Paper bag

Ce matin, grâce au magazine Wire (version Internet), j’ai pu entendre intégralement le nouvel album de Circuit des Yeux, Reaching for indigo, qui sortira vendredi et que j’ai immédiatement précommandé sur iTunes. Vous pouvez l’écouter en cliquant ici. En attendant, je me suis dit que je serais bien gentille de vous en faire découvrir un extrait où je pense entendre des réminiscences de Meredith Monk et de Philip Glass, à savoir la chanson Paper Bag. Par chance, elle existe sur Youtube, et elle a même un clip, et ce clip commence (n’est-ce pas incroyable ?) par une citation de Joan Didion. Je déteste les citations, à de rares exceptions près je trouve ça prétentieux et artificiel, mais il se trouve que 1. cette phrase est belle même sortie de son contexte et que 2. Joan Didion est, au cas où vous auriez manqué un épisode de ma vie trépidante sur ce blog, l’un des auteurs que j’ai relus avant de partir à New York dans la perspective de la croiser dans la rue, de boire un verre avec elle et de parler déconstruction de la narration. Comme je ne l’ai toujours pas croisée par hasard, je n’ai pas encore pris ne serait-ce qu’un café à New York en bientôt deux semaines, ce qui fait sans doute de moi la touriste la moins rentable de l’année. C’est parce que je ne suis PAS une touriste. Non.

Voici donc la dernière pépite de Haley Fohr, sous son pseudonyme circuit des Yeux, Paper Bag :

Inquiétant

Je sais bien que ce sera bientôt Halloween mais je n’aimerais pas trop croiser le gars qui a eu l’idée de cette euh, décoration. Si j’étais de la police, avec mon coéquipier, on parlerait dans nos talkie-walkie accrochés au tableau de bord, enfin, vous voyez, les trucs qui font krr-krr, on appellerait des renforts et on irait voir ce qui se passe là-dedans en se couvrant mutuellement avec nos pistolets quand on passerait les portes. Cette maison mise à part, c’est très beau, l’automne à New York mais je ne peux plus voir une citrouille.

Gish Prize

Dans quelques jours, Meredith Monk recevra le Gish Prize. Tous les détails dans cet article très complet.

En attendant, un souvenir de la National Medal of Arts que lui a remise Barak Obama en 2015.

(Photo de photo prise à la House Foundation for the Arts.)

Unhappy feet

Cette fois, j’ai failli rentrer. Les avions incessants au-dessus de Bed Sty semblaient m’appeler. Outre le fait que je devrais être, cette semaine plus que jamais, auprès de ma dulcinée, je n’ai fait que des mauvais choix cet après-midi. 1. Greenwich Village fait peine et 2. Times Square, gerber. 3. J’ai croisé quelqu’un que j’aime bien à Columbus Circle et j’ai détourné la tête parce que je me disais, si quiconque me demande How are you ? je pleure, et que ma mission ici consiste à être aussi discrète que possible – je m’en tire remarquablement bien : c’est tout juste si j’existe encore. Merde, c’est quelqu’un que je ne reverrai peut-être jamais ! Abrutie, me suis-je dit (moins poliment). Ce soir, j’ai quitté la répétition sans saluer personne, comme si je devais aller très vite aux cabinets.

Aussi ai-je décidé de déroger à ma règle ici, et d’écouter de la musique au casque, du métro à chez moi : la musique de la ville n’était pas pour moi aujourd’hui. J’ai choisi Captain Beefheart et j’avais envie de danser dans la rue pour me prouver à moi-même que j’ai encore des ressources et des pieds potentiellement joyeux et de la vie cachée derrière le silence.

Captain Beefheart : Tropical Hot Dog Night

J-4

Ce soir, dernière répétition au YPC avant les générales et les représentations au Lincoln Center. Une petite idée de ce à quoi ressemblent ces répétitions, avec le groupe des plus jeunes :

Bestiaire de Brookyln (2)

Comme vous et moi, Brooklyn aime les animaux, pas seulement les animaux communs dans les villes, tels que lions, aigles, cygnes ou écureuils. Comme le prolétaire de la métropole lilloise, le Brooklynien aime les chevaux ; comme le bobo de la métropole lilloise, le Brooklynien aime les flamands roses ; mais le chameau, ça, ça vous scotche, hein ?