Le Furet du Nord

J’ai dansé à la Garenne-Colombes, dimanche, je serai assise en compagnie d’Amandine Dhée, demain après-midi à Lille, de retour (mais très, très brièvement) sur mon ancien territoire, et pour l’occasion, le Furet a déterré une photo de moi prise quand j’étais vieille, asphyxiée par les particules fines et un individu nocif, et que je n’avais pas encore trouvé ma super coiffeuse rennaise (j’ai pris mes habitudes à la Cabana Gio). Venez, on va bien s’amuser.

Ma résidence au Triangle (1)

Le neuvième jour de ma résidence au Triangle de Rennes s’achève sans que j’en aie posté une seule photo mais ce n’est pas parce que je n’ai rien à montrer ou que je passe un sale moment, c’est parce que le Blosne est un magnifique monstre dont on voudrait donner à voir chaque recoin sous tous les angles : 269 hectares d’ébahissement urbanistique et architectural (ça vaut aussi pour les quartiers limitrophes, la Poterie, Bréquigny, et pour la commune Saint-Jacques-de-la-Lande). J’adore. Pendant ces neuf jours, j’ai bien travaillé, inlassablement écumé le territoire en courant et en marchant avec mon appareil photo, et joui sans entrave du trésor qui se présentait à moi. Aujourd’hui, j’ai pu livrer à mon interlocutrice du Triangle un synopsis à peu près complet du texte que je vais écrire ici, tous les rouages s’étant agencés comme par magie dans la matinée, alors que je courais en quête de décors où situer mon action alors encore embryonnaire. J’ai trouvé les lieux et tout le reste dans la foulée – littéralement : courir est décidément un outil de travail à part entière. Je ne me sens pas encore capable de sélectionner quelques photos du quartier parmi les 250 que j’ai déjà prises alors je vais me contenter de vous présenter 1. la maison (le Triangle), 2. un ami (Ricky) et 3. une plaque dont la vue m’a fait vaciller quand je l’ai enfin trouvée, au cours d’une marche de 3h30, vendredi dernier ; cette photo-là illustrerait à la perfection le texte que je vais dès demain commencer à écrire.

(Le Triangle est un bâtiment trop grand et trop complexe pour que j’en propose plus qu’un détail aujourd’hui.)

(Dans les parcs du Blosne et de Saint-Jacques, on croise des écureuils férus de voltige – ici, mon pote Ricky dans le parc des Hautes-Ourmes.)

(Le Blosne était à l’origine un ruisseau, dont on trouve encore des segments visibles.)

Et un extrait de ma B.O. de cette première session – la musique sophistiquée de Julia Holter a souvent accompagné mes extases topographiques, à la nuit tombée ou dans le soleil suraigu du matin :

Focus VIF

Je me réjouis que le Sel fasse partie de la sélection de Focus VIF en cette rentrée littéraire – pour ceux qui vivraient loin de la frontière, il s’agit d’un magazine culturel belge vendu chaque semaine avec Le Vif/L’Express. Je remercie Anne-Lise Remacle, à qui je dois cet honneur.

Voilà qui m’apaise un peu en attendant mon massacre annoncé dans Le masque et la plume , dimanche soir ; au programme :

RCJ

Je suis extrêmement touchée par la chronique radio consacrée au Sel de tes yeux par Josyane Savigenau – que je remercie une nouvelle fois pour son soutien inestimable. On peut écouter l’extrait de l’émission ici, sur le site de RCJ.

La dispute

Ce soir, à 19h sur France Culture, il devait être question du Sel. Comme je l’expliquais à l’équipe du Triangle cet après-midi en mangeant la galette des rois, j’avais peur de me faire laminer dans l’émission (dont le titre seul me fait frémir) mais aussi de ne pas me faire laminer pour cause de grève. Finalement, je ne me suis pas fait laminer. Mais j’ai eu la fève. Pour ma première rencontre avec mes nouveaux camarades rennais, j’avais une couronne en papier sur la tête : toujours rester digne.

Un au revoir

Demain, je quitte le vaisseau fantôme pour entamer ma résidence au Triangle de Rennes. J’abandonne Dame Sam et tous nos amis. Ma Carrie chérie m’en veut tout particulièrement, au point de se montrer agressive ce matin. Je l’ai filmée quand elle a chargé, son adorable petit corps potelé ballotant de droite et de gauche tandis qu’elle courait vers moi, le cou tendu, le bec acéré, l’œil plein d’un légitime reproche. Je rentre très vite, lui ai-je promis, mais elle ne m’a pas crue et m’a mordu les baskets et les mollets. Quelques film stills de la vidéo :

Vous allez me manquer, mes amis à poils et à plumes (Polty vient avec moi – il ne paye pas le train) ; à bientôt.

La Voix du Nord encore

Aujourd’hui, j’ai le grand honneur de faire partie des huit femmes choisies par Sophie Filippi-Paoli, journaliste à La Voix du Nord, pour une double page annoncée ainsi :

L’une des autres femmes qui nuisent aux stations-service et moi avons fait partie du même groupe d’amis dans l’avant-dernier segment de ma vie lilloise, ça m’amuse qu’on se retrouve là.

(Photo de Séverine Courbe.)

Promo grotesque

Dans un magazine dont je ne mentionnerai pas le titre, un journaliste estime que la découverte de l’homosexualité féminine est le thème majeur de ma bibliographie. J’en suis perplexe puisque le seul de mes textes qui traite de ce sujet précis est un roman pour ados, Le blues des petites villes, paru à L’école des loisirs en 2014. Manifestement, cet homme n’a jamais lu un de mes livres (ce que je ne saurais lui reprocher s’il ne laissait supposer le contraire) et, plus ennuyeux, il ne semble pas non plus avoir lu Le sel de tes yeux, qu’il prétend chroniquer : l’homosexualité n’en est pas le thème, encore moins sa découverte (quand l’histoire commence, Sarah a déjà fantasmé des romances avec plusieurs femmes et jeunes filles), d’ailleurs ce n’est pas son orientation sexuelle qui fait la singularité de mon personnage. Ce monsieur souligne qu’il s’agit d’un court roman et je me demande pourquoi, dans ce cas, il l’a lu en diagonale.

Auto-promo et animal grotesque

Hier paraissait Le sel de tes yeux, mon nouveau roman aux éditions de l’Olivier. On en parle aujourd’hui dans les Inrocks (ici) et dans l’Humanité. Merci à Sylvie Tanette et à Sophie Joubert pour ces beaux articles. Quand mon attachée de presse me les a signalés, je suis allée sur le site des Inrocks et ça m’a fait un petit choc de voir ma photo à côté de celle de Kevin Barnes.

En 2007, j’ai écouté des milliers de fois The Past Is a Grotesque Animal, chanson de son groupe Of Montreal, dont certaines phrases me donnaient des frissons – comme

But it’s like we weren’t made for this world
(Though I wouldn’t really want to meet someone who was)

ou encore

We want our film to be beautiful not realistic

Je ne l’avais pas écoutée depuis plusieurs années ; je viens de le faire, avec la même chair de poule qu’à l’époque.

SP du Sel

Hier, j’ai découvert mon nouveau livre à l’occasion de l’exercice un peu sportif qu’est le service de presse : par piles. Les exemplaires se présentent, à la sortie de l’imprimerie, par lots de 32 : Le sel en format familial. C’est ma première couverture avec une photo en pleine page à l’Olivier ; j’ai l’impression d’avoir pris du grade, ai-je dit pour l’amuser l’équipe. On la voit ici, auprès des photos de la jeune athlète que j’ai collées en guise de dédicaces. En arrière-plan, quelques manuscrits en attente de lecture.

Maintenant, Le sel attend le 2 janvier avec impatience.