Pour et contre

Ce que l’on trouve à Brooklyn ? Des Mickey faits main comme je les aime.

Ce qui manque à Brooklyn ? Des chalets du Nord. Zéro. Je vous jure.

Il m’arrive de penser que ce serait bien de vivre ici (mes amis pourraient bien faire l’effort de venir me rejoindre, d’ailleurs ils ne le regretteraient pas) mais quand même : not a chalet in sight, quelle tristesse.

Deli grocery

Y a-t-il quelque chose qui prolifère plus que les églises à Brooklyn ? Je n’en suis pas sûre, mais si tel est le cas, ce ne peut être que les deli groceries. Ci-dessous, l’un des deux qui font le coin de ma rue – j’aime bien les observer quand je suis sur mon escalier de secours, je regarde passer les gens, je les écoute, je ne vais toujours pas voir l’Empire State Building. Je tiens à préciser, à ceux qui penseraient que j’ai la belle vie, combien il est acrobatique d’accéder à mon escalier de secours : je suis méritante.

Flying High

Chaque fois que je passe devant ce bâtiment de Stuyvesant Avenue à Brooklyn, je me rappelle une chanson que j’adorais en 2003.

Digable Planets avec Lester Bowie (mais oui !) et Wah Wah Watson : Flyin’ High In The Brooklyn Sky

Biscuits

Ce soir, la répétition d’Ascent s’est faite au DiMenna Center for Classical Music*, en effectif complet : Meredith Monk était accompagnée de ses complices Katie Geissinger, Allison Sniffin** et Bohdan Hilash, de David Cossin (de l’ensemble Bang On A Can), du quatuor ACME et de 75 jeunes du Young People’s Chorus sous la direction de l’extraordinaire Francisco J. Nuñez**. C’était beau à pleurer.

(De gauche à droite, Aaron, heureux soliste du YPC ; de dos, Bohdan Hilash soufflant dans un instrument dont je serais bien en peine de vous dire le nom, et Ben, violoniste de ACME ; Meredith Monk, Allison Sniffin et Zaccharia, autre heureux soliste du YPC ; en arrière-plan, une partie du chœur***.)

* Ce fut ainsi l’occasion, si j’ose dire, de reprendre le métro à Penn Station alors qu’un match allait commencer au Madison Square Garden : à mon corps défendant, j’ai donc fait connaissance avec le New York où l’on se bouscule sur les passages protégés, avec les métros bondés où des enfants baveux écrasent des biscuits sur autrui et avec les lourdauds auxquels il est bien commode de dire, Désolée, je ne parle pas anglais.
** Je commence à penser sérieusement qu’Allison Sniffin ferait un excellent sujet de livre. Et aussi Francisco J. Nuñez et son incroyable école, qui réconcilierait presque avec l’humanité.
*** Bientôt, tout ce petit monde aura ses costumes ; ce soir, Yoshio Yabara, costumier de Meredith depuis toujours, était là, lui aussi.

Bestiaire de Brooklyn

Vous seriez sans doute nombreux à me reprocher mes parallèles entre Brooklyn et la métropole lilloise, si vos pigeons avaient assez d’endurance ; je suis sûre que le coup des lions, aigles et zéphyrs embrasés de portails vous a fortement froissés. Pour me rattraper, je veux bien concéder quelques espèces à ma connaissance endémiques, à savoir les éléphants de poteau, les taureaux de cour et les cygnes d’escalier. Vous êtes contents ? Tant mieux, je n’aurai pas couru pour rien ce matin.

Le cartilage au sec

Bon, Brooklyn c’est très très vaste (quatre fois Manhattan, a priori) ; je suis allée un peu vite quand j’en ai esquissé une image idyllique dans certains billets précédents. Aujourd’hui je déprimais alors mes proches m’ont dit d’aller me promener. J’ai donc marché deux heures et demie et me suis évidemment perdue (vous savez comment je suis : je contourne les incontournables, boude les bâtiments mythiques et les musées, je marche au hasard et je regarde comment et dans quoi vivent les autres – ça, ça me passionne). Donc cet après-midi j’ai traversé Bushwick, Ridgewood et Glendale ; ça changeait de Bed Stuy, Crown Heights et Prospect Lefferts Gardens, où j’avais déjà couru. J’ai parfois eu l’impression d’avoir atteint le bout du monde, celui où vont se cacher tous ceux qui n’ont pas intérêt à ce qu’on les retrouve. Je n’ai pas osé prendre beaucoup de photos, j’ai les os et le cartilage délicats, mais voici trois bribes d’ambiance, c’est déjà bien et mes dents se réjouissent d’être toutes rentrées avec moi.

Mal assis à Brooklyn ?

C’est assez difficile à imaginer, de prime abord, quand on voit toutes ces installations aussi ingénieuses qu’apparemment confortables dans les petites cours, derrière les grilles de fer forgé ; même les escaliers sont agréables, ceux qui mènent aux perrons mais aussi ceux de secours, que je pratique avec autant de plaisir que les autochtones. Mais j’ai trouvé, cet après-midi, une configuration digne d’un bon vieux Mal assis, là : à l’angle de Fulton St et de Stuyvesant Ave.

Light and fast

Aujourd’hui, je me suis perdue en courant dans les rues de Brooklyn ; hélas, j’avais oublié mon appareil photo (une première) et je ne peux donc vous faire partager aucune de mes découvertes. Ensuite, j’ai écrit sept pages Word et un certain nombre dans mon carnet. Cette affaire se présente bien. Puis, grâce à Skype, j’ai participé (en léger décalage horaire) à mon traditionnel apéro du dimanche soir avec mes amies et mon amoureuse. Ce soir (ce qui était vraiment le soir pour moi), j’ai assisté à une répétition dans le loft de Meredith Monk. L’effectif change selon les répétitions et cette fois j’ai savouré mes frissons en écoutant Meredith et l’excellente Allison Sniffin (sa collaboratrice de longue date – 1996 pour être exacte – et par ailleurs un personnage assez fascinant) accompagnées (à moins que ce ne soit l’inverse) par un quatuor à cordes issu de l’ensemble contemporain ACME. Ils reprenaient Ascent, le sublime final de Songs of ascension, sans doute l’un des morceaux les plus accessibles de Meredith Monk pour le profane. Encore une fois, il fut question d’occuper l’espace.

Vous ne connaissez pas Ascent ? En voici un extrait, dans une autre configuration – c’est à la toute fin du montage, à 7’37, mais je ne peux que vous encourager à tout regarder, c’est magnifique.