Une brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise

Vous l’aurez constaté, les genres ont leurs prérogatives bien ancrées dans notre société contemporaine et la sexualité dominante est assurément hétérosexuelle – vous pouvez le vérifier, si vous avez encore des doutes, en passant en revue les zéphyrs embrasés que je vous livre ici : les tendres étreintes et baisers qu’ils nous donnent à voir sont a priori toujours partagés par des individus de sexe opposé (cette assertion est certes moins facile à vérifier quand les zéphyrs embrasent des oiseaux, comme c’est souvent le cas, des anges, par essence asexués, ou encore des pandas).

(Rue du Calvaire, Montignies-sur-Sambre *.)

Une rare exception date visiblement de l’ère communiste, dont nous verrons qu’elle encourageait les relations entre jeunes gens du même sexe, du moins dans la métropole lilloise – sans doute pour contrôler quelque peu les naissances (c’était avant la PMA), afin que les camarades fussent moins nombreux à être tous égaux : sur le plan logistique, cela facilitait sans doute les choses.

Ce que je vous propose n’est pas un état des lieux mais un petit imprécis d’histoire.

* Permettez-moi de revenir un instant sur le mini centre commercial de Montignies-sur-Sambre, et notamment sur la maison sise tout au bout de la rue du Calvaire. L’on y trouve, en un seul jardin, diverses merveilles telles qu’une vierge fatiguée, adossée à un mur, mais aussi un chalet du nord, des angelots de portail et… ces zéphyrs embrasés (avec chien, + 10 points).

La préhistoire

L’art rupestre, très présent dans la banlieue sud de Lille, nous enseigne que, chez les êtres préhistoriques, les genres n’étaient pas encore aussi définis qu’aujourd’hui. Un regard contemporain tendrait à voir une forme de confusion dans la représentation pourtant très détaillée qu’ils en ont laissé sur les murs de leurs cavernes.

Par ailleurs, il apparaît que nos ancêtres étaient majoritairement homosexuels et que le sexe féminin y régnait en maître. L’usage de l’appareil génital masculin à des fins sexuelles semblait réservé à de toutes petites maisons closes appelées latrines et semblables à celle que dépeint l’image « rose » ci-dessus ; sans doute cette peinture rupestre constituait-elle une sorte de plan destiné aux amateurs des pratiques incluant ledit appendice. La majorité des images qui aient subsisté jusqu’à notre époque nous renseignent sur les rites sexuels les plus répandus à l’Âge de pierre. Ci-dessous, une petite sélection.

(Les photos de ce premier chapitre ont été prises à Lille Sud, Ronchin et Loos.)

L’antiquité

Des fouilles effectuées au Jardin des Plantes, à Lille, laissent supposer que, pendant l’antiquité, les jeunes filles sautaient à la corde cependant que les jeunes garçons jouaient au football. Aucune des statuettes et amphores révélées par les fouilles ne semble indiquer une mixité possible, de sorte qu’il est permis d’affirmer (non sans prudence) que les mœurs observées dans la métropole lilloise préhistorique avaient encore cours pendant l’antiquité.

Notons qu’à la grande époque coloniale de la métropole lilloise, le football était toujours l’apanage des seuls garçons. Aucun document ne permet à ce jour d’affirmer que la corde à sauter emportait encore, à la même époque, l’adhésion des jeunes filles (à supposer qu’elles aient jamais embrassé cette discipline par choix).

(Photos de ce chapitre prises à Lille Moulins et à Lille Sud, quartiers contigus.)

L’ère communiste

L’amour entre personnes du même sexe semble avoir été la norme prônée par l’État jusqu’à une époque récente, comme en témoignent ces volumineux (et hauts) bas-reliefs qui ornaient les écoles ronchinoises à l’ère communiste.

Madame, ou Les arts ménagers à travers les âges

Dans cette nouvelle rubrique, c’est rien moins qu’une brève histoire de la femme que nous retraçons, du vingtième siècle à demain.

Les années 1920

La maison se targue, sur son enseigne, d’avoir été fondée en 1897, mais il semblerait qu’elle ait plutôt vu le jour dans les années 1920, comme en témoigne la coupe de Madame Edmé. Les flappers (ou garçonnes) n’existaient tout simplement pas au XIXè siècle. On ne nous la fait pas.

(Rue Georges Boidin, Lambersart.)

1925

L’école ménagère recevait les femmes et filles de cheminots qui habitaient à Lomme Délivrance, quartier-village dont la construction a débuté en 1921. Afin de faire des filles de la cité de « futures bonnes ménagères qui sauront gérer leur ménage avec économie et en même temps créer un intérieur agréable qui retiendra le mari à la maison »*, la compagnie aménage dans une maison de quatre pièces une école ménagère : on y apprend « à acheter et à conserver les aliments, à préparer une nourriture à la fois saine et économique ; à aménager, à décorer son intérieur, à couper et entretenir les vêtements, à réparer le linge et aussi (…) à élever les enfants »**

(Place Beaulieu, Lomme.)

1968

Les jeunes filles avaient la possibilité d’aller à l’école, si elles enfilaient le jean autrefois réservé aux garçons, mais cela leur était visiblement douloureux – on le vérifie ci-dessous dans les larmes de cette fillette se rendant à l’école Saint Joseph, à Haubourdin : sans doute son âme se révoltait-elle contre cette violence faite à sa nature ménagère.

Aujourd’hui

Peut-être reconnaîtrez-vous l’agence lilloise d’une chaîne dont je tairai le nom et qui propose « Ménage / Repassage / Grand nettoyage / Grandes occasions / Garde d’enfants ».

Il y a aussi une dame moderne, qui a les cheveux courts et porte le pantalon sous son tablier ; elle tient un chiffon et un pulvérisateur de produit à récurer dans ses gants en caoutchouc. Vous pouvez apercevoir sa silhouette dans la vitrine de l’autre côté de l’angle.

Demain

Une fillette a troqué sa gazinière contre une 8,6. Souhaitons-lui une bonne continuation.

(Boulevard de Metz, Lille.)

* Maurice Boisseau, Les Œuvres d’amélioration sociale dans la Compagnie des chemins de fer du Nord (thèse), Imprimerie librairie militaire universelle L. Fournier, 1924.
** Compte-rendu du conseil d’administration de la cité de Lille-La Délivrance sur les écoles ménagères, 1925.

Monsieur, ou Le culte du corps à travers les âges

Dans cette nouvelle rubrique, c’est rien moins qu’une brève histoire de l’homme que nous retraçons, de l’antiquité à nos jours.

L’antiquité

Les plus assidus d’entre vous reconnaîtront ci-dessous l’objet de L’art (9). Je déteste me répéter mais il me semble important de ne pas négliger cette partie de l’histoire. Monsieur n’était pas que footballeur, il pouvait également être discobole, ce que les fouilles effectuées au Jardin des Plantes ne révélaient pas. Il pratiquait ce sport sans short – notez que cette statue nous apprend beaucoup quant à l’évolution de l’anatomie virile.

L’époque médiévale

Les plus assidus d’entre vous reconnaîtront ci-dessous l’objet de L’art (19). Je déteste me répéter mais il me semble important de ne pas négliger cette partie de l’histoire. Monsieur, outre qu’il ouvrait la voie aux hipsters comme le mentionnait L’art (19), portait la robe avec beaucoup de grâce.

Années 1920

Théorie la plus répandue à propos de ce buste : Monsieur était contemplatif. Vêtu d’un simple boléro qui dévoilait son torse nu et bronzé, il observait avec courage l’activité de ce monde indifférent à ses souffrances morales, à savoir les mouvements de la vie sur la place Alexandre Dumas – le vent dans les arbres, les ombrelles fleurissant le terrain de pétanque, les zéphyrs embrasant des tourterelles sur un fil électrique, etc. Théorie la plus polémique : Monsieur était une commère.

Années 1950

Monsieur était coquet. Nous pensons qu’il entretenait déjà son corps comme nous avons la preuve qu’il le faisait dans les années 1980 (voir plus bas) et qu’il tenait à ce que ses vêtements épousent au plus près son torse puissant, à des fins esthétiques.

1978

Deux théories s’opposent autour de cette image trouvée sur un site de fouilles à proximité de la gare Lille Europe : Monsieur (que l’on reconnaît à sa mâchoire de qualité américaine) construisait-il la ligne 1 du métro lillois ou était-il un amateur de la chanson YMCA, incontournable de la culture gay ? Il est permis de se poser la question car le tube de Village People et l’inauguration des Grands Travaux qui aboutiraient au réseau métropolitain que nous connaissons aujourd’hui (pas moins de deux lignes) datent de la même année.

Années 1980

Les archives photographiques d’une grande agence de coaching sportif sise à proximité du cimetière de l’Est, à Lille, nous rappellent que Monsieur ne joue pas qu’au football. Certains spécialistes pensent que ce harnachement suggère des pratiques érotiques extrêmes. Nous ne pouvons toutefois l’affirmer avec certitude. La thèse la plus plausible nous paraît être que monsieur n’entreprend rien, dans les années quatre-vingt non plus qu’à aucune autre période de l’histoire, sans un équipement ad hoc, avec un goût prononcé pour les matières techniques de type latex ou microfibres mais aussi pour les couleurs fluorescentes et les jeux électroniques.

XXIème siècle

La mode masculine est assurément aux fessiers étroits, comme en témoigne ce leader de la contestation lilloise célèbre pour sa signature en forme de rébus.

La semaine que j’ai consacrée à la très sérieuse (quoique petite) histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise touchera bientôt à sa fin. Cette semaine, dans la métropole lilloise, j’ai couru en quête d’images pour alimenter mon sujet, c’était amusant. Je m’amuse bien, parfois, ici. Et d’autres fois, j’ai bien envie de disparaître totalement et d’arrêter. Aujourd’hui, c’est le cas.

Aussi ai-je supprimé l’attendue « brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise (7) : DJ (11) », qui était prête à poster. Quelques autres billets aussi : corbeille. Ceci n’est pas un vrai billet ; ceci est un exercice : puis-je manquer de rigueur pour quelque chose d’aussi stupide qu’un billet de blog ou suis-je vraiment incorrigible ?

In the upper room

Photos prises à Lille et La Madeleine. Grand Jeu Concours : trouvez avant tous vos camarades dans quelle rue exacte se trouve l’une ou l’autre de ces statues et gagnez une moustache postiche. Moi, j’ai fini mon travail. Je vous souhaite un bel été.

Teaser

La ville de Charleroi se plaint auprès de moi de ce que les autochtones ne peuvent plus se garer (non plus qu’à Montignies-sur-Sambre) depuis le début de ma série spéciale, tant vous êtes nombreux à y affluer avec vos gaz d’échappement, smartphones, érythèmes actiniques zébrés, canettes et papiers gras. Vous êtes plus nombreux que les rats sur les voies du métro désaffecté, me disait ce matin M. le bourgmestre, surmené, lors de notre point téléphonique désormais quotidien sur ce que nous appelons « la situation ». Je lui ai promis de tout faire pour canaliser votre attention : ainsi lancé-je ici même, la semaine prochaine, une Brève histoire des genres et de la sexualité dans la métropole lilloise de la préhistoire à nos jours. Vous reconnaîtrez que je ne ménage pas mes efforts.

Au sommaire :

Lundi 3 juillet, La préhistoire, ou ce que nous enseignent les peintures rupestres de la banlieue sud ;
Mardi 4 juillet, L’antiquité au Jardin des Plantes ;
Mercredi 5 juillet, L’ère communiste à Ronchin ;
Jeudi 6 juillet, « Madame, ou Les arts ménagers à travers les âges », du XIXè siècle à demain ;
Vendredi 7 juillet, « Monsieur, ou Le culte du corps à travers les âges ».

Je n’hésiterai pas à suspendre ce programme si vous n’êtes pas un peu raisonnables et ne cessez immédiatement de créer des files sur les routes wallonnes.

Charleroi

Quand un magazine hollandais a désigné Charleroi comme la ville la plus laide du monde, j’ai senti qu’elle pouvait me plaire. J’y ai trouvé des échos des paysages miniers qui ont baigné mon adolescence, mais aussi des paysages post-industriels qui accueillent mes courses à pied et qui constituent mon territoire d’élection, et, en super bonus, quelques atmosphères berlinoises. Un après-midi ne nous a pas permis d’embrasser tant de splendeur : il faudra y retourner.

Cette photo a été prise dans une station souterraine sur la ligne de métro à l’abandon qui relie Montignies-sur-Sambre à Charleroi.

Le métro fantôme

Pour accéder à la ligne du métro qui relie Montignies-sur-Sambre à Charleroi, à l’abandon depuis des décennies, l’on descend sur les rails ici même, en contrebas d’une passerelle mal en point. L’on saute sur un matelas posé en travers des voies et, plus tard, l’on remontera plus ou moins à la force des bras, avec une plaque de béton en guise de marche-pied.

D’un côté, la végétation rend la progression difficile (mais pas impossible). Des roseaux poussent dans la broussaille et l’on entend par endroit des écoulements d’eau qui semblent expliquer ce phénomène étonnant.

De l’autre côté, l’on atteint rapidement une station souterraine, dans laquelle il serait dangereux de s’aventurer sans lampe de poche (toutes les bouches d’égout sont béantes). En l’absence d’un matériel photo adéquat, l’on obtient des images assez effrayantes (proches de ce que l’on peut ressentir sur place, dans le seul bruit de l’écoulement d’eau et l’obscurité totale – c’est de cette station que provient le tag « Welcome to hell » en photo ici).

Après cinq cents mètres de tunnel, l’on arrive à découvert, en contrebas de la rue puis dans une espèce de couloir végétal formé par les haies des jardins qui nous surplombent, et l’on marche, dans les aboiements des chiens (bien plus flippants que tout le reste), jusqu’à une station gorgée d’une lumière qui rend également difficile la prise de photos, du moins en un jour de grand soleil.

Nous poursuivons, toujours à découvert, dans une tranchée clôturée de part et d’autre par un grillage sans trou : même plus peur des chiens.

Puis nous marchons sur le ballast du métro aérien.

La station à laquelle nous parvenons me rappelle (sans doute en raison de la chaleur et du profond silence) celles du métro berlinois à (l’approche de) Wannsee.

Ici, nous sommes repérées par des habitants des maisons en contrebas, qui nous montrent du doigt. Alors nous nous rappelons les mises en garde d’un graffeur rencontré juste avant le grand saut et nous déguerpissons.

Je ne suis pas très sensible aux fresques urbaines mais quelques-unes ici m’ont vraiment plu. Je me contenterai d’une photo de détail, en couleur parce que ça lui va bien.

Mon truc, c’est plutôt les objets trouvés. Ils ne manquent pas, sur les voies du métro (certains tronçons de la ligne sont de véritables décharges) mais diverses natures mortes ont particulièrement attiré mon attention. En voici deux.

L’art

Charleroi tâche de se reconstruire après avoir connu la misère, culturelle autant qu’économique. L’on y trouve aujourd’hui un Palais des Beaux Arts moderne et actif, un musée de la photographie très prisé, Charleroi Danses (Centre chorégraphique de la Fédération Wallonie-Bruxelles), etc. Autrement dit, Charleroi aime l’art ; vous et moi aussi, ça tombe bien. Suivez-moi pour une modeste visite guidée en sept images.

D’abord, exceptionnellement, un peu d’art officiel avec un détail de la Passation de l’artiste belge Martin Guyaux, qui s’élève très haut sur la place du Manège.

De l’art judiciaire aussi, dont vous apprécierez sans doute, comme nous, les nombreux détails – particulièrement le poulpe.

Et enfin, de l’art royal et historique avec ce portrait d’Albert 1er, le Roi des Belges, qui trôna entre deux Léopold.

Nous avons bu un rafraîchissement au Café du Monument, établissement chaleureux où tout le monde se connaît, se fait un bisou (unique) pour se dire bonjour et s’appelle par des petits noms tels que l’Affreux. Le monument qui donne son nom au café m’a bien plu à contrejour.

La ville de Montignies-sur-Sambre, dans la banlieue de Charleroi, voue un intérêt véritable et poignant à l’art de jardins et façades, celui-là même dont vous savez que je l’aime d’amour tendre.

L’on y trouve aussi le genre de coquines auxquelles cette rubrique L’art vous a depuis longtemps habitués.

Mais l’on y savoure surtout l’humour belge.

Je n’ai pas osé photographier certains temples du bon goût, dans lesquels des dizaines d’oiseaux s’embrassaient et s’embrasaient sous le regard ému de biches en stuc : ça sentait le gros chien et le gros plomb de carabine, nous étions dans un chemin étroit qui évoquait certains films d’horreur et j’avais peur de mettre nos vies en danger. Vous m’en voyez infiniment désolée.

Des usines

Ce n’est pas ce qui manque, les usines, à Charleroi. Certaines sont encore en activité, comme celle dont l’image ci-dessous est un détail du type orteil de l’odalisque. La lumière ne permettait pas de prendre le site en photo sous tous les angles que j’aurais souhaités – je reviendrai un jour de grisaille ou de pluie.

Celle-ci, en revanche, a visiblement cessé de tourner depuis quelque temps, à en juger par son délabrement…

… et par la santé de la végétation qui l’assaille.

Le site est sous surveillance, cela explique sans doute qu’il ne soit pas couvert de tags – nous n’en avons vu aucun ; ni aucun gardien ni aucun chien, et c’était préférable car l’on ne miserait pas sur la solidité des bâtiments ni de ses passerelles pour engager une course-poursuite.

Dessous, c’est de la dentelle qu’inonde la lumière du soir.

Dedans, des cuves et des cadrans incompréhensibles.

Autour, c’est particulièrement post-apocalyptique : un no-man’s land de ferraille et, tout au fond, un terril en feu.

Si, je vous assure, il est en feu – vous le voyez mieux ici, derrière ce château d’eau qui semble pointer des canons vers l’entrée de l’usine ?

Le château d’eau en question, quoique menaçant, fait figure de nabot auprès de l’immense cheminée en béton qui déjoue toute perspective dans mon objectif.

Mal assis, là

Mal assis à Charleroi.

Mal assis à Montignies-sur-Sambre.

Un peu de géométrie

Clinique en démolition, centre de Charleroi.

Hôtel de police. Il a vraiment cette forme (ce n’est pas une illusion de perspective), droite d’un côté, pseudo conique de l’autre.

Un morceau de l’usine en activité que j’évoquais ici.

Encore une vue d’une station de métro désaffectée.

Ce que nous supposons être le terminus de ladite ligne de métro, à Montignies-sur-Sambre, sans avoir pu le vérifier.



Upper rooms, kitchens et buanderie

(Église Saint-Christophe.)

Dans une impasse de Montignies-sur-Sambre (du moins est-ce une impasse pour les voitures – le piéton aura de belles surprises dans les méandres de petits chemins comme je les aime), l’on tombe en pâmoison devant cette chapelle que côtoie un étendoir à linge en plastique.

L’on s’approche de la fenêtre et l’on découvre, à l’intérieur de la chapelle, un autre étendoir à linge, d’un autre modèle que celui de l’extérieur. Ici, La Sainte Vierge, son fils et tous leurs amis saints, danseurs et autres porte-flambeau nus mettent vraiment la main à la pâte dans la vie quotidienne de leurs fidèles.

Entre les deux villes, et entre deux tags très menaçants (car cela se passe dans une station de métro désaffectée), un montage biblique.

Si vous allez à Montignies-sur-Sambre, je vous conseille de déjeuner dans l’un des fast-foods du mini centre commercial, rue du Calvaire (près de l’hôpital Reine Fabiola). Installez-vous en terrasse et humez la langueur de l’après-midi naissant. L’atmosphère, le vide, la lenteur, tout cela m’a rappelé les États-Unis (le pays cajun, pour être exacte), comme beaucoup de choses en Belgique le font (à commencer par l’émission de blues que l’on peut écouter en filant vers la nuit sur l’autoroute déserte). Les clients du centre commercial marchent d’un pas traînant, le patron de Oh ! (le fast-food que nous avons choisi) débarrasse une tasse à la fois, celui du bar-tabac d’en face somnole sur une chaise en plastique et, tout au bout de la rue du Calvaire, la Vierge Marie s’adosse au mur après avoir fini sa canette.

Pas de morue pour le capitaine Cracker

La Voix du Nord parle ici du spectacle Pas de morue pour le capitaine Cracker, qui sera joué samedi au centre Arc-en-Ciel à Liévin. Il reste des places pour la générale, qui aura lieu à 15h, mais la représentation de 19h affiche déjà complet. Toutes informations utiles ci-dessous.

Livret écrit par les comédiens eux-mêmes, en atelier d’écriture, sous ma direction
Mise en scène : Emilie Guil et Muriel Cocquet (Compagnie La Lune qui gronde)
Direction musicale : Nathalie Bentkowski (professeur à l’école de musique de Liévin)
Chef de chœur : Marie-Astrid Stock (La Clé des chants)

Avec :
Satchié Martel, soprano
Chœur d’élèves de l’école primaire Condorcet et du collège Riaumont de Liévin
Comédiens de l’atelier théâtre du CCS Carpentier (parmi lesquels pas moins de trois Chiarello)
L’orchestre de l’école de musique de Liévin
Nathalie Bentkowski, piano

Marché de la poésie

Le marché de la poésie à Saint-Sulpice, c’est surtout l’occasion de retrouver des amis de tous territoires, Isabelle Bonat-Luciani, NatYoT, Eric Pessan, Jean-Marc Flahaut, Jean-Louis Massot et tous les autres, de pique-niquer au bord de la Seine, de faire le siège de la buvette jusqu’à ce qu’un M. Gaudin nous en déloge et que notre chère IBL lui laisse une carte postale :

On rentre un peu triste, comme quand on quitte le camping et que l’on échange des adresses postales (ça se passe dans les années quatre-vingt) avec ses camarades de piscine et de rivière. En l’occurrence, je suis rentrée avec de magnifiques cadeaux ; admirez au passage la carte de visite de NatYOt (j’adore).

Et, à quelques pas du marché de la poésie, ce phylactère qui nous a bien amusées.

Une première

Merci d’être venus si nombreux et si incandescents à la première de Mes petites amoureuses, jeudi dernier au Liquium. Merci à Val.b pour les photos, dont celle-ci :

Je vous reparle très bientôt de notre lecture musicale.

Avec Marie-Eustache et nos amis – le théâtre

Sans vouloir vous briser le cœur, je dois vous annoncer que cet épisode est le dernier de la série Avec Marie-Eustache et nos amis, initialement diffusée en 2007. Inutile de me faire un remake des Oiseaux, c’est fini, fini. Mais c’est une belle fin, je trouve, pleine d’espoir et de sagesse.

aujourd’hui, Marie-Eustache, nos amis et moi-même avons constaté que nous partagions une certaine lassitude
il est temps, avons-nous décidé, que ma vie sentimentale n’occupe plus le centre de nos préoccupations : il y a tant d’autres choses à construire sur cette riche planète
aussi avons-nous décidé de monter une pièce de théâtre
le budget en est dérisoire, puisque le décor se compose de ma table et de mes chaises de salle à manger, et que les costumes se résument à un lot de moustaches postiches (hi hi)
je dois avouer à ma grande fierté que j’ai obtenu le rôle d’Henri Fonda

Avec Marie-Eustache et nos amis – la psychologie

aujourd’hui ma psychologue m’a demandé si je pensais trouver une forme d’épanouissement auprès d’Après-Que+Indicatif
Marie-Eustache et nos amis ont produit une liste de pour et de contre

pour :
Après-Que+Indicatif est cycliste
Après-Que+Indicatif a poussé le caddie, l’autre jour, quand nous avons fait les courses apéritives, ce qui tend à indiquer un certain esprit d’équipe
Après-Que+Indicatif pense que les religions sont néfastes
Après-Que+Indicatif aime le cinéma mongol
si une certaine futilité nous est permise, Après-Que+Indicatif a de beaux cheveux

contre :
Après-Que+Indicatif dit toujours « je », tandis que nous préférons traditionnellement le « nous » ; elle dit « je veux habiter à la campagne », quand nous dirions plutôt « et si nous allions vivre à la campagne ? », ce qui nous rappelle opportunément qu’esprit d’équipe et esprit de partage sont deux choses distinctes
Après-Que+Indicatif semble généralement préférer ce qu’on aurait pu lui proposer à ce qu’on lui propose
Email et Diamant n’est pas ce que nous appelons un dentifrice
Gustav Klimt n’est pas ce que nous appelons un peintre moderne
le carré Hermès n’est pas notre goût en matière de foulards

en conclusion, ma psychologue a estimé que seul le temps nous dira si je suis susceptible de trouver une forme d’épanouissement auprès d’Après-Que+Indicatif
ce que nous jugeons très sage, d’ailleurs j’ai une bonne mutuelle et ces consultations me coûtent à peine le prix d’une partie de flipper, sans m’occasionner autant de nervosité que ledit jeu

Avec Marie-Eustache et nos amis – l’intimité

aujourd’hui j’ai enfin eu avec Après-Que+Indicatif cette discussion intime si nécessaire aux fondements d’un couple
sur notre conception de la vie, l’amour, la mort, le temps d’aération quotidien de notre domicile, chez les parents de qui nous fêterons Noël en 2007, l’aberration écologique des bains, les avantages du vélo comparé aux rollers ou encore l’opportunité d’investir dans des dentifrices de marque

une chose que j’aime sur cette planète, c’est constater chaque jour, à chaque occasion, combien chacun d’entre nous est singulier, avec des structures mentales et un système de références qui n’appartiennent qu’à lui
c’est tellement riche, tellement exaltant, comme un immense jardin dont chaque fleur présenterait une variété et une couleur différentes
mais parfois, j’aimerais quand même bien rencontrer une demoiselle qui ressemblerait un peu plus à Marie-Eustache, nos amis et moi-même

Avec Marie-Eustache et nos amis – Volare

vous êtes nombreux* à me demander comment Après-Que+Indicatif en était venue à reconsidérer l’idée selon laquelle j’étais une mufle
c’est bien simple : Volare
je savais dans quelle rue habite Après-Que+Indicatif, alors j’ai emmené Marie-Eustache, nos amis et nos instruments de musique sous sa fenêtre et nous avons joué Volare, à la nuit tombée
Après-Que+Indicatif n’a pas résisté

* J’ai constaté avec une certaine perplexité que j’utilisais déjà cette expression en 2006 (je rappelle, pour ceux qui auraient manqué le début, que Avec Marie-Eustache et nos amis est une rediffusion). Je précise que mon blog de l’époque en était un vrai, avec des commentaires ouverts plutôt que notre actuel système de pigeons.