Munificence & Pompe (11)

Alors que le départ pour la Californie approche, je ne peux cacher une certaine appréhension – non que j’aie peur de ne pas passer la douane (« Qu’est-ce qui vous amène ici, Madame ? » – « Oh la la, c’est une longue histoire. Elle commence en 1993, quand je me prends de passion pour le cinéma classique hollywoodien – avant ça, j’étais plutôt Nouvelle Vague, j’aimais aussi beaucoup Wenders, par exemple, Alice in den Städten, Falsche Bewegung, plutôt les films de ses débuts, et voilà que je regarde mon premier Capra et… » etc., je suis prête à tout déballer) ; ce qui m’inquiète, ce n’est pas non plus la météo, ni le Big One, non, mais cette question lancinante : trouve-t-on des paires de chaussures dans les rues d’une ville où, paraît-il, personne ne marche ? En attendant, voici des M&P de Bruxelles, Londres et Sallaumines.

/3 : Munificence & Pompe (10)

Tandis que mon amoureuse globe-trotteuse rentre à Londres

après une semaine dans ses Pouilles natales

je suis heureuse de passer trois semaines sans bouger de mon bassin minier (ce qui ne m’empêche pas de bouger beaucoup dedans), où je suis en train de finir les corrections d’un manuscrit dont je désespérais ; il suffisait de me poser un peu pour que mes pensées s’organisent. Du temps, je le répète : il faut du temps et de la concentration.

(Photos prises à Londres, Bari et Sallaumines)

/3 : Munificence & Pompe (9)

Munificence londonienne, cette fois, ou street offering, comme dit Valentina. As usual, les formats rectangulaires sont d’elle, le carré mien. Une nouveauté aujourd’hui : la narration fait son entrée dans cette rubrique. Elle est aussi triste que celle de Bambi, je préfère en avertir les âmes sensibles.

/3 : éco-anxiété

La semaine dernière, j’ai rêvé que j’essayais de dissuader des gens de caresser un sanglier ; je leur disais, Ne faites pas ça, s’il porte votre odeur, les siens vont l’excommunier ; personne ne m’écoutait. C’était un grand sanglier maigre avec de minuscules défenses.

Cette nuit, j’ai rêvé qu’un de mes amis, Martin (vegan notoire), vomissait un ver très long et grès gros sur un trottoir ; je me disais que ça devait être un ver solitaire. Puis j’entrais dans le local associatif dont il venait de sortir, où une prof de yoga était en train de remballer ses affaires. Elle avait apporté pour son cours une carafe de kombucha, qui trônait sur une table. Je comprenais que Martin en avait bu et que le ver vomi sur le trottoir en était issu. La prof de yoga s’excusait, elle ne comprenait pas ce qu’il avait, son kombucha, il n’arrêtait pas de faire des vers ; d’abord, ils avaient l’air de saucisses avec des yeux très jaunes, puis de serpents, qui se dressaient pour regarder autour d’eux d’un air sévère, puis ils se transformaient encore, cette fois en très gros lézards ailés de petites ailes blanches duveteuses (ce détail est dû à mes recherches sur la taxidermie dans l’art contemporain – on y trouve beaucoup de chimères d’un goût calamiteux). La prof s’acharnait à jeter ces reptiles dans les toilettes et tirait la chasse d’eau. Je voyais aussi le couvercle d’une poubelle tressauter, jusqu’à ce qu’une saucisse à yeux parvienne à l’ouvrir et se projette à l’extérieur.

Ensuite, je marchais dans la montagne et j’entendais le fracas d’un torrent. En approchant, je m’apercevais qu’il coulait d’aval en amont ; plus près encore, je me rendais compte que ce n’était pas un torrent d’eau mais de pierres.

(pour illustrer ce billet, j’ai décidé de rester dans la thématique de l’illusion d’optique avec cette photo d’un bassin, prise dans un parc de Lille en 2013)

/ 3 : migrations

Hier soir, alors que je pédalais dans la brume épaisse qui opacifiait encore la nuit, je me suis émerveillée d’entendre approcher des oies sauvages puis de les voir voler très bas, leur forme blanche effilée glissant au-dessus du canal. Je me suis dit, Ce spectacle est l’un de mes préférés au monde, et ces quelques mots ont instantanément convoqué dans mon esprit My Favorite Things (morceau que j’ai découvert dans la version de Coltrane quand j’étais lycéenne, bien avant d’entendre celle de Julie Andrews dans The Sound of Music) et je me suis rappelé que les paroles d’Hammerstein comportent précisément la phrase Wild geese that fly with the moon on their wings / These are a few of my favorite things. Ce qui me fait un point commun avec Maria, je ne m’en étais encore jamais avisée. Mes photos d’oies étant floues, voici des photos d’étourneaux eux aussi sur le point de migrer, prises un peu plus tôt hier soir ; ils avaient rancard à l’ancienne caserne des pompiers, on les entendait à trois cents mètres. Et maintenant, je retourne à mes canards puisque c’est le sujet qui va m’occuper dans les semaines (mois ?) à venir.

/ 3 : Munificence & Pompe (8)

Munificence parisienne, cette fois ; comme toujours, les formats rectangulaires sont de Valentina, le carré vient d’une course à pied très matinale que j’ai faite vers la Villette (ce matin, j’ai exploré Aubervilliers et la Courneuve, j’aurais dû faire ça dès le début, c’était mille fois plus plaisant que de courir à Paris même). La dernière photo a été prise à la MEP, les chaussures faisaient partie du décor de la géniale expo d’Elsa & Johanna.

/ 3 : souvenirs de la Madeleine

Sur Instagram aujourd’hui, la librairie La Madeleine (Lyon) a posté ces images de la rencontre de septembre, avec Wendy covidée sur un écran. Ci-dessous, qui est cette belle brune aimantée par l’objectif ? Mais c’est la légendaire Valentina. Autour d’elle, pas moins de trois poétesses, Flora, Béatrice et Katia, et ma pote Mya.

Mon amoureuse a un sourire un peu énigmatique sur la photo ci-dessous – elle dit que c’est parce qu’elle est très concentrée.