Mal assis, là (28), spécial tables de pique-nique

Où irons-nous pique-niquer en cette belle journée ? Nous pourrions nous installer à cette table couverte de mousse au bout du canal, à Lomme (bout du canal et bout du monde, où l’on a déjà vu des voitures flotter au milieu des ragondins – et l’on peut même le revoir ici), entre une maison abandonnée et les montagnes rouille du ferrailleur.

Ou nous pourrions choisir cette table plus neuve, plus propre, devant ces locaux du Département du Nord, à Villeneuve-d’Ascq, face à l’usine de peintures en phase solvant et en phase aqueuse pour l’industrie, le bâtiment et l’anticorrosion.

À moins que nous n’options pour l’une de celles-ci, en sécurité derrière les grilles de l’institut de formation en soins infirmiers, à Mons-en-Baroeul, avec vue sur le périphérique et la station service.

Mal assis, là (27) : ça change

Nous avons aperçu ici le banc funéraire de Lille Sud, étudié le cas du banc avec vue, maintenant voici quelques astucieuses expérimentations témoignant d’une ingénieuse ingénierie. Découvrez l’acculoir de Villeneuve-d’Ascq à deux pieds, le banc champêtre devant (≠ derrière) le Lidl d’Hellemmes et le banc écologique avec option puces de lit – puisque c’est, comme mon ami Joe pourrait en témoigner, le danger avec les palettes.

Mal assis, là (26) : renversant

Je m’aperçois en observant toutes ces chaises renversées qu’il n’est pas si courant de voir, au beau milieu de l’espace public, des corps vivants ou inanimés à l’horizontale, sinon dans les parcs, l’été, quand les gens et les bouteilles de rosé s’étendent sur les pelouses – encore le font-ils alors avec une certaine économie de moyens, sans lever les jambes comme certaines des chaises ci-dessous et moi le faisons volontiers, sans la nudité provocante des chaises ni mon harnachement compliqué. Les chaises et moi, nous avons la même manière non policée de nous étendre sur la voie publique, d’où sans doute le sentiment de sororité qui nous lie.

(Vous me pardonnerez, je vous prie, de ne pas faire donner à ce billet la dimension politique qu’il aurait tout aussi bien pu prendre mais de favoriser une innocente idiotie bien dans ma manière ; c’est ce dont j’ai besoin et c’est mon blog. Fuck vos pigeons, à la fin.)

Mal assis, là (25) : cassé

Parfois je me demande ce que je pourrais faire de ma vie pour me renouveler un peu, tenter de nouvelles expériences, voler vers d’autres glorieux succès. Je me dis que, par exemple, je pourrais organiser des circuits touristiques thématiques à Lille et dans sa banlieue, en tant qu’auto-entrepreneur. Le Chalets du Nord Tour, le Bancs Cassés Tour, le Sabots de Façade Tour, ce genre de thématiques. Je maîtrise tellement mon sujet, après tout.

(Bancs démembrés à Porte des Postes, Faubourg de Béthune et Bois Blancs.)

Mal assis, là (23) : des sièges de fonction

Vous êtes nombreux à réclamer que j’honore enfin la promesse faite ici, de consacrer aux sièges dans le cadre professionnel un numéro de la série Mal assis, là. Vous m’excuserez d’avoir eu mieux à faire cette semaine que de vous choyer comme je le fais ordinairement : aussi étrange que ça puisse paraître, j’ai une vie, les gars. Parfois. Pas maintenant, maintenant je peux employer une partie de mon temps à vous offrir des visions qui font mal aux fesses. Il suffisait d’être patients.

(Photos prises à la gare Lille Flandres, à Loos et près de l’observatoire de Lille.)

Mal assis, là (22) : bancs avec vue

Je vous l’avais promise dans Mal assis, là (21) : Haubourdin, un cas d’école : voici une étude urbanistique approfondie que j’aurais également pu intituler Des bancs et des panoramas mais non, j’ai choisi Bancs avec vue. C’est ainsi, je décide encore de ce que je fais ici, tout de même – à ce propos, cessez de me harceler pour que je remette en ligne le billet dans lequel on me voit danser nue : je ne l’ai laissé en ligne que cinq heures et ça a suffi à transformer ma maison en pigeonnier. C’est moi qui nettoie. N’insistez pas.

(Au bord de la Marque, Marcq-en-Baroeul ; derrière le stade Pierre Maurois, Villeneuve-d’Ascq ; Hellemmes, limite Lezennes.)

Mal assis, là (21) : Haubourdin, un cas d’école

Haubourdin mériterait assurément sa semaine National Geo tant ses contrastes sont fascinants, notamment entre rive droite et rive gauche, mais j’ai déjà tant égrené ses trésors & merveilles au fil des billets, qu’il soit question de voies ferrées ou d’upper rooms & kitchens, que ce serait sans doute quelque peu redondant. Il n’en reste pas moins que cette ville nous fournit des sujets de réflexion très porteurs. Les images ci-dessous m’ont notamment amenée à me pencher plus attentivement sur le sujet des bancs avec vue et sur celui du siège dans le cadre professionnel – j’y reviendrai d’ailleurs très bientôt.

(Chemin de Halage, Rue du Général Mesny, Square Thérèse Vandevannet.)

Mal assis, là (19), matières (3) : matelassé

Aucun animal n’a été blessé ni exploité pour que je puisse vous livrer ici ce troisième volet de notre micro-série « Mal assis, là, spéciale matières ». Dame Sam a juste été un peu mouillée mais ça va encore. Les sièges ci-dessous ne sont pas en cuir véritable, je vous le garantis – j’ai bien écrit : matelassé, non ? Eh bien faites-moi un peu confiance, ce n’est pas Wikipedia ici, on ne trouve que des informations essentielles, sérieuses et soigneusement authentifiées. En voyant la première photo, vous vous direz, « Mais on a l’air vraiment très bien assis, là, rue d’Arras, avec des petits coussins en prime », mais la deuxième est là pour vous ouvrir les yeux sur certaines réalités : le matelassé boit les intempéries. Vous vous asseyez avec délectation sur un siège matelassé et un énorme bruit de succion vous accueille, immédiatement suivi d’une sensation aussi désagréable qu’inattendue d’eau glacée sur les fesses. Dame Sam a essayé. Mais ça va encore, me répète-t-elle sèchement (je crois qu’elle est vexée).

Emmerin (2) – 1. Sur la route d’Emmerin, Mal assis, là (20)*

Je suis prête à parier que, si j’empruntais cette route tous les jours, je ne verrais jamais personne assis sur aucun de ses bancs : il n’y a rien à faire autour d’eux pour des citoyens respectables (actifs), rien à voir que des voitures trop rapides, des tracteurs et une abrutie en short. Le matin où j’ai pris les deux dernières photos, la lumière était si parfaite qu’elle aurait suffi à me rendre heureuse. Sur la deuxième, vous pouvez discerner, se mêlant aux nuages, la fumée de l’usine Cargill, sise à Haubourdin. Mais qu’est-ce donc que cette rue fascinante**, me direz-vous ? La réponse demain, dans « Emmerin (3)- 2. Sur la route d’Emmerin, trésors et merveilles ». Eh oui, je ménage quelques effets de suspense.

* Vous avez bien vu, mes chers : je vous livre Mal assis, là (20) avant Mal assis, là (19). Mes catégories ont leur logique, contre lesquelles je ne peux parfois pas lutter. Merci de m’épargner un nouvel assaut aviaire.
** Fascinante pour vous et moi, qui ne sommes pas des citoyens respectables (actifs).