Ceci est une notification

sous forme de teaser ; elle vous signale une mise à jour du billet Moulins miniers : c’est désormais pas moins de 31 moulins qui vous attendent ici, ainsi qu’une étude plus approfondie du sujet, enrichie par ces 2×7 nouveaux cas – certains vraiment spectaculaires, comme vous pouvez le constater ci-dessous (j’ai dû faire un montage de ces photos prises par-dessus la haie de deux maisons voisines, sises à Auchy-les-Mines, tant leurs jardins débordaient de joyaux, à en saturer le 16/9)

Valentina

L’été 2019, j’étais au festival Wysing Polyphonic à Cambridge, un festival confidentiel dédié aux musiques audacieuses, voire expérimentales. J’y ai vu une douzaine de concerts en une journée. Je n’attendais pas grand chose de Lafawndah, qui n’avait pas encore sorti son merveilleux EP The Fifth Season. Pendant tout le set, j’ai été hypnotisée par le jeu de la batteuse / percussionniste, au point que je lui ai demandé, à la fin, si elle jouait dans d’autres formations. Elle a cité Tomaga et elle aurait pu mentionner bien d’autres groupes et collaborations mais je me suis exclamée que, ça alors, j’avais un de ses disques, et que nous avions une connaissance commune, un disquaire de Lille. « Marc, oui » a-t-elle souri. C’est ainsi que, quelques minutes dans ma vie, j’ai rencontré l’incroyable Valentina Magaletti. Elle est aujourd’hui, avec la tout aussi prolifique Claire Rousay, l’une des batteuses dont je suis l’actualité avec le plus d’attention.

(Ici, photographiée par Estelle Chaigne avec la batterie fragile de l’artiste Yves Chaudouët – FRAC de Bordeaux)

Un an après leur performance à Cambridge, Lafawndah sortait The Fifth Season et Valentina Magaletti figurait parmi ses musiciens – ce qui n’était pas le cas sur ses précédents enregistrements.

Ci-dessous, Valentina Magaletti solo, sonnant comme un petit orchestre. C’est sur son génial album A Queer Anthology of Drums, paru l’année dernière.

La voici au sein de son duo CZN (Copper Zinc and Nickel) avec le batteur João Pais Filipe, dans un morceau irrésistible.

Une autre de ses collaborations que je trouve passionnante, avec Marlene Ribeiro (du collectif Gnod).

Cet été, elle a sorti avec le groupe Moin l’album Moot! qui louche vers le punk (pour le dire grossièrement) et dont voici un titre.

On la découvre ici dans un registre tout à fait différent avec un autre de ses groupes, Vanishing Twin (nouveau LP en octobre).

Tomaga était son duo avec Tom Relleen. Le 23 août 2020, le musicien est mort, à 42 ans, des suites d’un cancer. L’apprenant, j’ai pensé à Valentina. J’ai pensé à Marc, le disquaire de Lille, je me suis rappelé quelque chose qu’il m’avait dit un jour : il n’avait jamais pu écouter le dernier album de Bowie parce que Bowie l’avait enregistré en sachant qu’il allait bientôt mourir. J’ai imaginé qu’il lui serait encore plus difficile d’écouter le dernier disque, enregistré dans les mêmes conditions, d’un musicien avec lequel il avait un lien affectif. J’ai, quant à moi, beaucoup écouté ce dernier album, Intimate Immensity, paru en mars de cette année. Or, un soir de cet été, le morceau éponyme m’a fait un effet inattendu ; une émotion indicible m’a submergée au point que j’ai éprouvé un vertige physique, comme si la musique m’ouvrait littéralement une fenêtre sur l’inifini de ce qui suivra la vie. L’ultime piste de Tomaga m’a plongée dans cette immensité intime que l’on pourrait penser impossible à communiquer. La voici.

(Tomaga par Agathe Max.)

On peut trouver ici l’impressionnante discographie de Valentina Magaletti.

8 / 13

Mon 8 août en 13 images.

C’est une méthode que j’exploite depuis plusieurs années pour constituer ce que j’appelle mon atlas (une espèce d’essai d’urbanisme non éclairé qui interroge notre rapport à l’espace, au mouvement et aux topographies à travers quelques études de cas), une méthode qui consiste à ressasser les lieux, d’abord dans les grandes lignes puis, une fois celles-ci intégrées, dans le détail. C’est le détail qui m’intéresse le plus. Bref, voici encore un lever de soleil sur Sainte-Henriette parce qu’elle est souvent sur ma route ces temps-ci, quand je pars à l’est. Parfois je vais plutôt à l’ouest, ou au nord ; rien de construit, je me contente de suivre mon impulsion au réveil, car mon travail se penche aussi sur les ressorts du désir qui nous mène ici plutôt que là, tel jour, tel instant.

Ce matin, par exemple, j’avais envie de franchir la passerelle d’Auby dont je vous proposais une vue ici, c’était ma lubie du jour. Hélas, elle n’est pas encore ouverte au public (je ne savais pas qu’elle était si récente), c’était donc un peu frustrant mais ça signifie aussi que, le jour où je pourrai enfin y rouler, ce sera un vrai petit événement. Ici, une simple vue sur la rampe de lancement, sur la rive sud.

Sur les piliers, au bord de l’eau, ces deux inscriptions assez grandes (50×50 cm) qui me permettent de glisser un message privé :

J’ai emprunté la passerelle suivante, qui dans son genre ne manque pas de charme non plus.

Comme hier, j’ai changé de berge plusieurs fois, sur un autre canal (Aire hier, Deûle aujourd’hui). Il y a toujours un côté que l’on considère comme l’autre côté ; ça peut être un côté qui n’est pas aménagé ou/et semble hostile (cf. les ossements d’arbres mouillés d’hier) ou dont l’accès a l’air interdit, par exemple quand il héberge un site industriel, une cimenterie ou une coopérative agricole, etc. Ce matin, j’ai enchaîné quelques-uns de mes autres côtés, entre Auby à Pont-à-Vendin. Si parfois, comme à Courcelles, on trouve une

(et quelle tristesse de ne pouvoir accéder à ce beau terril vert tendre saupoudré de verts profonds),

ailleurs (à la limite de Courrières et d’Harnes) j’ai eu la surprise de pouvoir accéder à des quais de (dé)chargement que j’apercevais jusqu’alors depuis le côté qui me paraissait être le bon.

Il y avait quelque chose d’apaisant dans les lignes que présentait ce site.

Par ailleurs, ma soudaine audace m’a aussi permis de découvrir des paysages familiers sous un angle nouveau – mon atlas montre notamment que des lieux familiers, vus dans des perspectives inédites, se révèlent quasiment d’autres lieux. Ici, Pont-à-Vendin vue depuis la plage des Matériaux Enrobés du Nord (je dis plage parce que Mon Bolide s’est brièvement enlisé dans une étendue de sable détrempé, un peu plus loin).

Elle m’a aussi permis de rencontrer des gens que je n’aurais jamais rencontrés si j’étais restée de mon côté habituel.

Et de faire des photos cartes postales du terril d’Estevelles

Pour finir, parce que c’est dimanche et pour me réconcilier avec Jésus après notre échange un peu vif relatif à sa serre de jardin sise à Cambrin, une bondieuserie d’Auby.

7 / 13

13 images de mon 7 août 2021.

Lever de soleil sur le canal d’Aire, aujourd’hui, après avoir visité les centres-villes d’Haisnes et d’Auchy-les-Mines. J’avais décidé d’emprunter la rive non aménagée du canal, qui est couverte d’ossements d’arbres (branches, copeaux et bûches) sur lesquels Mon Bolide dérapait au point que j’ai fini par le pousser ; quand nous avons atteint le pont de Violaines sans être tombés à l’eau, nous avons été très soulagés.

Ce qui ne nous a pas empêchés de nous jeter dans la première ornière de tracteur qui bifurquait du droit chemin de halage. Des champs, des champs, des champs. Leurs flaques et nids-de-poule, des bisous sous les roues, et les moutonnements étaient apaisants après le long tape-cul du canal.

Nous n’avons cessé, ce jour, de passer d’une rive à l’autre, empruntant divers ponts et passerelles. Ici, celle de Beuvry, depuis laquelle on voit un manoir minier typique – à droite, avec tourelle.

Nous sommes passés à proximité de cette maison fleurie (+ tourelles aux quatre angles) sise à Cuinchy,

puis devant celle que j’appelle la capitainerie, au moment où son propriétaire ouvrait ses volets – donc pas de photo d’elle en pied mais une vue depuis la rive d’en face, où nous sommes arrivés (pour mémoire, nous, ici = Mon Bolide et moi) au même moment que le Ghost-Sniper.

L’écluse de Cuinchy somnolait ; certains matins de semaine, les péniches y sont nombreuses, les bateliers se parlent d’un pont à l’autre comme s’ils se croisaient sur la place du marché. Il y a une bonne ambiance, en général, meilleure qu’à Douai, où l’écluse est plus grande et assez impersonnelle, genre péage autoroutier.

Aujourd’hui, Jésus m’a narguée à Cambrin, parce qu’il a exactement le genre de serre dont je rêve pour mon jardin, après des mois de navettes nocturnes pour acheminer les gastéropodes à distance de mes plantes et légumes. J’étais tellement subjuguée quand elle m’est apparue que je n’ai pas pensé à prendre de photo d’elle vue de côté donc voici une capture d’écran de Devinez-Quoi Maps :

J’adore ta cabane, allais-je dire à Jésus, mais vous pouvez constater sur la photo ci-dessous qu’il m’adresse un signe pour le moins cavalier, indigne du fils de qui vous savez.

Je lui aurais bien dit que le petit Jésus allait le punir mais j’ai toujours eu peur de ce genre de trucs, comme de composer mon propre numéro au téléphone : comme si ça risquait de me faire disparaître, exploser ou que sais-je. Et pourtant, quelques kilomètres plus loin, au Préolan…

Qui fait le malin tombe dans le ravin, comme disait la mémé de mon amie Sophie. Tout de même, il a beau avoir été malpoli, il me fait mal au coeur, dans son sapin. D’autant qu’il a l’air vraiment très sanguinolent.

La semaine dernière, j’ai rencontré un groupe d’oies près de la passerelle qui relie l’île de La Bassée-Douvrin à Salomé.

Je me suis arrêtée parce que l’une des oies a eu un comportement qui m’a évoqué Carrie. J’ai appelé d’une voix vibrante d’émotion, « Carrie ? » Ce qu’un joggeur matinal a surpris (il était 6h30), aussi ai-je filé sans m’attarder davantage. Ce matin, je suis revenue pour mener l’enquête. Mais non, aucune de ces oies n’était Carrie, aucune Ricah.

Revenez à Noyelles, mes choux, votre étang est sinistre sans vous, vos amis les oiseaux d’eau sont dispersés, perdus, muets. Vous nous manquez (nous = les canards, les poules d’eau, les foulques, le héron, mon amour et moi).

5 / 13

13 images de mon 5 août 2021.

Lever de soleil sur Sainte-Henriette (Hénin-Beaumont)

et sa luxuriante végétation truffée de lapins (ils sont cachés).

Prenons maintenant cette vue immersive d’un rond-point de Courcelles : un artiste nous prépare quelque chose, dirait-on. Les images ne sont pas mises à jour très régulièrement, on le constate (après vérification, cette vue n’a pas été rafraîchie depuis 2008), car aujourd’hui

l’art de rond-point a pris la ville même pour sujet, à travers l’une de ses infrastructures de base, le château d’eau.

Ailleurs, comme ici à la limite d’Évin-Malmaison et de Leforest, l’art se fait plus poétique avec ce cerf très stylisé.

Ici, on pénètre dans presque la campagne.

Au sommet du terril de Leforest, qui mérite assurément le qualificatif de mignon (il est aussi très préservé, sans détritus et verdoyant), on peut mal s’assoir

ou contempler Leforest

ou faire des repérages pour la suite de la virée : destination le terril d’Ostricourt, que l’on devine dans la nébulosité du matin (il n’est encore que 8h).

Le bassin minier est remarquable par son généreux art des jardins ; vous en avez vu ici quelques exemples relevant de la rubrique Kitsch & Lutte des Classes mais il manquerait une facette si je ne montrais pas l’un de ces personnages abstraits qui sont ici tout aussi prisés que les mickeys, moulins et papillons de façade. Cette oeuvre siège à Ostricourt, à quelques centaines de mètres du célèbre

arbre échelle, dans le bois de l’Offlarde ; les échelons que l’on voit ci-dessous sont des boursouflures de l’écorce, pratiquées par des pièces de fer forgé (certaines y sont toujours) pendant la première guerre mondiale, où ce vieux chêne servait de poste d’observation aux soldats allemands. C’était la minute touristique ; ne comptez pas sur moi pour que ça se reproduise.

Regardez plutôt comme il est beau, le terril d’Ostricourt ; il l’était aussi il y a quelques jours sous la pluie battante mais ce n’est pas comme si j’avais pu en prendre des photos – aujourd’hi, je n’aurais plus d’appareil.

Et ces arbres morts qui bordent les bois marquent l’entrée du site, vers la mosquée d’Ostricourt. Je voulais vous montrer aussi le centre médico-social du boulevard des 25 Nonnes mais ce sera pour une prochaine fois puisque nous avons déjà 13 images et que je tiens toujours autant à mes nombres premiers.

/ 3 : <3 (4)

Après / 3 : <3 (1), / 3 : <3 (2) et / 3 : <3 (3), voici nos chevales en train de dépérir, chacune dans son enclos, quelle tristesse, mais mais il ne leur reste que trois jours à patienter avant de se cabrer de bonheur en un parfait ensemble alors elles ne se plaignent pas trop.

+

=

forever

(Photos prises à Beuvry, Oignies et Hénin-Beaumont – sur cette dernière, on peut voir en arrière-plan le terril 205 qui surplombe le Parc des îles, et, derrière les chevales, on devine une pente du 101.)

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On passe dans un tunnel sous l’autoroute, c’est un long tunnel sans lumière à l’écart de tout, le jour commence tout juste à se lever, la brume flotte encore sur les champs, les pâtures et les friches. On débouche ici.

Après les choses deviennent moins menaçantes quoique souvent assez étranges. À Douai, il y a des châteaux d’eau siamois. Il y a aussi un château d’eau bilboquet bleu, je me rappelle l’avoir vu depuis le train, il y a bien longtemps, et l’avoir mentionné dans un poème ; un jour, je tomberai sur lui par hasard, forcément, ce sera émouvant.

Il y a une maison effondrée à Courcelles-les-Lens, au bord du canal.

Il y a un chemin que j’emprunte jusqu’au bout puis retour comme une digression, parce que je rêvais depuis longtemps d’y être, de prendre le temps de voir et de sentir ce que c’était que d’y être : des dizaines de fois, je l’ai regardé par la fenêtre, alors que mon train Lille-Lens longeait les champs, je rêvais d’y courir, j’y glisse sur Mon Bolide.

De là, on voit le chevalement d’Évin-Malmaison se découper dans la brume

et on aperçoit le terril 87 de Saint-Henriette, sis à Dourges (son petit frère 92 est divisé : sa moitié sud-ouest est héninoise, l’autre dourgeoise).

Et voici la coopérative agricole Uneal, sa partie qui semble à l’abandon,

jugez par vous-mêmes, les vitres sont brisées :

Sur le chemin bordé par les champs au nord-ouest et par la voie ferrée au sud-est, des lapins par dizaines, dont l’un semble avoir la même maladie que mon ami le renardeau, les yeux purulents, il se déplace avec difficulté, vient à moi comme pour me demander de l’aide puis rebrousse chemin. Il finit par dispaître dans un champ et j’ai le coeur brisé. Depuis le début de mon été cycliste, je côtoie la mort au quotidien ; des chats, des oiseaux, des souris, des rats, beaucoup de hérissons, littéralement écrasés par des tonnes de ferraille insensible. J’en deviendrais folle. Chaque jour, en roulant, je parle à ces petites victimes, je leur murmure d’inutiles consolations. Seule m’apaise la vue des animaux qui vont bien, je souris en les regardant vivre avant l’heure où nous les boulets déboulons sur leurs territoires pour notre loisir. Des foulques font la course et finissent par se prendre le bec, une poule d’eau et un lapereau regardent le canal, côte à côte, des chevaux se lavent mutuellement comme des chats. Ci-dessous, un lapin courroucé à nez de lièvre sur le chemin de halage, à Dourges.

Un peu plus loin, la grue de la plateforme multimodale Delta 3 est au repos sur ses roulettes plus grandes que moi

La voici, vue du dessous. L’autre jour, quand elle chargeait le Pasadena, je l’ai regardée glisser au-dessus de moi, c’était fascinant mais aussi effrayant – c’est pourquoi, bêtement, je n’ai pas pris de photo.

Ma virée du jour touche à sa fin, me voici à Courrières où les panneaux ne mentent pas quand ils parlent de berges effondrées.

Il s’en passe, des choses, au bord du canal, quand nous n’y sommes pas.

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Avant l’agitation de la rentrée, la réouverture de la chasse et un potentiel nouveau confinement, je saute sur mon vélo dès lors qu’à mon réveil, à 4h45, il ne pleut pas à torrents et que le vent souffle à moins de 70 km/h. Je vais me perdre dans les champs, les bois, les marais, au bord d’un canal ou d’un autre, d’une rivière, d’un étang, je traverse des villes, des villages, des ports de plaisance, des plateformes multimodales, des zones industrielles, je passe à proximité de maisons isolées où des chiens deviennent fous (avant-hier, j’ai vu un berger allemand faire des saltos arrière tant il avait envie de me croquer, c’en était presque flatteur), je parcours des arrière-mondes, je roule à des endroits que je n’avais vus auparavant que depuis des trains, j’avale des kilomètres, 50 par jour en moyenne, à la force des mollets et des cuisses, ma perception de ce que l’on appelle loin change, mon aire de découverte à ce jour est de 449 km², je ne compte pas m’arrêter là. (Je classe ce billet dans la rubrique Surfaces pour fêter le nombre 449.) Je roule sous des autoroutes, des voies ferrées, des grues de déchargement, des éoliennes, des rampes de silos. Je compare des écluses, des confluences, des passerelles. Je vois le soleil se lever, je suis la progression de nuages énormes comme des soucoupes volantes, je pédale plus vite pour quitter leur ombre quand il y pleut, j’enlève mon sweat, j’ajoute une écharpe, j’enfile mon ciré, j’ôte mon ciré, je sue, je sèche, je souffle dans mes doigts blancs de froid, ma peau grésille sur les chemins de halage sans ombre. Le meilleur chausson aux pommes que j’aie trouvé à ce jour quand mon ventre commençait à crier venait d’une toute petite boulangerie d’Hersin-Coupigny qui vend aussi des livres d’occasion. Je ne croise quasiment que des animaux. Je prends des photos, parfois je chante, parfois j’écoute quelques chansons de Jessica Sligter mais la plupart du temps je me contente d’écouter les milliers d’oiseaux, le vent dans les feuillages, le clapotis de l’eau. Je ne cours plus beaucoup.

Petite promenade sur ma route 66 en 23 images.

Oui, il y a des panneaux amusants ; certains ont des petits airs de NPR, comme le panneau ci-dessous, près de l’écluse de Cuinchy.

D’autres encore plus (ça, c’est à Annequin).

D’autres, encore plus que plus, comme ces flèches concentriques en bord de canal – ici à Dourges.

Parfois on trouve encore des vestiges d’une ère où la signalétique avait un certain charme.

Parfois, c’est plutôt un ensemble qui fait sourire, comme sur cette chapelle de Beuvry, à peine plus grande qu’un abri de jardin.

Mais revenons à nos canaux. Parfois on change de rive sur une passerelle, comme ici (toujours à Beuvry),

parfois on passe sous un pont, pourquoi pas celui-ci qui est sis à Douvrin tandis que le chemin de halage est officiellement à Salomé (bizarrerie des cartes…)

Certaines passerelles sont si attirantes qu’on les emprunterait bien pour le plaisir, comme celle-ci, à Auby,

ou comme ce pont à Bauvin (je vous l’ai déjà présenté, c’est un pont pour rien, posé sur une île et ne reliant rien à rien, vous vous rappelez ?

il se situe ici, à la confluence de la Deûle et du canal d’Aire),

tandis que sur d’autres, on frémit un peu, comme sur la passerelle ci-dessous, entre deux eaux : d’un côté de la passerelle , on est à Flers-en-Escrebieux et, de l’autre côté, à Auby ; à droite comme à gauche clapote une dérivation de la Scarpe. C’est surtout impressionnant de voir passer sous ses pieds des péniches qui viennent d’être chargées,

quelques minutes plus tôt, sur la rive est.

Même type de frisson quand on traverse la plateforme multimodale Delta 3 de Dourges : on regarde le Pasadena glisser sous le pont que les usagers de l’A1 connaissent bien

puis on passe sous les containers que lui livre une grue.

Il est moins inquiétant de voir les péniches au repos dans ce port de plaisance, à la sortie de Douai.

Ici, un port de plaisance plus modeste, celui de Beuvry (cette vue n’en est qu’un détail, il n’est pas si modeste…)

Bref, beaucoup de mes virées consistent certes à longer tel ou tel canal, parfois sur des chemins très étroits, comme ici entre Salomé et Hantay,

mais pas seulement : la moitié du temps, je roule sur des chemins de tracteurs, si paumée que je ne saurais déterminer si la photo ci-dessous a été prise à Auchy-les-Mines ou à Vermelles (je sais que c’est dans le coin parce qu’on voit en arrière-plan les terrils de Vermelles et de Grenay).

Et même quand on zigzague entre champs et pâtures (je crois que nous sommes ci-dessous à proximité de Noeux-les-Mines),

il y a souvent de l’eau, comme ici à Noyelles-lès-Vermelles (on devine des vaches derrière ce marais).

Parfois, je me fais des ami.e.s.

Parfois aussi, je fais quelques visites à caractère culturel – non pas dans des musées mais dans des cités minières. Voici de l’art brut que l’on peut admirer à Mazingarbe, dans le jardin de l’artiste (détail – il y en a bien d’autres).