois broyées et déformées par des couches de distorsion.

Meredith Monk, Ascent (Songs of Ascension, 2011)


Nous allons écouter une pièce de la compositrice, chorégraphe et cinéaste new-yorkaise Meredith Monk, descendante d’émigrés juifs et cependant bouddhiste. Tirée de l’album Songs of Ascension, œuvre de 2011, Ascent nous mène loin des pièces pour voix quasi a cappella de Meredith, puisqu’à son fidèle ensemble vocal s’ajoutent un quatuor à cordes, des percussions et des bois. La pièce a été créée en Californie, dans la tour de l’artiste Ann Hamilton qui, dotée d’escaliers en forme de double hélice, « ne connaît ni haut ni bas (ou, plutôt, incarne les deux simultanément), permettant ainsi à la divinité de s’exprimer à travers la suspension du corps », disent les notes de pochette. Et elles ajoutent que « L’œuvre témoigne de la continuité entre terre et ciel ; sa composition élémentaire puise la matière sonore aux confins de l’univers — des confins qui se trouvent résider entre nos deux oreilles ».

Áine O’Dwyer, The Little Lord of Misrule (Music for Church Cleaners, 2015)


L’Irlandaise Áine O’Dwyer, aujourd’hui établie à Londres, est une musicienne, compositrice et performeuse dont l’œuvre associe l’aspect conceptuel de l’art sonore à des techniques de composition traditionnelles. Elle aime particulièrement travailler in situ ; ses enregistrements et ses performances laissent de la place au public et aux lieux. La passionne tout particulièrement l’étude des propriétés de chaque orgue sur lequel elle improvise et son adéquation à l’architecture qui l’abrite. Sur son premier album – Music for Church Cleaners, paru en 2012, elle improvise au son des aspirateurs des agents d’entretien de la St Mark’s Church, à Londres, dans le quartier d’Islington (décidément un quartier bien fréquenté). La pièce que nous allons écouter en est tirée ; dans The Little Lord of Misrule, on entend un enfant s’impatienter et on se dit que sans doute ce n’est pas si facile d’avoir une mère pour qui le temps se suspend chaque fois qu’elle pousse la porte d’une église.

Diamanda Galás, Swing Low Sweet Chariot (You Must Be Certain of the Devil, 1986)


Née en 1955 à San Diego, Diamanda Galás est découverte par le Living Theatre – une troupe de théâtre expérimental libertaire créée à New York en 1947 par Judith Malina. C’est en jouant dans des hôpitaux psychiatriques que Galás affine sa conception de la musique et du chant. Elle se produit volontiers dans des églises, où elle compose avec des réverbérations parfois impressionnantes. Je vous invite à écouter ses pièces longues, notamment Wild Women with Steak Knives, considérée comme l’une des performances vocales les plus radicales jamais enregistrées – il est vrai qu’outre les techniques de jeu étendues qu’elle y déploie, ses productions vocales oscillent entre l’horreur et la possession. « Tout le registre des dysfonctionnements vocaux fait partie de son répertoire : sanglots, spasmes, haut-le-cœur, hennissements, mouvements des lèvres et des joues, gargouillements, gémissements étranglés, sifflements, bégaiements hystériques », lit-on sur le site internet Guts of Darkness. Aujourd’hui, nous allons écouter sa version du gospel Swing Low Sweet Chariot, parue en 1986 sur l’album You Must Be Certain of the Devil.

Mary Jane Leach, Trio for duo (Celestial Fires, 1993)


Il y a bien longtemps maintenant, Mary Jane Leach a fait l’acquisition d’une vieille église dans l’État de New York. Il lui fallait bien ce type d’acoustique pour étudier comme elle l’aime la physicalité du son et mettre en jeu ses interactions avec l’espace. Le truc de Mary Jane, c’est d’exploiter les sons différentiels, combinatoires et d’interférence, à savoir des sons qui ne sont pas directement émis par les interprètes, mais qui résultent de phénomènes acoustiques engendrés par leur jeu. Ses célèbres Pipe Dreams sont des pièces trop longues pour que nous puissions les écouter aujourd’hui. Nous allons entendre Green Mountain Madrigal, pour 8 voix de femmes a cappella, qui déclinent les syllabes de la phrase Lasciatemi morire (Laissez-moi mourir). Mary Jane explique que dans cette pièce, « Aucune partie ne comporte plus d’une syllabe consécutive du texte », de sorte que l’on peut « assimiler chaque partie à une cloche au sein d’un ensemble de cloches à main, la mélodie circulant de l’une à l’autre. »

Kyria Libia, Visión IV: Weronika (Visiones De Lo Sublime, 2025)

Kyria Libia est une compositrice madrilène de musique sacrée expérimentale. Son premier album, Visiones de lo Sublime, est né de son lien profondément intime avec l’orgue à tuyaux. Elle nous propose une liturgie créative, une exploration sonore qui, si nous le souhaitons, peut devenir pour nous comme pour elle une expérience mystique. Les notes de pochette nous disent que « Ses visions sont brutes et rayonnantes — des épiphanies qui jaillissent pour ensuite se dissoudre dans des instants d’immobilité cathartique ». En ceci, elle m’évoque une Hildegard von Bingen qui aurait troqué les chœurs pour l’orgue (qui, à sa manière, est un chœur).

Matana Roberts, Her Mighty Waters Run (Coin Coin Chapter Four: Memphis, 2019)


Le projet Coin Coin de Matana Roberts, artiste non-binaire de Chicago, aujourd’hui établie à New York, est une œuvre en plusieurs chapitres (à ce jour, cinq ont paru sur les douze prévus par l’artiste). Il combine toutes les facettes artistiques de Matana Roberts, saxophoniste alto, chanteuse, poétesse, plasticienne dont les partitions graphiques sont de véritables œuvres d’art. Dans cette série, elle explore l’histoire des Africain-es en Amérique, notamment à travers sa propre histoire familiale. Le morceau que nous allons entendre, Her Mighty Waters Run (tiré de Coin Coin Chapter Four: Memphis, paru en 2019), est extrapolé d’un gospel traditionnel.

Klein, Hope Dealers (Harmattan, 2021)


L’agence Qu Junction dit de Klein que « Ses productions musicales, ses films et ses performances ont notamment pour ressorts la cartographie urbaine, la vidéosurveillance, l’humour, le hip-hop, la noise et les questions d’identité. Ses œuvres ont été exposées ou performées dans des musées, des galeries, des cours, des squats et des pubs. » Klein nous mène en effet très loin de l’église, je sais. Mais je vais vous faire écouter Hope Dealers, une piste de son album Harmattan, paru en 2021 ; il est assez singulier dans son corpus et elle y délaisse un instant ses sonorités très urbaines pour embrasser l’infini. Rien de religieux ici, mais assurément un certain mysticisme.

Delphine Dora, Ritournelle scolastique #1 (Hymnes Apophétiques, 2026)


Delphine Dora est une pianiste, chanteuse, compositrice et improvisatrice prolifique, que sa curiosité insatiable amène à passer du minimalisme à la folk, de l’improvisation à l’électroacoustique. À propos de sa musique, elle parle de « litanies extatiques », de « cérémonies intemporelles tissées de voix et de piano, de gazouillis d’oiseaux et de sons ruraux, d’intuitions électroniques et de bourdons à peine perceptibles », d’une « invitation à rêver l’imperceptible, à jouir de l’impermanence, à se satisfaire de l’infini ». Son album Hymnes Apophétiques est une série d’improvisations sur l’orgue de l’église Saint-Saphorin en Suisse. Selon le label Morc Tapes, « Elle témoigne d’un profond respect pour l’orgue (…) Toutefois, à bien des moments (…), la sonorité se fait plus ludique qu’à l’accoutumée. C’est une approche audacieuse (…) : si elle porte la tradition de l’instrument en haute estime, elle refuse de s’y soumettre. » Cependant, peut-on lire sur Fluid Audio, « Son caractère sacré demeure intact (…) tandis qu’il s’avance vers la lumière éclatante d’une aube nouvelle. » Écoutons la Ritournelle scolastique #1.

Ed Williams, Chloé Saffores, Couperin – Prélude non mesuré no. 3 (Taynton, 2026)


Ed Williams est compositeurice, interprète et chercheureuse ; son travail se situe au croisement de la musique ancienne, de la composition expérimentale et de l’épistémologie transféministe. Chloé Saffores, également transfem, est danseuse, chorégraphe et improvisatrice. Tou-tes deux vivent entre Marseille et Paris. Durant l’été 2023, sur l’orgue de l’église Saint-Lawrence à Taynton, en Angleterre, elles ont « décomposé » des œuvres écrites près de quatre siècles plus tôt. Ed écrit dans les notes de pochette, « Les interprétations improvisées que Chloé et moi avons réalisées ont exigé à la fois une extrême sensibilité et de l’endurance, alors que nous co-composions avec les sons inattendus et spectraux surgissant de l’enfoncement lent des touches et du tirage des jeux (un jeu étant un ensemble de tuyaux de même type correspondant à un timbre) ; comme si nous jouions de l’orgue à la manière dont les morts eux-mêmes pourraient le faire. »

Alice, Jésus Christ (L’Oiseau magnifique, 2023)


« Alice fait du folklore du futur ». C’est ce qu’on peut lire sur la page Bandcamp du trio. Alice, c’est des synthés de récup et les voix de Sarah André, Yvonne et Lisa Harder. Basé sur le chant intuitif et sur l’expérience de la chorale partagée par la mère et la fille, Yvonne et Lisa, le répertoire du « micro-chœur intergénérationnel », ainsi qu’il se décrit, repose sur de modestes polyphonies chorales, détourne la folk occitane et mêle chant pseudo-traditionnel et expérimentations. Le trio varie les registres, passant de la mélancolie au mysticisme à des morceaux franchement drôles, comme ce Jésus Christ que nous allons maintenant écouter.

Une petite sélection d’albums pour poursuivre…

Laura Altman, Opening Out (sur Holy Trinity, 2025)
Ellen Arkbro, For Organ and Brass (2017)
Azurite Sun (Léa Thirion), To Lift The Curtains Of Darkness (2024)
Annie Bloch and Emily Wittbrodt, The Mendelssohn-Project (2025)
Olivia Block, 132 Ranks (2018)
Kara-Lis Coverdale, Changes in Air, 2025
Delphine Dora, Anaïs Tuerlinckx, L’œil de la tigresse (2024)
E-WAH, Gospel Dance (2010)
Diamanda Galás, Plague Mass (1991)
Laurel Halo, Raw Silk Uncut Wood (2018)
Eva Marie Houben, searching for beauty – organ spaces (2025)
Clarice Jensen, Organ Studies (2019)
Naima Karlsson, [Vital Organs]: I. Heart Protector (2020)
Lo Kristenson, Förnimmelser (2023)
Kali Malone, The Sacrificial Code (2019)
Cassandra Miller, The City, Full of People (sur l’album FOLKS’ MUSIC, 2023)
Puce Moment, O.R.G.II (2026)
Justina Repečkaitė, La Mue (dans Tapestries, 2026)
Julia Edith Rigby, Sea Cave Breathing I (2025)
Josefin Runsteen & Charles Spearin, Thank God The Plague is Over (2020)
Jordan Sand, Baby Ghost (2026)
Shida Shahabi, Living Circle (2023)
Aleksandra Słyż, I Carry the Strength (2026)
Karen Vogt, I’ve been waiting for the longest time (2022)
Hilary Woods, la piste Taper sur l’album Night CRIÚ (2025)
XKatedral Anthology Series III (2026)

Basta Now sur Bandcamp

EN below

J’ai enfin créé ma propre page Bandcamp pour y vendre Basta Now en version numérique. Pour pouvoir le faire (car on ne vend pas exactement ce qu’on veut sur Bandcamp), il a fallu que je mette en vente un « album ». Si vous faites l’acquisition, pour la modique somme de 15€, de 1’44 de musique très expérimentale (deux titres à base de field recordings qui sont bien de moi, extraits de ma correspondance sonore avec Aude Rabillon et respectivement renommés pour la circonstance Krrrrrrr et Knnnnnnn), vous aurez donc en bonus un pdf de 478 pages. C’est ici

I’ve finally set up my own Bandcamp page to sell the digital version of « Basta Now ». To do so (since you can’t sell whatever you want on Bandcamp) I had to upload an « album. » If you purchase it for €15, you get 1 minute and 44 seconds of experimental music (i.e. two short tracks based on field recordings, taken from my sound correspondence with Aude Rabillon and renamed « Krrrrrrr » and « Knnnnnnn » for the circumstance), plus a 478-page PDF as a bonus. Get your copy here

Revue & Corrigée

Dans le numéro de septembre, je consacre ma chronique Brouillon permanent à ce qu’on pourrait appeler avant-folk et à ce qu’on appelle avant-pop ; il y est question de Zoh Amba, de Wendy Eisenberg, de Jessica Sligter, de Cate Le Bon et un tout petit peu de Jenny Hval. On trouve aussi dans ce numéro mon interview de Mélodie Blaison, Le rêve d’un souffle commun.

Revue & Corrigée

Ce trimestre dans Revue & Corrigée, je mentionne quelques compositrices et musiciennes iraniennes ou d’origine iranienne – il ne s’agit évidemment pas d’un inventaire exhaustif, d’abord parce que je ne connais pas tout le monde et ensuite parce que je ne dispose que de 1000 mots… On y trouve Ghazal Faghihi, Pantea Armanfar, Maryam Kiani, Roxanna Albayati, Fari Bradley, Shiva Feshareki, Gisou Golshani, Sahar Homami, Sarvenaz Mostofey, Hani Mojtahedy, Rad Samar (Mentrix), Shabnam Parvaresh, Mona Matbou-Riahi, Rojin Sharafi, Aftab Darvishi, Nesa Azadikhah, Niloofar Ashgary, Sara Bigdeli Shamloo (SarrSew), Nina Maghsoodloo, Honey Haq Pazhutan (Wind8), Kimia Koochakzadeh-Yazdi, Maryam Sirvan, Soho Rezanejad, Bahar Royaee, Aida Shirazi, Taraneh Schmidt (Taranoya), Sholeh Asgary, Maral Mahmoudi (Maral) et Niloufar Shiri

On y trouve aussi un entretien de six pages avec Floy Krouchi.

Le sommaire est assez remarquable – il semble déjà loin, le temps où, quand on lisait cette revue, on avait l’impression de vivre dans un monde où les femmes n’existaient tout simplement pas…

LYL Radio

Basta Now : Bzz-Ho-Ay-Ee-Oooo a été diffusé aujourd’hui et on peut désormais l’écouter ici. Please faites-le, c’est mon meilleur mix à ce jour (enfin, avec celui-ci…)

Synopsis : Jennifer Walshe (en photo ci-dessus) tente de yodeler avec des amies perchées sur des montagnes lointaines, mais il y a de la friture sur la ligne. Qu’est-ce que c’est ? se demandent-elles. Eh bien, c’est le bourdonnement de nombreux diptères. Alors, le yodel et le bourdonnement s’affronteront-ils, ou assisterons-nous au début d’une symphonie à ce jour inouïe ? La communication triomphera-t-elle à la fin ? Parviendrons-nous à nous débarrasser du langage de la domination ? Et quand ce sera fait, que restera-t-il ? Bzz-Ho-Ay-Ee-Oooo

Tracklist :

CLARICE JENSEN – One Bee (excerpt)
MAGGIE NICOLS – Noticing
ANNE GILLIS – Ondulatoires
JENNIFER WALSHE – The Dowager Marchylove, The Wasistas of Thereswhere
URSULA HÄSE – YodExpAli
YOKO ONO – Fly (excerpts)
PROPAN – Murd (feat. Johanna Orellana & Harald Lassen)
SHITNEY – Do you Like it?
GHAZAL FAGHIHI – Ismail
BEIßPONY – For All That Fall
MACIE STEWART & LIA KOHL – Honey Not Sweet
AI YAMAMOTO – Summer
HELEN SVOBODA – When it Rains
LEA ARAFAH, RITAMARIA – Depois do fim do mundo
BETHAN KELLOUGH – A Song of Wings
HANNAH PEEL & BEIBEI WANG – Awaken The Insects
TYGAPAW, JULIANA HUXTABLE – Exorcise the Language of Domination

Et maintenant je vais vous raconter ce qui s’est passé, exactement, dans cette montagne.

*Yoko Ono, au cas où vous ne seriez pas physionomiste

Revue & Corrigée

J’ai deux contributions ce trimestre, ma chronique habituelle, Brouillon Permanent, et un entretien avec Floy Krouchi. Le sommaire est assez exceptionnel, avec une grande majorité de femmes – je constate d’ailleurs que Valérie Vivancos a rejoint la team. Voilà qui s’annonce très réjouissant…

Gre

Grenoble est assurément devenue ma ville préférée de France. Merci encore à la librairie Les Modernes de m’avoir accueillie pour une lecture-rencontre autour de Paysages pauvres

et au 102 pour une nouvelle séance d’écoute. Ici, une affiche sur mon pont préféré (un pont de tram).

Le programme en riso, mis en page et imprimé avec amour et avec goût par Samson – la sélection et les textes sont de moi.

J’ai adoré ces quatre jours chez mon amie Éléonor Gilbert (si vous avez l’occasion de voir ses films, je vous les recommande vivement ; ils sont à son image – intelligents, drôles, exigeants, libres, beaux, toujours surprenants et profondément singuliers). J’ai aimé les discussions jusqu’à pas d’heure, la nuit en refuge de montagne en l’exquise compagnie d’Éléonor, d’Anne-Laure Pigache (qui est dans Basta Now), de Mado et de Marie-Pierre,

le tarot à la lampe frontale auprès du feu,

les pipis nature dans la forêt,

la randonnée en Chartreuse

Bonheur de marcher avec une carte IGN et des boussoles, sans téléphone, de se montrer des directions, de prononcer des toponymes comme on dirait des poèmes – Chamechaude, Bec Charvet, Dent de Crolles, etc.

J’étais heureuse aussi de revoir mes amies et collaboratrices Katia Bouchoueva (avec qui j’ai écrit – à gauche sur la photo) et Lénaïg Cariou (avec qui je vais écrire – au centre sur la photo),

ainsi bien sûr que Gaëlle, Manuel et Samson et, même brièvement, Marie, Zoé, Anne-Julie Rollet (qui est également dans Basta Now), Candice et Lila (du podcast La Bouche). Ravie enfin d’avoir rencontré des camarades antispécistes, Anne et Dom, croisés par un heureux hasard devant un slogan vegan tagué sur la Bastille.

J’ai aimé courir aux pieds du Vercors, dévaler des pentes de Chamchaude avec Éléonor et Anne-Laure en sautant les pierres et les racines, un sac de 15 kg sur le dos sous le soleil qui cognait, boire du bon vin, danser sur The Knife avec les amies, avoir mon premier fou rire depuis des années. C’était magique. Merci les ami-es <3<3<3