Biographie

Quelque chose comme une petite biographie

J’ai grandi entre Béthune (où je suis née en 1974), Arras et Liévin. Le bassin minier a profondément marqué mon regard sur le monde : il a façonné mon idée du beau (en voyage, je ne visite jamais un monument ni ne m’approche des sites dits incontournables – pour preuve qu’ils sont, en fait, très faciles à contourner – mais m’attarde sur les périphéries, sur les zones urbaines sensibles, sur les friches et les quartiers populaires), il m’a sensibilisée dès le plus jeune âge à la lutte des classes, il m’a soumise à un ennui existentiel sans lequel je ne serais sans doute jamais devenue écrivain et il a ouvert tout grand, par ricochet, ma curiosité sur toutes les formes d’expression artistique : au lycée, j’ai découvert par moi-même l’art brut, le free jazz, la Nouvelle Vague, etc. Chaque samedi après-midi, je marchais jusqu’à la médiathèque de Lens pour m’approvisionner en ce type de nourritures, livres, disques et cassettes VHS.

J’ai fait mes études à Lille et j’y suis restée. J’ai arrêté mon cursus après un DEA de Lettres Modernes, le jour où Page à Page, éditeur lillois, a publié une de mes nouvelles dans un recueil collectif. C’était un tout petit premier pas dans le monde éditorial mais je n’ai jamais plus démordu de ce que je savais depuis toujours être ma vocation, y compris dans les moments de désarroi – entre 2004 et 2010, par exemple, je n’ai publié aucun roman, ce qui était assez angoissant et pouvait sembler de mauvais augure. Mais ça m’a surtout permis d’expérimenter d’autres choses, notamment la poésie (avec les Carnets du Dessert de Lune) ; j’ai aussi écrit quelques chroniques de musique pour un webzine aujourd’hui disparu (on m’en parle encore, dix ans plus tard, comme d’une activité régulière, ce que je dois à ce temple de la vérité vraie qu’est Wikipedia), j’ai fait de la musique au sein d’un groupe également disparu (quoique je lise un peu partout l’inverse), Toysession, dont j’étais l’une des fondatrices.

Je vis à Lille mais ne m’y promène pas. J’ai peu d’intérêt pour les grandes villes. Chaque semaine, je cours entre soixante et quatre-vingt kilomètres dans la banlieue lilloise, sur ce que j’aime appeler mes territoires, le plus souvent des petites villes post-industrielles pourvues de grands ensembles, de friches en tout genre et de lotissements vieillots, toutes choses qui, à mes yeux, donnent corps (de brique et de béton) au sublime. Cette activité n’a rien de sportif dans la manière dont je l’aborde mais constitue à mes yeux une étape de travail à part entière : c’est en mouvement dans mes baskets que je trouve les idées dont je nourris mon écriture, que je dénoue des problèmes de narration, que j’établis des ordres de priorité dans mes projets – car je dois préciser que j’écris toujours plusieurs textes en même temps.

(Vue de mon territoire, plus précisément des tours Europe à Mons-en-Baroeul – photo personnelle.)

Aujourd’hui, j’écris pour la jeunesse et pour les adultes, des romans et de la poésie. (Pour plus de détails, voir la bibliographie sélective également en ligne sur ce blog.) J’ai aussi la chance d’écrire régulièrement des textes courts et des nouvelles pour répondre à des commandes, toujours très stimulantes.

Je suis depuis juin 2016 la marraine de la librairie La Forge, à Marcq-en-Baroeul.

Quelques démentis :

Je ne suis (donc) pas critique de musique pop.
Je n’ai (donc) plus de groupe de musique, puisque Toysession et Gloria Hall se sont dissous simultanément en 2012.
Je n’ai jamais été salariée en tant qu’auteur, à la médiathèque de Faches-Thumesnil ni ailleurs. (Eh, les gars, ça n’existe pas, des auteurs salariés en tant qu’auteurs…)
Je n’écris pas des beaux destins de femmes (fuck you, si j’ose).

Et ça, c’est ce à quoi je ressemble aujourd’hui, telle que prise en photo par mon amie Aline Nihoul dans la cuisine du Liquium, le bar de Myn, qui est aussi mon ami.